‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 168 sur 399 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

La Vierge. L'Épi. La Vendangeuse. — Richesse de cette région en nébuleuses.

Changements arrivés dans le ciel.

L'étoile double gamma de la Vierge. — La Balance. — Les étoiles de l'Été.

OOtSe

Henéèo/a

ArctuTus

Pendant les douces soirées du printemps, quand la nature elleînême nous invite à la contemplation des beautés sidérales, après le crépuscule évanoui, on voit monter en silence dans les cieux les

étoiles qui insensiblement deviennent de plus en plus brillantes et de plus en plus multipliées. A riieure où les sept étoiles du nord planent au plus haut de leur cours, c'est-à-dire vers onze heures en avril, vers neuf heures en mai, l'Épi de la Vierge brille en plein sud, sur le prolongement de la courbe tracée par la queue de la Grande Ourse et Arcturus. C'est une étoile de première grandeur, qui forme un triangle équilatéral avec Arcturus et Denebola. Elle paraît à l'Orient en mars, s'élève dans le ciel du sud en avril, mai et juin , descend en juillet vers l'Occident, et s'endort en septembre dans les brumes du soir.

Cette étoile a été associée depuis bien des siècles aux travaux des champs; on en a fait le symbok des moissons, et nos pères la faisaient briller au milieu d'un bouquet d'épis.

On a dessiné là, sur l'ancienne sphère, une jeune femme munie de deux ailes, portant un rameau de la main droite et un épi de la main orauclie. Peut-être le groupe d'étoiles qui forme aujourd'hui la Chevelure de Bérénice, et dans lequel on voyait autrefois une gerbe de blé. n'est/-il pas étranger au dessin de cette figure, car la main droite du la Vierge qui porte aujourd'hui un rameau imaginaire, dépour\ii

L'épi

Fig. 250. — Alignement pour trouver l'Epi de la Vierge.

LA VIERGE ?£3

d'étoiles, est levée vers l'amas de la chevelure : on peut penser qu'il formait autrefois la gerbe primitive des épis placés a portée de sa main,

Aratus, Hipparque, Ptolémée, appelaient cette constellation Parthenos « la Vierge ». Elle devint ensuite, dans la poésie : Cérès, déesse des moissons ; Thémis, déesse de la justice (à cause de la Balance qui est à ses pieds) ; Astrée, fille de Jupiter et de Thémis, que les crimes des hommes forcèrent à remonter au ciel à la fin de l'âge d'or; Diane d'Éphèse ; Isis d'Egypte, Atergatis ou la Fortune ; Minerve, mère de Bacchus; Érigone, fille du Bouvier, la Sybille de Virgile qui, un rameau à la main, descend aux enfers ou sous l'hémisphère. On lui a rais parfois un enfant dans les bras, comme à l'Isis égyptienne. La circonstance assez curieuse qu'autrefois au solstice d'hiver, vers le 25 décembre, la Vierge donnait naissance au retour du soleil Sauveur, et que lorsqu'elle se lève elle est précédée au milieu du ciel par la Crèche, devant laquelle marchent, d'orient en occident, la belle étoile du précurseur Procyon et les Trois Rois mages, tandis qu'au-dessous d'elle gît le Serpent de l'Hydre; ces rapprochements, dis-je, ont conduit certains commentateurs à supposer que la Vierge Marie n'avait jamais existé, pas plus que Jésus, image du Soleil, et qu'il n'y avait dans leur histoire qu'un mythe astronomique oriental. Ce serait aller un peu loin, et l'induction est plus ingénieuse que légitime. On a démontré de la même façon que Napoléon n'a jamais existé, et qu'il n'est, lui aussi, qu'une image symbolique de l'astre du jour. En effet, son nom lui-même signifie nouveau soleil, nouvel Apollon : Né-apolio, comme on le voit encore aujourd'hui gravé sur le socle de la colonne Vendôme ; il est né vers l'Orient, dans une île, au sein des ondes, et sa mère n'est autre que la joie du lever du Soleil, Leetitia, ; il s'est éteint dans la mer occidentale , emporté par les hommes du nord vers les antipodes ; il avait douze compagnons de guerre, douze maréchaux : ce sont les douze mois de l'année ; etc. Mais cet infatigable guerrier a régné assez réellement pour tuer cinq millions d'hommes; et nous avons de même des témoignages historiques suffisants, quoique d'un autre ordre, pour admettre que le philosophe de Nazareth a incontestablement existé.

L'imagination des dessinateurs s'est donné un libre cours dans les représentations variées des constellations zodiacales, et un volume comme celui-ci ne suffii^ait pas si nous voulions reproduire tous ces curieux dessins. Pour la Vierge, entre autres, le choix est considérable et nous édifie complètement sur le dédain avec lequel les artistes de l'époque traitaient les étoiles; qu'il nous suffise d'en donner ici

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