‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 196 sur 399 · L'AIGLE · texte numérisé non relu

L'AIGLE

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/LE SAGiTTAiRE

Fig. 28C. — Étoil.'S principales de la constelUilion du Caprioorna.

étonnante, bien extraordinaire; mais comment ne pas l'admettre en présence du nombre et de la concordance des observations?

46 c s'est élevée de la 6" grandeur à 4 |, sous les yeux d'Argelander. Regardez à gauche de 6 : il y a là une petite étoile qui est tantôt visible à l'œil nu et tantôt invisible. Elle n'a été observée ni par Piazzi, ni par Lalande.

ÉTOILES PRINCIPALES DE LA CONSTELLATION DU CAPRICORNE DEUX MILLE ANS D'OBSERVATION.

ÉTOILES

néb.

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ij

Tycho-Brahé a qualifié de nébuleuses les étoiles |, 0, tt, a, et il a été suivi en cela par plusieurs astronomes. Cette qualification peut provenir soit d'un aspect nébuleux de l'étoile elle-même, soit de l'impression produite sur la rétine par une étoile très voisine se confondant avec la première. Cette dernière explication peut encore s'appliquer aujourd'hui à l'étoile l, attendu qu'elle est accompagnée à 14' d'une étoile de 6" gr. | qui se confond avec elle et qui a pu autrefois être un peu plus brillante et perceptible à l'œil nu. Mais les trois autres ne sont pas dans le même cas. 0 est double ; mais son compagnon, de 7" .grandeur, la touche presque, à 22". tt est double aussi; mais son compagnon n'est que de 10° grandeur, et presque en contact : 3". a n'a aucune étoile dans son voisinage. Le ciel a encore subi là quelque ■ changement.

Au-dessous de o-, on trouve l'étoile FI. 4, de sixième grandeur : tout près de cette étoile, un peu au-dessus, une jumelle en montrera une un peu plus petite, qui jette des feux d'un rouge rubis. C'est l'une des plus curieuses du ciel comme constitution chimique. Son spectre appartient à la classe si rare du quatrième type, comme celui de l'étoile ide la Vierge, de fx Céphée, et des étoiles rouges en général. Intéressante à suivre, car elle paraît varier de 6 à 8.

Les variables connues, périodiques ou irrégulières, de cette constellation, ne peuvent être trouvées qu'à l'aide d'un grand atlas et suivies qu'à l'aide d'instruments relativement supérieurs :

R varie de 9 à 14 en un an environ

S - 7 à 8^ en un temps indéterminé

T — 9 à 14 en 274 jours

U — 10^ à 14 en 450 jours

Ce sont là des observations spéciales.

Dans les belles soirées de septembre et octobre, dirigez une jumelle sur a : vous la dédoublerez facilement. La distance des deux composantes de ce système est actuellement de 376'', comme nous l'avons dit. Estce là un véritable système physique? Les deux astres, de 3* et 4" grandeur, sont-ils emportés par un mouvement propre commun à travers l'espace, en restant fixes l'un par rapport à l'autre, comme tant de couples que nous avons rencontrés dans notre voyage si- ^ déral ? Non . La comparaison ^''^- ""'■ " "^'"""^ " '" "^""'""'"^ ™" ''""^ "°^ ^■"'"^"^■ de toutes les mesures prises montre que les deux étoiles s'éloignent lentement l'une de l'autre, avec une vitesse d'environ 1" par siècle.

Ce mouvement nous donne la clef de l'énigme posée tout à l'heure par le silence des anciens à propos de la duplicité de cette étoile. Du temps d'Hipparque, ces deux astres étaient, en effet, de 2' 20" plus rapprochés que de nos jours, et leur distance angulaire ne surpassait guère 4 minutes. Il n'est donc pas étonnant que les anciens astronomes ne se soient pas doutés qu'ils avaient sous les yeux une étoile double. Nous nous trouvons ici dans un cas encore différent de celui

Fig. 288.

