‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 99 sur 373 · SPECTRES · texte numérisé non relu

SPECTRES

de diverses Sources lumineuses SOLAIRE, STELLAIRIS, COmTATRES &TEHRESTKES

lSp<?cti*e cou l in u {soIiéeouîiqutêemcandeaceiiii^Z. Spectre du Soleil ^3. Spectre de Siriu9 — f. d *Aldébaran 5, de B^telge^uBe—ô. Alpha d'Hercule 7 Sp oc: tre

dune étoile rouge — 8.£toiIe tempor^iro 9. Comète de 1874 10. Ne bilieuse

du Dragoii.ll. Ffébuleuse d'Orion ^12. Spectre du Sodium 13. Hjdro g en e lï. Azote.

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mouvement à travers l'infini, comment pourrions-nous la regarder, même à rœil nu, sans un intérêt tout particulier et sans éprouver un sentiment de sympathie pour ces astres auxquels nous rattachent des attractions mystérieuses et inconnues?

Remarquons maintenant, parmi les étoiles de cette constellation, quelques variations séculaires qui paraissent se manifester par les comparaisons du tableau précédent. Ainsi, les étoiles « et x ont diminué. ^ , x> »> K ^ ont été notées tour à tour de 4% 5* et 6* grandeur.

L'étoile 13 p, marquée de 6* grandeur en 1603 sur la carte de Bayer et nommée par lui, est signalée du même éclat dans le catalogue d'Anthelme (1679); elle a été vue de 5* 1/2 par Flamsteed en 1700 et de T par Piazzi en 1800; mais, à partir de cette époque, elle disparaît pour les observations faites à Tceil nu. Je l'ai cherchée vainement en juillet 1880, et finalement, en août, à l'aide d'une lunette, je l'ai trouvée de 7* grandeur et demie. L'étoile 88 z, notée de 6* grandeur depuis deux mille ans, est actuellement invisible à l'œil nu et de T grandeur.

L'étoile 68 u a été notée de 6* grandeur par Bayer, de 5* par Hévélius, Argelander, etc., de 4* par Fiazzi. De fait, elle varie en 40 jours de la 4* à la 6* grandeur.

Tandis que les étoiles p etz disparaissaient, les étoiles 31312 et 31694 Lalande augiçentaient d'éclat et arrivaient à la 5* grandeur.

L'étoile 70 Hercule mérite peut-être une attention plus particulière encore. En 1660, Hévélius l'a vue de 5* grandeur; puis Flamsteed de 4* et de 5*; puis Piazzi, de 5* 1/2, et Argelander, de 6*. Lalande l'a notée trois fois de 4*. Je Tai trouvée récemment de 5* 1/2. Elle est certainement variable. Autre remarque. En transcrivant ses observations, Flamsteed s'est trompé une fois de 24 secondes, et a inscrit, comme passant au méridien 24 secondes après, une autre étoile, portant le u*71, et qui n'a jamais existé. Piazzi Ta vue deux fois double, puis simple. C. Mayer l'a vue également double. W. Herschel l'a trouvée simple. Un astronome anglais qui s'était installé im observatoire à Passy en 1825, sir James South, a mesuré auprès d'elle, à 3'38"'de distance, un petit compagnon qu'il a estimé une fois de 9*, une fois de 10* et unj fois de 1 1* grandeur. (Ce soir 10 août, j'ai revu ce compagnon, que j'estime de 9* grandeur.)

Les notifications d'éclat de Piazzi sont parfois inférieures à la réalité, comme on le voit ici par les dernières étoiles du tableau.

L'étoile ^ manque au tableau précédent. Ce n'est pas qu'elle ait

disparu du ciel, mais elle ne fait qu'une avec l'étoile v du Bouvier.

L'étoile 55 est ordinairement signalée comme un exemple des étoiles

éteintes ; mais elle n*a été observée qu'une fois par Flamsteed, et

encore d'une manière douteuse (en quelque sorte comme un duplicata

de la 54*), de sorte qu'il est problable qu'elle n'a jamais existé.

Signalons maintenant les plus jolies étoiles doubles à observer.

Ne revenons pas sur «, dont nous avons résumé l'histoire céleste.

Dirigez une lunette vers % (sur le prolongement de p à y)- Très facile

à dédoubler : 5* et 6*; distance = S(y. Dans le champ de la lunette, ce couple ressemble à Mizar et Alcor, par une troisième étoile de 6* qui se trouve au nord.

p : 4* et 5* 1/2; écartement = 3^7; très fine.

95 : 5,5 et 5,8; écartement =: 6' ; jaune d'or et azur léger.

