LES METAMORPHOSES DE LA VIERGE
deux spécimens, dont le premier montre les étoiles semées au hasard sur une figure d'enfant ailé (un petit chérubin), et dont le second nous présente une jeune mariée du xv" siècle absolument dépourvue d'étoiles — et bien dépourvue aussi de charmes et de beauté : je l'extrais d'un ouvrage de l'an 1489, écrit par Léopold, évêque de Fresingue, et fils naturel du duc d'Autriche, Albert III.
Mais revenons au ciel. Loi^squ'on aura reconnu l'Épi de la Vierge, qui est l'étoile a de la constellation, on trouvera facilement, d'abord
Fis. 2G0. — La Vierge de l'Astronomie Fig. 261. — La Vierge de la Compilation astronomique du roi Alphonse X (xii" siècle). de Léopold d'Autriche (xv« siècle).
les trois étoiles de troisième grandeur y, n et (3, qui s'alignent au nordouest à peu près dans la direction de Régulus ; puis 5 et e, également de troisième ordre, qui brillent au nord dans la direction de la chevelure ; Ç, de même grandeur, à peu près sur la ligne menée de l'Épi à Capella. Notre carte {fîg. 262) servira à trouver successivement toutes les autres.
Au sud-ouest de l'Épi, un groupe de quatre étoiles principales indique la place du Corbeau, qui a les pieds sur l'Hydi'e et lui donne des coups de I ec; mais cette région ne s'élevant jamais beaucoup sur notre horizon, on ne peut observer que rarement ces étoiles, et seulement dans les 'rès belles nuits d'été.
L'étoile t, de troisième grandeur, située au nord de la figure, a été surnommée la Vendangeuse (Vindemiatrix), à l'époque où elle se levait le matin pour annoncer la maturité du raisin et les vendanges. Elle porte ce nom en différentes langues : en grec, en latin, en arabe, en persan et dans les langues modernes. On appelait aussi cette étoile et ses voisines « le Grieur )>, surnom déjà donné au Bouvier, avec lequel on a quelquefois confondu le nouvel astérisme. Au temps
d'Hipparque, l'étoile d marquait l'épaule droite de la Vierge : Ptolémée nous dit qu'il l'a descendue au côté, parce que l'ancien dessin faisait cette épaule beaucoup trop grande. En astrologie, et chez les Arabes surtout, ces étoiles de la Vierge étaient considérées comme exerçant une heureuse influence sur les destinées humaines, parce qu'elles brillent entre le Lion et le Scorpion, « le Lion n'étant hostile que par la tête, les dents et les griffes, et le Scorpion par la queue et le dard »... Heureux temps !
C'est l'Épi de la Vierge qui, avec Régulus, fit découvrir à Hipparque la précession des équinoxes et la véritable durée de l'année, par la comparaison de ses observations avec celles faites par Aristillus et Tymocharis, 170 ans avant lui. Cette belle étoile, qui joua un si grand rôle dans l'astronomie ancienne, gît à une distance incommensurable de notre atome terrestre, malgré son éclat ; toutes les recherches faites pour lui trouver une parallaxe sont restées infructueuses. Son spectre appartient au premier type, au type de Véga, Sirius, Castor, Régulus, Rigel, Altaïr, étoiles blanches, très photogéniques {voy. la photographie, p. 211), prédominance de l'hydrogène, astres plus éblouissants mais moins chauds que les soleils aux feux d'or, tels qu'Arcturus et Capella, qui appartiennent au second type spectral. Cette brillante étoile s'éloigne de nous.
Les annales de l'astronomie nous ont conservé l'observation du passage de Saturne tout contre l'étoile y, arrivé le 1" mars de l'an 228 avant notre ère.
L'étoile $ est une belle étoile jaune qui appartient au troisième type des spectres, comme Antarès, a d'Hercule et MiraCeti.
L'étoile ïi, autrefois de troisième grandeur, est actuellement de quatrième ; elle diminue lentement depuis deux siècles. Déjà elle avait diminué au temps de Tycho.
X est descendue de la quatrième à la cinquième.
Au contraire, v, o et t se sont élevées de la cinquième à la quatrième.
(f a été estimée de 4° par Tycho, Hévélius, Flamsteed ; de 5% par Bayer, Piazzi, Argelander, Heis; de 6% par Bessel. Elle varie au moins de 4 | à 5 1.
16 c s'est élevéede la sixième à la cinquième.
L'étoile g, au nord-ouest de a, est appelée par tous les astronomes (Flamsteed, Mayer, Piazzi, Baily, etc.,) 49 g, et identifiée avec une étoile signalée par Ptolémée,Sùfi, UlughBeigh, Tycho, etc., àl'ouest de l'Epi. C'est là une erreur. L'étoile des anciens correspond à 49 ou à î)0 de Flamsteed; mais 49 n'a jamais correspondu à g de Bayer. On
a été jusqu'à en conclure que cette dernière étoile n'avait jamais existé ; or, elle existe parfaitement, je Tai souvent observée ; elle est actuellement de sixième grandeur, comme au temps de Bayer. Nous reviendrons tout à l'heure sur ce sujet.
ÉTOILES PRINCIPALES DE LA CONSTELLATION DE LA VIEHGE DEUX MILLE ANS D'OBSERVATION
Stoiles
lono
a [LÈpi)
{La Vendang.) 3 . 4
Ti
■ii
it
44 ft
Étoiles -
-1-ybU
6 et 8
P. XII, l'i'
var
Lai. 232-28
LaL 25086
76 h s'est élevée pendant notre siècle du 6" au 5^ ordre d'éclat.
68 i varie certainement de 5 à 6 : elle est orangée ; son spectre
appartient au quatrième type, qui se compose surtout des étoiles
Arc/itrui^jj^ ce ,