et8|,à2"8;blanche **.t bleuâtre. Couple délicat
Mais de toutes les étoiles doubles de cette constellation, la plus magnifique, la plus célèbre et la plus digne d'attention est la belle étoile ç, de troisième grandeur et demie, qui brille au milieu du groupe de trois étoiles formant l'urne du Verseau, dont nous nous sommes entretenus tout à l'heure à propos de la dispari-
peintre, la Machine pneumatique, le Messier, l'Atelier de typographie, voire même le Chat de Lalande, encombrent si singulièrement la géographie du ciel. Il y eut plus d'un essai mort-né, entre autres, dans la région du ciel que nous étudions en ce moment, entre le Verseau et Antinous, le « Lion Palatin » que Kœnig, astronome assermenté de l'Électeur palatin, avait fait graver en 1785.
Fig. 294. — L'étoile donble Ç du Verseau.
tion arrivée au-dessous de ce groupe. Cette étoile se dédouble en
deux astres brillants , de 3 | ^g^o
et 4|, séparés à 3", 5. La pre- I
mière observation en a été i
faite par Christian Mayer le |
8 septembre 1777, et la se- ^fon O -qo-
conde par Herschel le 12 sep- I
tembre 1779. Depuis cette !
époque, c'est-à-dire depuis I plus d'un siècle, le couple a tourné de 45 degrés , d'un
mouvement sensiblement uni- ihho^
forme et sous la même distance angulaire de 3*, 5. C'est seulement le huitième de la
révolution totale . Si le mou- ^'^- '^'- " »"'"'«'"«''' ""serve sur rétollo ç cU, Verseau.
vement restait tout à fait constant, la période serait de huit siècles. Mais on commence à remarquer un ralentissement, et il est déjà certain qu'elle surpasse un millier d'années. Voilà un système de mondes devant lequel nos années ne sont que des jours.
Cette constellation possède un magnifique amas d'étoiles, la nébuleuse découverte par Maraldi en 1746, décrite quelques années plus tard par Messier et inscrite par cet astronome au n" 2 de son catalogue. A cette époque, les meilleurs instruments ne montraient là qu'une nébuleuse sans étoiles, pâle et circulaire, avec condensation centrale; mais en lui appliquant son télescope de quarante pieds, William Herschel vit, avec une joie indicible, jaillir sous ses yeux des myriades d'étoiles nettement séparées. Lorsqu'on examine cette création lointaine à l'aide d'un instrument puissant, on ne peut s'empêcher de comparer ce champ d'étoiles au sable des bords de la mer, tant ces points brillants sont serrés les uns contre les autres. Une lunette Fig. 296.-L'amasd'étoiiesM.2.verseau
,, , . ,.~ |.p, dans un instrument moyen.
de onze centimètres d objectii suint
néanmoins pour distinguer cet aspect granulé et pour deviner qu'on a sous les yeux une immense agglomération d'étoiles, quoiqu'elles ne soient que de la quatorzième grandeur. Quel ne doit pas être
l'éloignement de cet univers!... Son diamètre mesure environ 3'. L'instrument dont je viens de parler montre à peu près l'aspect reproduit {fig. 296) : la nébuleuse se trouve à la tête d'un triangle rectangle formé par une étoile de dixième grandeur et deux de onzième. Dans
un puissant télescope, l'aspect circulaire disparaît; et l'on a sous les yeux le magnifique fourmillement d'étoiles représenté {fig. ?97). On trouvera cette nébuleuse entre les étoiles s de Pégase et |3 du Verseau : il y a là, vers le milieu, une étoile de cinquième grandeur (d); sous cette étoile on en voit une première, de sixième grandeur, puis une seconde : celle-ci est double et porte le n" 2809 du catalogue de William Struve (6' et 8% à 31"). La nébuleuse dont nous venons de parler se trouve tout près, au sud-ouest. — Se servir de la fig. 292.
Plus curieuse encore est celle que l'on trouvera près de l'étoile v (la précédant de 1° g), à 12 degrés à l'est de a du Capricorne. C'est là une nébuleuse planétaire (H. IV, I), un disque blanc, légèrement teinté de bleu, singulièrement lumineux, elliptique, mesurant 23" de longueur sur 18" de largeur. Sa lumière égale celle d'une étoile de septième à huitième grandeur, et, de fait, Lalande l'a observée comme étoile le 22 août 1794 et le 25 octobre 1800 (=40765). Déjà Herschel l'avait découverte en septembre 1782. Cette nébuleuse à l'aspect planétaire est accompagnée d'une étoile de quinzième grandeur, à 343° et 103". En 1848, le grand télescope de lord Rosse montra que son ellipticité est probablement due à la présence d'un anneau vu parla tranche {fig. 298). Mystère sur mystère !... Et, comme complément , le spectroscope révèle qu'elle est composée d'une masse de gaz incandescent !