• Séparation lente des deux étoiles a' et a' du Capricorne.

de 61 Vierge, qui était double il y a deux mille ans et qui ne l'est plus aujourd'hui, parce que l'une des deux a abandonné sa sœur primitive. Dans le cas de a du Capricorne, c'est parce que les deux étoiles

étaient trop serrées qu'on ue les a pas séparées. Depuis le xvii" siècle, les vues excellentes les séparent; dans quelques siècles elles seront devenues accessibles aux vues ordinaires.

Une forte lunette montre une petite étoile de 12' grandeur à 7" de a'. Celle-ci est elle-même une double très serrée. On voit deux autres compagnons lointains.

Dirigez aussi une petite lunette vers (3. Double écartée :

3' et 7% à 205", jaune orange et bleu ciel. Une troisième étoile, de 8' à 9" grandeur, forme avec elles un assez joli triangle.

L'étoile e', de 5|, se montre accompagnée à 3' d'une petite voisine de septième grandeur.

L'étoile p, de cinquième grandeur, est accompagnée à 4' d'une étoile de 7'|; de plus, elle est double elle-même, assez serrée • le compagnon, de 9" grandeur, est à 3", 8.

ff : 5 |et 10% à 54" ; jaune orangé et lilas ; couple facile. 6'' et 7% à 22"; bleuâtres ; observation agréable. 5| et 8°, à 3", 4 ; couple délicat. Ces trois étoiles étaient, comme nous l'avons vu, qualifiées de nébuleuses par les astronomes du xvii' siècle.

Au-dessous du groupe formé dans la queue du Capricorne par les étoiles â, y, x et £, on peut voir une étoile de sixième grandeur assez brillante : c'est 41. Pointez une lunette à l'ouest de cette étoile et vous admirerez un bel amas (M. 30), découvert Fig. 280. -Lanéb. M. 30, Capricorne, en 1764 par Mcssier qui l'inscrivit comme nébuleuse, et résolu en étoiles par William Ilerschel en 1783. Cet univers lointain paraît isolé au milieu d'un immense désert, comme

it :

Fig. 290. — Dernières oonsteUaiions zodiacales. — Le Capricorne. — Le Verseau.

il arrive assez souvent; du reste, cette contrée de l'espace est singulièrement pauvre en étoiles.

On trouvera un autre amas, non moins remarquable, entre les étoiles V du Verseau et p du Capricorne, à peu près sur le prolongement d'une ligne qui partirait de l'étoile 3 du Verseau, de quatrième grandeur, et passerait entre s et fx. Il y a là une petite étoile de sixième grandeur (P. XX, 325): la nébuleuse la suit à un demi-degré environ. C'estM.72. Elleaété découverte par Messier en 1780, et résolue trois ans plus tard par le télescope d'Herschel. Son diamètre est de près de 2'.

La constellation du Verseau empiète si complètement sur celle du Capricorne, qu'elle s'étend presque au nord sur toute sa longueur, et qu'il serait impossible de faire une complète connaissance avec l'une sans entrer également en relation avec l'autre. Nous avons dû, sur notre fig. 286, qui renferme le Capricorne tout entier, donner en même temps la partie occidentale du Verseau. L'étude de cette région du ciel est ainsi rendue beaucoup plus facile.

Il y a dans le Verseau un grand nombre de petites étoiles de cinquième grandeur qui, sans être alignées régulièrement, tracent néanmoins une espèce de courant qui peut donner très naturellement l'idée d'un courant d'eau, comme la disposition des étoiles des Poissons a donné l'idée de deux poissons réunis par un ruban.

