‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 9 sur 373 · ESTIMATION DE L'ECLAT DES ETOILES · texte numérisé non relu

ESTIMATION DE L'ECLAT DES ETOILES

les regards instruits ou. indolents, attentifs on rêveurs, qui se sont attachés sur ces étoiles du pôle et leur ont confié leurs espérances, leurs souvenirs, leurs chagrins ou leurs joies? comment ne pas songer à ces yeux qui sont morts, tandis que toujours brillent là-haut ces lumières célestes allumées dans l'infini?

Oui, il y a trois mille ans, cette étoile ^ de la Petite Ourse était l'étoile polaire de Thumanité, et c'est sur ses rayons fidèles que les Phéniciens se dirigeaient. On l'appelle encore aujoiurd'hui iCocab, de l'arabe JTaucab-al-S/iemalt, € l'étoile du nord », écho des temps an* ciens. Chez les Chinois, l'Étoile polaire actuelle, a, s'appelle a le grand souverain du ciel auguste >, ^ s'appelle « l'étoile souveraine », y le € prince impérial » ; les étoiles environnantes portent des noms rap« pelant ceux de la cour du Céleste Empire.

Depuis tant de siècles qu'on les observe, ces étoiles sont-elles restées invariables? Pour le savoir, remontons à l'origine et comparons les grandeurs d'éclat qui leur ont été assignées depuis le premier catalogue, depuis Hipparque.

ÉTOn.ES DE LA. PETITE OURSE, OBSERVÉES A L'OBIL NU DEPUIS DEUX MILLE ANS

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Ce sont là, nous Tavons dit, les 14 étoiles de la Petite Ourse que Ton voie facilement à l'œil nu. La division de Téclat des étoiles en six ordres de grandeur, qui date de plus do vingt siècles, est fondée sur une appréciation naturelle de ToDil, car il se trouve que le rapport d^éclat entre chacun des six ordres adoptés est le même pour tous les

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intervalles et qu'il y a la même différence d'impression optique entre la 4* et la 5* grandeur, par exemple, qu'entre la 2* et la 3*. Aussi tous les observateurs ont-ils suivi (souvent même à leur insu et avec le désir de faire des jugements indépendants) cette classification en quelque sorte normale. Sans doute, il n'y a pas là la même précision que s'il s'agissait de mesures photométriques, mais comme nous ne nous occupons pas ici de l'éclat des étoiles mesuré à un centième près, ces indications suffisent pour notre but, et d'ailleurs nous sommes bien obligés de nous en contenter, si nous voulons faire une comparaison séculaire^ puisque l'antiquité et le moyen âge ne nous en ont pas laissé d'autres. Chacune de ces séries est indépendante. On a contesté la valeur de celle de Bayer, et Delambre a même traité un peu cavalièrement l'œuvre de cet astronome. (Il faut avouer d'ailleurs que l'académicienprofesseur Delambre était un de ces astronomes-fonctionnaires qui ne comprennent rien au ciel et qui seraient mieux à leur place dans une caserne que dans un observatoire.) Cependant, cette œuvre a son importance, non seulement par l'avantage d'avoir substitué une simple lettre grecque aune phrase entière, mais encore parce que ces lettres sont vraiment une indication de l'éclat, quoi qu'on en ait dit. En effet, si Bayer ne suit pas l'ordre de l'éclat décroissant pour la constellation entière, du moins il procède de grandeur en grandeur : ainsi, par exemple, l'étoile la plus brillante a reçu la première lettre («) ; s'il y a quatre étoiles de cette même grandeur, elles seront «, p, y, (î; s'il y en a cinq de la grandeur suivante, elles seront e, Ç, », 9, t ; et ainsi de suite, chaque ordre de grandeur recevant successivement des lettres consécutives, se suivant dans le sens de la figure. La comparaison de ces observations faites de siècle en siècle nous permettra donc de savoir si certaines étoiles ont varié d'éclat depuis l'origine de ces observations, et cette connaissance est si importante pour l'étude de l'univers, que nos lecteurs ne trouveront certainement pas déplacés ici ces petits tableaux techniques qu'il sera si intéressant (quoique un peu laborieux) de construire pour chaque constellation. Ces chiffres s'expliquent d'eux-mêmes. Remarquons cependant que Argelander et Heis désignent les plus brillantes de chaque grandeur en leur ajoutant le numéro de la grandeur précédente, et les moins brillantes en leur ajoutant le numéro de la grandeur suivante : ainsi d Petite Ourse, marquée 4.5, est notée comme une faible de la 4* (= 4 J) tandis que FI. 5 marquée 5.4, indique une brillante de la 5* (=: 4 |). Pour moi, j'ai trouvé plus commode de les estimer en dixièmes.

Si l'on compare avec soin ces notifications d'éclat faites de siècle

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