LES ÉTOILES DU LION
étoiles du Cancer, « et (3, ne sont que de quatrième ordre, Bayer a dû. ( pour le Lion, épuiser presque toutes les lettres de l'alphabet gieb , pour les quatre premières grandeurs, et il n'a pas compté moins de 29 étoiles de la première à la cinquième grandeur inclusivement. ^
Cet ordre s'est sensiblement modifié depuis l'an 1603. Ainsi, les étoiles v et Ç sont descendues de la quatrième à la cinquième grandeur (en 1693, Maraldi ne vit même l que de 6=), tandis que la suivante o gardait toujours son même éclat de quatrième brillante. Il en est de même de ir et de r, qui sont également descendues de la quatrième à la cinquième. Sur ces quatre étoiles , l est celle qui a subi la plus forte fluctuation, car Ptolémée, Sûfî, Ulugli Beigh, Argelander, l'ont vue de sixième ; Piazzi, les observateurs d'Armagh, l'ont vue de cinquième, Tycho-Brahé, Bayer, Hévélius, Mayer, l'ont inscrite de quatrième, et le plus étonnant peut-être encore, c'est qu'elle est complètement absente du grand catalogue de Lalande, qui ne renferme pas moins de 47390 étoiles de la première à la neuvième grandeur.
L'étoile i( est descendue de la cinquième à la sixième entre Ptolémée et Sûfi, est remontée à la cinquième au temps de Tycho, Bayer et Hévélius, a complètement disparu pour les observations faites par Pigott de 1660 à 1667, est revenue à la sixième au temps de Flamsteed et de ses successeurs. Piazzi l'a notée de 5° 1/2, Lalande deux fois de 6° et une fois de 6" 1/2. Elle est actuellement de 5° 1/2.
L'étoile X, a été observée par Piazzi 27 fois en ascension droite, et 23 fois en déclinaison, et il ne l'a notée que de quatrième et demie, tandis qu'en général on la note de troisième. La différence est trop sensible pour ne pas être fondée sur une variation réelle. Les observateurs d'Armagh l'ont également notée de quatinème et demie. Elle est actuellement d'une demi-grandeur plus brillante que ri.
L'étoile |3, autrefois de première, est actuellement de deuxième.
L'étoile p' paraît également variable. J'ai inscrit pour la date de 1800 l'observation de Lalande, car Piazzi ne Tapas observée. Elle est absente aussi du catalogue de Flamsteed, ce qui porte à croire à un affaiblissement vers cette époque.
Les descriptions anciennes de t, u, ^ et 69 p" ne concordent pas. Je :les ai corrigées de mon mieux.
j Si les étoiles 93 et 92 n'ont pas été signalées anciennement, c'est sans doute à cause de leur situation un peu externe. i
! L'étoile P. IX, 230, remarquée par Hévélius et Flamsteed, était alors pliT' brillante que ses deux voisines du sud-est et de l'est, qui n'ont pas été remarquées
ÉTOILES PRINCIPALES DE LA CONSTELLATION DU LION DEUX MILLE ANS D'OBSERVATION
ÉTOILES —127 +960 1430 1590 1603 1660 1700 1756 1800 18i0
« {Régulus
P {Denebola) 1
th
ibf
absente
52 fe
Deux étoiles ont disparu : celle que Bayera nommée i, entre « et n, et celle que Ptolémée a signalée entre (î et0 et qui correspond au n" 71 du catalogue de Flamsteed.
La première pourrait bien n'avoir jamais existé. Le seul atlas qui
l'ig. ,19. — Êloile« principales de !a congtellation rlu Lion.
la porte est celui de Bayer, et le seul catalogue qui la possède est celui de Tycho, par 142» 24' de longitude et 2° 10' de latitude boréale, au nord-ouest de Régulus. Flamsteed a observé non loin de là une étoile de 7' grandeur, qui porte le n» 26 ; mais quoique Baily ait identifié cette étoile avec celle de Tycho, la différence de position est
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trop grande pour que nous puissions admettre cette identité. On la confond assez souvent aussi avec la 16' étoile de Ptolémée, que l'on nomme 46 i; c'est encore là une erreur : le n° 46 de Flamsteed est fort à l'ouest de Régulus et n'a jamais correspondu avec l'étoile nommée i par Bayer. La position de Tycho et de Bayer, portée à l'époque de Flamsteed (1690), donne : M = 146° 45' et 2) = 15" 40', tandis que 26 Lion est par 145° 19' et 16° 40'. On voit que la différence est considérable pour les mesures modernes.