Ce courant d'eau commence au nord, vers un groupe de quatre étoiles qui a servi à dessiner une urne qui verse l'eau ; il finit au sud vers une brillante étoile de 1" gi'andeur qui a servi à dessiner un poisson dont la bouche grande ouverte semble avaler ledit courant d'eau. Assurément, tout cela est d'une invention assez naïve; mais il faut se reporter au temps où des imaginations primitives aimaient peupler le ciel d'idées et de faits terrestres : ce vaste ciel devenait moins vide, moins muet, moins froid, moins silencieux. La vie réelle qui remplit de ses accords l'universelle harmonie n'était ni devinée ni pressentie. La grande doctrine de la pluralité des mondes habités, de la vie universelle et éternelle, ne devait s'établir que plus tard, comme complément positif et naturel des progrès de la science; nous nous sentons étrangers à tous ces mondes où règne une solitude apparente et qui ne peuvent faire naître en nos âmes l'impression immédiate par laquelle la vie nous rattache à la Terre ; nos pères ont peuplé comme dans un rêve ces vastes solitudes, et la naïveté même de leurs créations nous séduit en nous faisant revivre un instant en ces époques primitives où les villes, les codes humains, les temples de pierre, les

formes superficielles n'avaient pas encore recouvert de leur écorce les premiers sentiments de l'homme dans la nature. C'est dans ces sentiments, dans ces impressions mêmes, qu'il faut chercher l'origine de ces antiques figures de la sphère, et non dans l'organisation logique et scientifique du zodiaque, qui n'est venue aussi que plus tard. Ce n'est point dans le but de symboliser des inondations qu'on a mis là un homme versant de l'eau et un poisson qui la boit mais seulement à cause de ce vague courant d'étoiles qui en a donné l'idée. Nous devons penser que les auteurs de ces figures n'habitaient point les plateaux de l'intérieur des continents, mais qu'ils vivaient sur les rivages de la mer, la vie nautique entrant pour une part sensible dans leur existence, car l'élément aquatique domine ici dans toutes ces images : le Verseau, le Poisson austral, la Baleine, les Poissons. Cette simplicité n'est pas sans charmes. Considérez un instant notre fîg. 290: les additions faites par les modernes ne sont vraiment pas heureuses et jurent singulièrement avec l'aspect primitif : un microscope sous les pieds du Capricorne ; un aérostat sous le ventre du même animal; un chevalet de sculpteur sur la tête du poisson ! La simplicité antique a disparu.

L'aérostat, dessiné par Lalande en 1798, en souvenir de ses propres ascensions, est encore la constellation moderne la mieux inspirée, car un ballon va de lui-même se placer tout naturellement dans le ciel. Pour ma part, j'aime voir cet aérostat sur cette figure, et je garderai toute ma vie le plus sympathique souvenir de ce globe céleste qui déjà m'a emporté douze fois dans les plaines azurées, et qui dans ces divers voyages aériens, accomplis de nuit comme de jour, m'a causé des impressions à nulle autre pareilles. Mais il faut quelquefois savoir réprimer ses sympathies personnelles, et l'aéronaute s'éclipse devant l'astronome lorsqu'il s'agit de mettre de la clarté dans la description des étoiles, de simplifier l'étude du ciel et d'en rendre la connaissance aussi générale que possible. Je suis donc absolument d'avis d'effacer ce dessin et délaisser le Capricorne, le Verseau et le Poisson austral reprendre leurs antiques et classiques frontières.

Cette belle étoile du Poisson austral, nommée Fomalhaut (de l'Arabe fom-al-hùt «. la bouche du poisson »), est l'étoile de première grandeur la plus australe que nous puissions admirer de nos latitudes : elle marque le 30" degré de déclinaison. Nous ne pouvons la voir qu'en septembre vers 11 heures, en octobre vers 9 heures, en novembre vers 7 heures, et comme c'est aussi là la saison du Verseau, nous pouvons nous servir de cette brillante étoile australe et du carré de Pégase pour trouver les principales étoiles du Verseau.

Tournez-vous vers le sud, prenez en main le tracé ci-dessous, ^g. 291, et faites descendre une ligne idéale des deux étoiles de droite, |3 et a,

du carré de Pégase : avant

ta—

Carre de Tégajse

Poissons

' A Verseau

ce

^ d'atteindre l'horizon, cette

j P ligne rencontrera Fomal-

i haut. Sur son chemin vous

trouverez d'abord un petit triangle appartenant à Pégase; puis 7 et /3 des Poissons ; puis (j>, y et trois <^ du Verseau. A droite de ce groupe vous remarquerez >., de A" grandeur, puis' en descendant, t, de 4' ; <J, de 3° et c2 de 4'. Entre a de Pégase et ip du Verseau, il est facile de trouver, à l'ouest, les étoiles », K, y, ir, puis a.