Nous avons là, à n'en pas douter, devant nous un système solaire en formation. En le supposant seulement à la distance des étoiles les
Fig Î'J?. — L'amas stellaire du Verseau dors un puissant instrument.
plus proches, par exemple de la 61' du Cygne, là, 37 millions de lieues, vues de face, sont réduites à une demi-seconde d'arc, et 20" représentent, en nombre rond, quarante fois la distance qui nous sépare du Soleil. Le diamètre de ce globe de gaz est donc, à n'en pas douter, plus considérable que celui de notre système solaire tout entier. Or sait-on ce qu'une sphère du diamètre de l'orbite de Neptune représente? Les volumes des sphères sont entre eux comme les cubes des rayons. Eh bien ! Neptune décrit sa circonférence à 6420 fois le demi-diamètre du Soleil : le volume du Soleil est donc à celui de cette sphère immense dans *''^- ;^^; "?* "^''"'<="=a
^ H. IV, 1, du Verseau.
le rapport de 1 à 6420», ou de 1 à 264 000 000.
Ainsi ce globe de gaz est au moins 264 milliards de fois plus gros
que notre soleil, lequel est lui-même 1 283 700 fois plus gros que la
Terre c'est-à-dire que cette pâle nébuleuse est, au minimum,
338 quatrillions 896 trillions 800 mille m.illions de fois plus grosse que la Terre !
Que la densité d'un tel gaz doit être faible ! Si toute la matière du Soleil, des planètes et des satellites était uniformément répartie dans l'espace sphérique embrassé par l'orbite de Neptune, la densité de cette nébuleuse gazeuse serait quatre cent millions de fois plus faible que celle de l'hydrogène, gaz le plus léger de tous, déjà quatorze fois moins dense que l'air que nous respirons.
Non loin de cette genèse cosmique, à l'ouest, en se dirigeant versp du Capricorne, on trouve une troisième nébuleuse, M. 72, dont nous avons parlé plus haut (p. 434).
Quelle étude intéressante que celle des nébuleuses et amas d'étoiles, pour celui qui se consacrerait exclusivement à leur examen consécutif et qui chercherait à surprendre les variations d'aspects, de condensations et de mouvements que l'analyse ne manquera pas de révéler î Déjà nous en connaissons plusieurs qui sont doubles et qui, comme les étoiles doubles elles-mêmes, se montrent en mouvement relatif ('). Que de découvertes à faire dans ce vaste champ de l'astronomie sidérale ! Le catalogue général des nébuleuses de Sir John Herschel donne déjà la description sommaire de 5076 nébuleuses qui se décom* posent ainsi :
(<) Voyez mon Catalogue des Étoiles doubles, p. 167.
438 NEBULEUSES ET AMAS D'ETOILES
Amas stellaircs 535
Amas stellaires globulaires 30
Amas globulaires résolubles 72
Nébuleuses résolubles 397
Nébuleuses irréductibles ou non résolues 4042
Plus d'un millier de nébuleuses sont résolues aujourd'hui en agglomérations d'étoiles, et à mesure que la puissance télescopique augmente on voit des nébuleuses jusqu'alors rebelles se laisser à leur tour pénétrer par la vision télescopique et se classer parmi les amas d'étoiles. On peut estimer au cinquième du nombre total celles qui sont certainement composées d'étoiles,et nous pouvons être convaincus que la proportion s'accroîtra constamment avec les progrès de l'optique. Il n'en est pas moins certain, néanmoins, qu'il y a dans l'immensité un grand nombre de véritables nébuleuses gazeuses, dont l'analyse spectrale commence à déterminer l'état physique et la constitution chimique. Telle est, entre autres, la nébuleuse planétaire que nous venons de rencontrer; telle est aussi la splendide nébuleuse d'Orion à laquelle nous allons arriver.
Les unes comme les autres plongent nos esprits contemplateurs dans une admiration bien naturelle et bien légitime. Les nébuleuses gazeuses nous révèlent les mystères de la genèse des mondes et nous transportent à travers les arcanes des temps disparus; les amas d'étoiles nous éblouissent par la richesse du nombre de leurs soleils et nous transportent dans l'immensité de l'espace .- quelle étendue ne doit pas occuper une agglomération de soleils comme l'amas d'Hercule ou celui du Verseau, pour que ces soleils ne tombent pas les uns sur les autres ! il y a peut-être entre chacun de ces points lumineux la distance qui nous sépare de l'étoile alpha du Centaure. La lumière emploie certainement des milliers — peut-être des millions — d'années pour venir de là !