Cette étoile i de Bayer, serait, pour l'époque 1800, par 148° 14' d'ascension droite et 15° 9' de déclinaison. On ne voit aujourd'hui dans cette région du ciel que quelques petites étoiles de huitième grandeur. Si, comme il est possible. Bayer n'a pas observé lui-même cette étoile et s'est fié à Tycho-Brahé, son insertion dans le catalogue de l'astronome danois (étant la seule qui existe) pourrait provenir d'une erreur d'observation, de calcul ou de transcription ; l'extinction d'un soleil est un fait si grave dans l'histoire de l'univers, qu'il est plus naturel de croire à une erreur humaine qu'à un tel événement.
Ce ne serait pas une raison suffisante, cependant, pour rejeter toujours sur des erreurs les discordances qui se manifestent entre les observations anciennes et les modernes. Une observation isolée peut être soumise à caution, non plusieurs. Et la seconde étoile que nous avons à signaler ici se présente comme un exemple contraire au précédent. Cette étoile, qui porte le n* 71 du catalogue de Flamsteed, a certainement subi des modifications d'éclat.
Voici le changement fort curieux qui s'est opéré dans cette région du ciel. Son examen demande, pour notre instruction, une analyse un peu détaillée.
En décrivant la figure du Lion, Ptolémée signale une étoile de la cinquième grandeur, qu'il désigne ainsi : « ton en toïs gloutoïs boreïoteros, » ce qui, traduit en français, signifie (pardonnez l'expression) : « la boréale des deux qui sont dans les fesses ». L'australe de ces deux étoiles est 6, de troisième grandeur. Antérieurement à ces deux étoiles Ptolémée en signale deux autres qu'il décrit ainsi : 1° l'occidentale des deux dans les reins (osphuos) : 2° l'orientale. El voici les positions qu'il donne de ces quatre étoiles.
1" (19) l'occidentale des deux dans les reins •
2» (20) l'orientale — —
3° (21) la boréale des deux dans les fesses. .
4» (22) l'australe — —
Eloiles
Longjtuda
Latilude
Grandeur
corresp.
ISl-ÎO'
LES K'iDll.i;.-? DU MON
Si nous traçons l'esquisse de cette région (fig. 250), nous constaterons que les quatre étoiles 6, S, 71 et 6 correspondent exactement à la description de Ptolémée.
Sur ces quatres étoiles, h a aug-r mente de la 6° à la 5° grandeur, et même à la 4° en 1840 ; S est restée de la deuxième ; 0 est restée de la troisième; mais 71 a disparu.
Dès le X* siècle de notre ère, Sût?
remarquait cette disparition, toutefois sans y croire et en admettant plutôt une erreur dans la latitude. « La 19" et la 20", dit-il, sont deux étoiles situées dans les reins : la précédente est une brillante de la cinquième grandeur et la suivante est de deuxième ; c'est celle que l'on appelle le dos du Lion [zhahr al-dsad). Selon Ptolémée, la 21" se trouve avec la 22" dans les fesses al-harkafa, au sud ""''■ '"'■ " "^^ ""'^^ '" '^ ^""'''^ '^°^"=^'^"'-« '" ^''°" de la brillante 20", et est de la cinquième grandeur; cependant, entre la 20'' et la 22" on ne voit pas d'étoile. » Et l'astronome persan ajoute : « Elle est au nord de la 20",et est de cinquième ordre. »
Il y a en effet là, au nord de S, une étoile de cinquième grandeur (72 FI.). Mais il est impossible de faire concorder sa position avec la description de Ptolémée, ni avec sa latitude. Essayez de dessiner le dos du Lion avec autant d'imagination que vous le voudrez, vous ne parviendrez jamais à mettre (pardonnez encore l'expression) les fesses au-dessus des reins. Et il n'y a pas à supposer que la ligne du dos passait autrefois plus haut ou plus bas qu'aujourd'hui, car les deux étoiles 41 et 54 sont nommées dès l'antiquité a les deux étoiles au-dessus du dos ». Le plus singulier est encore que Sûfi conserve la latitude de Ptolémée, au lieu de donner celle de l'étoile 72 ; voici ses positions :
Étoiles
Longitude Ixitilude Grandeur corrtsp.
1» (19) la précédente des deux sur les lombes. 144» 2' 12°15' 5.4 6
2° (20) la suivante — — 146.52 13.40 2 S
3» (21) la boréale des deux dans les fesses. . . 147. 2 11.20 5 ?
4» (22) l'australe — — 149. 2 9.40 3 e
Les longitudes sont augmentées de 12" 42', à cause de la précession des éguinoxes. Les latitudes sont invariables. Il y a bien une petite différence de 10' dans celle de notre étoile, mais elle provient sans doute d'une copie, et est d'ailleurs insignifiante. La latitude de 72 est 16° 47'.
Ulugh Belgh vient à son tour. Il garde le texte de Ptolémée et de Sùfi : « m coxis », mais il mesure la latitude de l'étoile 72. De son temps, l'étoile 71 était donc invisible, comme du temps de Sùfi.
Ty^.ho-Brahé donne de ces quatre étoiles la description suivante :