Cette constellation s'appelait chez les Grecs Hydrochos , chez les Latins Aquarius, chez les Arabes Sâkib al-mâ, ce qui, dans toutes ces langues, signifie un homme qui verse de l'eau. Les Arabes appelaient aussi le groupe formé par a et 0 Sadalmalick « le bonheur du royaume », et 'omdliaut: le groupe formé par p, ? a les

événements heureux» ; c'é-

Fig. m. - Alignement pour trouver le Verseau. talent là deS étoileS de bon

augure : elles se levaient au temps où le froid finit et où la fécondité commence.

Les deux étoiles principales, « et p, que l'on trouvera au sud de la tête de Pégase et du Petit Cheval, sont de deuxième grandeur et demie, presque de troisième, et de nuance rougeàtre; la plus brillante ensuite est(î, au sud-est de «: elle est de troisième grandeur; viennent ensuite "C et X. 7 a dû diminuer d'éclat depuis la classification de Bayer,

car la position de cette étoile n'est pour rien dans le rang qu'il lui a donné.

X, dans l'urne du Verseau, au sud des trois étoiles y, Ç, n, a augmenté d'éclat entre l'époque de Ptolémée et celle de Tycho-Brahé.

ng. 7^z. — Principales étoiles ae la constellation au Verseau.

En effet, Ptolémée passe absolument cette étoile sous silence. Voici sa description de cette région :

Longitude Latitude

9 L'étoile qui est dans le coude droit 3' 9" 30' -t- 8"ib' y

10 La boréale des trois qui font la main droite. 3« 11.40 +10.45 n

11 L'occidentale des deux autres 3" 12. 0 + 9. 0 c

12 L'orientale 3« 13.20 + 8.30 ri

23 A la sortie de l'eau, hors de la main 4« 15. 0 -h 2. 0 '?

24 Près de celle-ci, au midi 4= 14.50 ■+■ 0.10 X

25 Plus loin, après la courbure 4" 17.40 — 1.10 h

La 23' manque au ciel aujourd'hui. La position de Ptolémée seraitelle erronée ? Proviendrait-elle d'une observation inexacte de l'étoile y. qui est dans ce voisinage et qui est absente de la description de l'astronome alexandrin ? L'hypothèse n'a rien que de très plausible. Voyons ce que dit Sûfi dans sa révision de VAlmageste.

« La 23e est îa première étoile à l'embouchure de l'eau, au-dessous des quatre de la main droite ( les 9% 10% IP et 12' ). Entre elle et la 12' (vi), il y a plus de quatre coudées. Elle est de la quatrième grandeur. Entre la 12° et la 23% il y a une étoile dont Ptolémée n'a pas parlé.

1) La 24" (X) suit la 23% un peu vers le sud, et est des petites de la quatrième grandeur; entre ces deux il y a plus d'une coudée. La 25" {h) suit la 24° à plus d'une coudée vers le nord-est. »

D'après cette description, l'étoile x, qui se trouve précisément entre VI et la position de l'étoile disparue, aurait existé au ciel en même temps que celle-ci. La coudée arabe représentait environ 2°; quatre coudées représentent donc environ 8 degrés, et comme y. n'est qu'à quatre degrés de vi, il serait d'autre part impossible de lui appliquer la position de l'étoile disparue. D'ailleurs Sûfi a bien réellement observé le ciel de ses propres yeux ; nul ne le conteste. Donc la 23° étoile des catalogues anciens a bien réellement disparu du ciel.

