‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 15 sur 399 · LES ENSEIGNEMENTS DU CIEL · texte numérisé non relu

LES ENSEIGNEMENTS DU CIEL

ments que nous avons décrits à la fin de V Astronomie populaire, et sur lesquels nous reviendrons en détail un peu plus loin, et comme il s'agit toujours ici « d'astronomie populaire », nous passons sous silence tous les faits célestes qui ne pourraient être observés qu'à l'aide d'instruments supérieurs. Ces pages sont écrites pour tous ceux qui désirent entrer en relation avec les merveilles de l'univers, sans fatigue et sans difficultés : j'ouvre la voie aussi largement que possible, dans l'ambition peut-être téméraire d'y engager tous les voyageurs de l'infini, tous les contemplateurs du vrai, tous les penseurs altérés de science, tous les amis de la nature. Aucune crainte de satiété. Le ciel est plus profond que la mer. Les spectacles de la terre ne sont qu'un songe devant ceux de l'éternel univers. Quelle est Fcàme dont les ailes ne frémissent pas devant les abîmes d'en haut? quel est l'esprit pensif qui n'éprouve pas en face de ces grandeurs k vertige de l'infini ?

Ainsi, simplement, insensiblement et sans efforts, nous construisons ici la description complète du ciel, étoile par étoile, pour toutes les observations qui peuvent facilement se faire à l'œil nu, ou être trouvées à l'œil nu s'il s'agit d'une curiosité télescopique quelconque accessible aux instruments de faible et moyenne puissance. Chacun pourra désormais entrer en relation directe avec le ciel. .

Dans le voisinage du pôle, remarquons maintenant la constellation de Céphée, ancien roi d'Ethiopie, mari de Cassiopée et père d'Andromède, dont nous examinerons plus loin la légende mythologique. Il se nomme aussi sur les cartes arabes Al-Multahib, le Flamboyant. Ce héros a un pied sur le pôle, l'autre sur la Petite Ourse, est coiffé d'un turban et d'une couronne, et tient d'une main un manteau et de l'autre son sceptre royal. (Nous l'avons déjcà admiré sur notre planche de la page 9.) Pour reconnaître cette constellation dans le ciel, chercher pi'ès de la Polaire en s'aîdant de notre fig. 11, p. 24 : on remarquera trois étoiles alignées, y, t et cî ; la première est de 3' grandeur un tiers, la seconde de 4°; la troisième, $, de 4° grandeur en moyenne, varie de 3,7 à 4,9 dans la période rapide de 5 jours 8 heures 47 minutes, et à ce point de vue-là elle offre un intérêt particulier à l'observateur attentif. A peu près parallèlement à la ligne de ces trois étoiles, on en remarquera trois autres, x, (3 et «, qui sont respectivement de 4,5, 3,4 et 3,0 : « est la plus brillante.

Voici l'ensemble de ces étoiles et l'éclat observé sur elles depuis deux mille ans :

ÉTOILES PRINCIPALES DE LA CONSTELLATION DE CEPHEE. DEUX MILLE ANS D'OBSERVATION.

Étoiles

noû

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= 43IWv.

Plusieurs de ces étoiles méritent d'arrêter un instant notre attention. Ainsi, l'étoile o, située sur le prolongement de «, l et t, n'est que de 5' grandeur et demie, et n'a rien qui la distingue de deux voisines qui n'ont pas reçu de lettres et qui sont aussi de 5° grandeur et demie ; cependant, sur l'atlas de Bayer, elle est seule marquée : elle devait être un peu plus brillante en 1603 comme en 1660, et pleinement de 5° ordre. Mais le fait le plus curieux est que Flamsteed l'a notée de 4° vers 1700, et Piazzi de 7° vers 1800. (Elle est également inscrite de 1' dans le catalogue de Bradley édité par Bessel, mais toutes les estimations de grandeurs de ce catalogue sont reproduites d'après Piazzi). L'amiral Smytli, en 1834, l'a notée aussi de 7" : l'influence de Piazzi s'est-elle encore fait sentir ici ? Varie-t-elle réellement dans cette proportion? Ce n'est pas probable. Ajoutons que c'est là une ravissante étoile double, composée d'une belle étoile jaune orange et d'une petite bleu azur qui forme avec la première le plus charmant contraste; dans le champ de la lunette, on croit voir briller deux pierres précieuses étincelant d'une translucide lumière; mais, comme la distance n'est que 2 secondes et demie, il faut déjà un bon instrument pour la dédoubler nettement. Ce couple ravissant forme un système orbital en mouvement assez rapide. (Le 27 février 1880, j'ai estimé à 5,4 la grandeur de cette étoile.)

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