Couple extrêmement joli ; très lumineux; ravissant petit tableau, couleurs variables. Fixe. * : 4* et 8* ; écartement =18^; mouvement rapide ; mais sans doute groupe de perspective. (Difficile à dédoubler : la grande étoile est d'un bleu clair brillant, la petite violette très fine. )

Mais de toutes les étoiles doubles de cette constellation, la plus intéressante est sans contredit Tétoile ç, dont les composantes de 3* et 6* grandeur, gravitent Vune autour de Vautre dans la période rapide de 34 ans et demi. C'est Tun des systèmes orbitaux les plus rapides que nous puissions observer dans le ciel entier. Un instrument puissant est nécessaire pour opérer le dédoublement, car l'écartement des deux composantes n'est actuellement que de 1^,3 et ne dépasse jamais l',5. La petite étoile disparaît même dans les rayons de la grande pendant trois ans, à chacune de ses révolutions, lorsque sa distance est inférieure à 0',6 : c'est le premier exemple que l'on ait eu, dès l'an 1795, de l'occultation d'une étoile par une autre. Depuis 1782, date de la première mesure faite par William Herschel, la petite étoile a déjà accompli près de trois révolutions autour de la grande J'ai représenté fig. 158 l'orbite apparente, telle que nous la voyons d'ici, et fig. 159 l'orbite réelle, comme on la verrait de face. Voilà un nouveau système

Fig. 157. — L'étoile double 95 Hercule.

LA CONSTELLATION D'HERCULE t»

de deux soleUs qui doit distribuer aux terres inconnues qui gravitent dans sa double lumière, des années, des saisons, des jours et des nuits, des printemps et des automnes, des aurores et des crépuscules dont les phénomènes simples et réguliers de la nature terrestre ne peu-

FIg. 156. — Orbitt «pparentt doC Heroal«. Fig. 159. — Orbite absolue de C Heroole.

vent nous donner aucune idée. Qu'il serait intéressant de pouvoir s'envoler jusque-là, ne serait-ce que pour y vivre une seule existence d'une quarantaine d'années de contemplation !

Cette vaste constellation d'Hercule renferme l'un des plus beaux amsa d'étoiles qui existent. Il se trouve entre >î et Ç, à im tiers de la dbtance en partant de )?; on le distinguée l'œil nu par les nuits claires et sans lune. Pourtant personne n'en a parlé avant l'année 1714 où Halley l'observa le premier et le présenta comme la sixième nébuleuse alors connue, en ayant soin d'ajouter que sans doute les progrès de Tastronomie en feraient découvrir d'autres, prédiction réalisée au delà de toute espérance : un demi-siècle plus tard, Messier publiait un catalogue de 103 de ces créations lointaines; à la fin du siècle, W. Herschel en enregistrait 2500, et aujourd'hui nous en connaissons plus de six mille!... Il est singulier que Messier ait cru constater que cette nébuleuse a ne contenait aucune étoile », car le plus faible pouvoir optique permet de la résoudre en une masse de petits points lumineux. Scruté dans le champ des plus puissants télescopes, cet amas se développe sur une étendue de 8' de diamètre, soit le quart du diamètre apparent de la pleine lune, et, d'après son aspect globulaire et sa condensation centrale, se présente comme composé de plus de cinq mille soleils, réduits pour nous à la dimension d'étoiles de 10* à 15* grandeur. Le spectroscope y montre un spectre continu et une constitution non gazeuse. Cet amas d'étoiles est sans contredit

riin des plus brillants! du ciel et, par une heureuse circonstance, Tun des plus faciles à observer sous nos latitudes. Il est difficile de le contempler sans admiration. Quel univers ! Quand on songe qu'entre

chacun de ces soleils il y. a des millions, ou, pour mieux dire, des centaines de millions de lieues, comment l'imagination la plus téméraire ne se sentirait-elle pas abîmée et confondue! Tout à Vheure je demandais quarante ans d'études à passer dans le système double de ç Hercule : maintenant, j'en ambitionnerais au moins dix fois plus, soit quatre cents ans, pour satisfaire une Fig. iGo. - Ama. dHercuie. curiosité bien légitime daus Té-

tude de cette prodigieuse agglomération de plus de cinq mille soleils.

Hercule nous offre encore un autre amas, que Ton trouvera sur la ligne tracée de Véga à t, à peu près de même diamètre que le précédent, mais moins facile à résoudre en étoiles.

Ne quittons pas Hercule sans regarder avec une attention spéciale la région céleste où brillent les étoiles tt et p : c'est vers cette région que le Soleil nous emporte dans son mouvement de translation à travers l'immensité infinie. Par une belle nuit d'été, élevez vos regards contemplateurs vers cette .région du ciel : c'est là que nous allons tous, Soleil, Terre, Lune, planètes, comme une flotte d'embarcations cinglant vers un port céleste. Aborderons-nous jamais dans cette constellation? Notre soleil tourne- t-il autour d'un foyer situé à angle droit avec notre tangente vers ce point? Sa route sidérale est-elle sinueuse, soumise à des alternatives d'attractions inconnues? Autant de questions, autant de problèmes. Mais il n'en est pas moins certain que la comparaison générale des mouvements propres de toutes les étoiles dénote une tendance de perspective à s'écarter de ce point et à nous le signaler comme marquant la direction actuelle de notre transport dans Tespace. Devant la contemplation de ce mouvement séculaire, les révolutions annuelles do la Terre et des autres mondes s'effacent, les révolutions des peuples d'une petite planète s'évanouissent en fumée, et Tâmc reste plongée dans une sorte de stupeur en essayant de concevoir le tableau des grandeurs sidérales et la majesté des œuvres de la nature

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