Notre fiçi. 293 met en comparaison les quatre plus anciennes re-

ij- iP 4nV IV ir n' iry g' 3<j-ayafr37'3g'3y3j' as'a

tfo'/g' tir ITiC iff'iA' «• fa'

Fig. 2D3. — Changement arrivé dans le Verseau.

présentations de cette contrée avec l'état actuel. Ptolémée et Sùfi s'accordent pour la position de l'étoile "inconnue ; le dernier mentionne l'existence de /., sans en donner la position. Ulugh Beigh signale aunord-est de l une étoile qui doit être P. XXII, 250, à moins que ce ne soit une transcription erronée de l'étoile h, ce qui pourrait être, attendu que Sûfi signale cette étoile comme se trouvant au nord-est, au lieu du sud-est. Il pourrait bien se faire que cette étoile ( P. XXII, $50) fût variable, car, quoiqu'elle soit actuellement visible à l'œil nu, Piazzi ne l'a notée que de septième grandeur. — Les catalogues identifient par erreur l'étoile d'Ulugh Beigh à FI. 78.

ÉTOILES PRINCIPALES DE LA CONSTELLATION DU VERSEAU DEUX MILLE ANS D'OBSERVATION.

Étoiles — 127

ôi

71 ir' 4

46090 LaLO

Fomalhaut. 1

Pour eu revenir àx, Tycho-Brahé est le premier qui donne sa position, en la marquant de quatrième grandeur. Sa variabilité est prouvée non-seulement par son invisibilité ancienne, mais encore par les divergences modernes : elle est actuellement de 5° ; Héveliusl'a estimée de 5 3/4 ; Piazzi de 6«.

L'étoile V paraît varier sur une échelle plus vaste encore. Ptolémée l'a notée de troisième grandeur. Sùfi l'a faite de cinquième dans sa description, et de sixième dans son catalogue (il y a eu une confusion ici entre cette étoile et FI. 7 ; mais comme il n'y a pas là d'autre étoile brillante, il est à peu près certain que c'est de l'étoile v qu'il s'agit). Argelander et Heis l'ont estimée de 4 1.

Ptolémée a également noté w de troisième grandeur : elle a varié, car Sûfi remarque qu'elle esta des brillantes de la quatrième », et aujourd'hui elle n'est plus que de cinquième.

T, de quatrième grandeur, laisse briller à côté d'elle, au nord-ouest, une étoile de sixième, que les anciens n'ont pas remarquée, quoiqu'on l'aperçoive bien et que sa distance soit de 40'. Flamsteed est le premier qui l'ait observée, et il a noté la seconde étoile par ordre d'ascension droite (celle qui est actuellement la plus brillante), comme plus petite que la première. Mayer les a vues égales. Depuis cette époque, la seconde est plus brillante que la première, avec deux grandeurs de différence ! Elle est d'une belle couleur orangée.

On remarquera encore d'autres variations en comparant attentivement les nombres du tableau qui précède. Plusieurs valeurs, dues aux observateurs de l'hémisphère boréal, sont inférieures à la réalité, à cause de l'éloignement austral de ces constellations ; cependant A' est parfois visible à l'œil nu et parfois invisible ; A* paraît avoir varié tout récemment de 4 à 5; fa' de 5 à 4; c*, de 5| à4|; c^ de 4 | à 3|; h a été notée de quatrième par Ptolémée et de 4 1 par Sùfi, comme nous l'avons vu tout à l'heure, tandis qu'elle n'a été vue que de sixième et de cinquième et demie par leurs successeurs. Ce sont là autant de variations plus ou moins probables.

Au-dessus d'une ligne droite fort remarquable tracée par les étoiles A', i', i*, i^, et au-dessous de co^, on pourra chercher une étoile rouge variable assez curieuse. Sa lumière varie de la 6° à la 11° grandeur dans la période de 388 jours. Quelquefois, à l'époque de son maximum, elle n'arrive qu'à la septième. Son dernier maximum a eu lieu le 9 novembre 1880, et son prochain, aura lieu le 2 décembre 1881. C'est la variable R du Verseau. Une voisine, de 6% peut servir de point de wmparaison.

Une autre variable, T, pourra être cherchée, à l'aide d'une lunette,

tout près de l'étoile FI. 3, au sud-est : elle varie de 6,8 à 12,8 en 203 jours. Ses prochains maxima auront lieu les 13 mai et 2 décembre 1881.