C'est ainsi que, dans notre description technique des constellations, notre voyage, analysateur et synthétique à la fois, nous a fait toucher du doigt, pour ainsi dire, toutes les curiosités essentielles de l'univers au sein duquel notre petite planète veille comme un observatoire. Étoiles visibles à l'œil nu, dont l'histoire peut nous intéresser à différents titres; étoiles variables, périodiques ou temporaires; étoiles curieuses par leur coloration et leur constitution physique et chimique ; étoiles doubles et multiples ; systèmes remarquables par leurs mouvements ; nébuleuses de tout ordre ; groupes et associations ; changements arrivés dans le ciel ; en un mot tout ce qui peut se voir, tout ce qui doit se voir, tout ce que chacun devrait connaître jpour cesser de
vivre en aveugle au milieu d'un univers splendide : toutes ces réalités nous les avons visitées, géographiquement, et nous savons maintenant où les chercher et où. les trouver. Ce n'est plus un exposé théorique ; c'est un guide que nous avons entre les mains.
Notre description du zodiaque est terminée ('), de sorte qu'il ne nous reste plus à visiter que les constellations australes, dont les plus extrêmes passeront rapidement devant nous, attendu qu'elles restent constamment invisibles pour nos latitudes et que d'ailleurs elles n'ont été l'objet que d'observations modernes, toujours rares et souvent incomplètes. Les plus importantes qui nous attendent encore sont celles du géant Orion (la plus belle et la plus riche du ciel), du Grand Chien, illustré par Sirius; de la Baleine, de la Licorne et de l'Hydre.
Mais avant de quitter les régions zodiacales, il est encore un point de l'histoire de l'Astronomie qui peut nous intéresser à juste titre: c'est celui de l'antiquité du zodiaque et de l'origine des caractères sous lesquels chacun des signes est encore aujourd'hui représenté.
On a écrit des dissertations interminables sur l'antiquité du zodiaque, les uns la faisant remonter à quinze mille ans, les autres à vingtdeux mille. D'après l'étude directe que nous venons de faire du ciel et de son histoire, nous avons vu que la formation de la zone zodiacale est postérieure à la création des constellations, et que les constellations ont eu des origines diverses et successives. On a d'abord remarqué le chemin décrit par la Lune, et on a partagé cette circonférence en vingt-huit parties représentant la demeure de la Lune pendant chaque nuit du mois. Puis on a reconnu que les planètes se meuvent le long de la même ceinture, et que dans son cours annuel apparent, le soleil suit également la même marche, ce qui ne put être constaté qu'en dernier lieu, attendu qu'on n'observe pas directement la marche de l'astre du jour devant les étoiles et qu'on n'a pu l'apprécier que par des comparaisons faites après son coucher ou avant son lever. C'est ainsi qu'on a fait passer, à travers dés constellations préexistantes, une zone mesurant 15 degrés de largeur, au milieu de laquelle glisse la route du soleil ou l'écliptique.
Il est certain que du temps d'Homère et d'Hésiode il n'y avait qu'un très peti* nombre de constellations de nommées, et c'est ce que Strabon a soin de souligner pour empêcher ses contemporains de les accuser d'ignorance. Endémus de Rhodes, élève d'Aristote, attribue l'introduc-
(') Revoir, pour l'ensemble, la bande zodiacale inférieure de notre Planisphère céleste, Astronomie populaire, p. 700, en attendant notre grande carte générale, qui ne pourra être publiée qu'après ce Supplément.
tion de la zone zodiacale dans la sphère grecque à Œnopide de Chic, contemporain d'Anaxagore. C'est seulement vers le sixième siècle avant notre ère que notre zodiaque a reçu les noms qui nous ont été
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Sagittaritis ■ c ?
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tiirgo.
/ KapiicouvttM»
f ig. 299. — Ua zodiaque de l'an 1489.
conservés; encore la Balance n'a-t-elle été détachée du Scorpion qu'au troisième siècle avant notre ère.
Sans doute, le lever matinal ou crépusculaire de certaines étoiles ou de certains groupes remarquables situés vers l'écliptique avait frappé les observateurs, et nous avons vu, notamment, que les Pléiades ont joué le principal rôle dans l'établissement des premiers calendriers." Il y a bien des milliers d'années que le chemin zodiacal *est