Une troisième. S, varie de 8 à 13 en 280 jours, mais son observation est d'une grande difficulté.

Plus facile à trouver est l'étoile 46090 Lalande, cà peu près sur le prolongement de (J>',(]/'^,<j/', à l'ouest. Cette étoile paraît varier de 5|à8, et la durée de sa période est encore à déterminer. Elle était invisible à l'œil nu en 1878 (Schmidt), quoique Heis et Argelander l'aient vue sans difficulté et estimée de sixième grandeur. Piazzi ne l'a pas observée; mais Lalande l'a vue de 6" |. Intéressante à suivre.

C'est dans cette constellation, à l'est de^, que Tobie Mayer observa Uranus le 26 septembre 1756, sans se douter qu'il avait sous les yeux un monde de notre système, dont la découverte devait immortaliser vingt-cinq ans plus tard le nom de William Herschel. C'est le grossissement du disque qui attira l'attention d'Herschel sur cet objet céleste, grossissement dû à la puissance du télescope qu'il avait construit de ses propres mains. Mais, à défaut du grossissement, la découverte aurait pu être faite beaucoup plus tôt, si l'on avait suivi le mouvement de cet astre. Ainsi, par exemple, à l'Observatoire de Paris, Lemonnier l'a observé quatre fois en 1750, deux fois en 1768, six fois en 1769 et 1771. Si cet astronome avait transcrit régulièrement ses propres observations, il eût, par cette seule comparaison, enlevé à Herschel la gloire de sa découverte. On ne peut pourtant s'empêcher de remarquer d'autre part que si certains astronomes manquent parfois d'ardeur ou d'imagination, il en est d'autres qui en ont un peu trop. Ainsi, dans cette même constellation du Verseau, le père capucin Antonio de Rheita, dont nous avons rencontré plus haut « le Voile de sainte Véronique », a cru reconnaître cinq satellites à Jupiter et compléter la découverte de Galilée, parce qu'un beau soir il avait observé la planète passant devant les petites étoiles situées près de y du Verseau. Il fit hommage de sa découverte au pape Urbain VIII, le condamnateur de Galilée, et, pour en rappeler le souvenir, il baptisa le nouveau cortège de Jupiter du titre d'astres urbanoctaviens )(Urbanus Octavus).Mais son pseudo-satellite ne vécut pas longtemps, tandis que ceux de Galilée tournent toujours (').

(') A la fin du siècle dernier, un astronome quelque peu célèbre aurait cru manquer à ses devoirs de colonisateur céleste s'il n'avait pas surrhargé la sphère d'une nouvelle constellation, et c'est à cette mode que nous devons ces figures sans goût et plus embarrassantes qu'utiles qui, telles que le Fourneau chimique, le Chevalet du

Nous avons déjà remarqué tout à l'heure le couple très écarté (4(y) formé par l'étoile orangée 71 z"^ et l'étoile jaune 69 t'. .Celle-ci est double elle-même: 6' et 9% à 28".

A' n'est séparée de A' que par 13'; distance un peu supérieure à celle de Mizar à Alcor.

L'étoile 83 h, de cinquième grandeur, forme un couple écarté à 4' avec une voisine de septième grandeur et demie.

ij/' forme un couple, élégant et très facile à reconnaître, avec son compagnon de neuvième grandeur : jaune topaze et bleu ciel; à 50". Système fixe. Mouvement propre commun aux deux étoiles. (On peut remarquer que, dans cette région, A, t, y, x, V^ '^^, A', et b^ sont rougeâtres.)

94: 5' I et 7" |, à 14"; rose et bleu clair; beau système; mouvement propre commun.

53 f: 6'= 6% à 8"; système physique, comme les deux qui précèdent. Le mouvement relatif des deux composantes n'est pas encore bien accusé.

107 i'' : 5° I et 7' |, à 5",6 ; blanche et pourpre; système en mouvement très lent.

41 : 6° et 8°|, à 4" 8; jaune topaze et bleu ciel, couple charmant.

Une étoile de septième grandeur, brillant dans le voisinage , en rehausse encore l'intérêt.

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