‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 203 sur 399 · L'ERIDAN · texte numérisé non relu

L'ERIDAN

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Fig. 305. — Étoiles principales de la constellation d'Orlon.

En outre des étoiles caractéristiques de la figure du Géant, Oii remarque, à droite ou à l'ouest, une file de six étoiles de quatrième

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grandeur qui portent toutes la lettre tt, numérotée de 1 à C à partir du haut ou du nord ; c'est cette file d'étoiles qui dessine la toison tenue par la main gauche du Chasseur. Ces six étoiles toutefois ne sont pas égales, et plusieurs varient môme assez notablement; t.* a paru de 3° grandeur en 1871 et de 4° en 1874 (Lalande l'a même notée de 5% le 3 décembre 1793); tc' est inscrite de 3° dans Ptolémée, de 4° dans Sùfl, et nous la voyons actuellement de 5"; tc*, actuellement de 3,7, a été notée de 5" par Hévélius et de 6° par Flamsteed ; tu' est marquée de 3' chez les anciens, de 4° au moyen âge, de 5" | par Piazzi. L'astronome persan Sùfi compte neuf étoiles se suivant en ligne courbe ; ce sont, à partir du nord : 15 — 11 — o* — tc* à tt^ ; il les voit toutes de quatrième, excepté t:^, -k* et t^ qu'il note de troisième et demie. Il est certain qu'à cette époque o' n'égalait pas o*, comme au temps de Tycho, Bayer, etc. Les catalogues modernes de I tolémée assimilent sa 19° à 9; c'est une erreur : cette étoile est o*.

Étudions maintenant successivement chacune des belles étoiles d'Orion. Et d'abord arrêtons-nous sur « ou Bételgeuse.

A l'époque de Bayer, l'étoile « était plus brillante que (3. De nos jours c'est celle-ci qui a la palme. Actuellement, (3 est fort supérieure à a. J'ai sous les yeux une centaine de comparaisons des étoiles d'Orion que j'ai faites depuis 1871, et je n'y trouve qu'une seule date à laquelle Bételgeuse ait égalé Rigel : c'est au commencement d'avril 1876, notamment le 5 et le 8. Le 5, la note suivante est consignée : « Bételgeuse est rouge, plus grosse que Rigel; celle-ci est d'un blanc pur; 8 heures du soir, clair de lune. » Il y a eu certainement à cette époque une recrudescence d'éclat. En décembre 1875 et janvier 1876, j'ai toujours noté Bételgeuse égale à Aldébaran (1 ,4) ; mais, en mars 1 876, la première surpassait la seconde de deux et trois dixièmes. C'est Sir John I^erschel le premier qui, en 1836, signala la variabilité de Bételgeuse : on lui avait attribué une période de 196 jours; mais il me semble bien qu'il n'y a pas de période du tout. Son éclat tombe parfois à 1,6.

Cette étoile Bételgeuse est colorée d'un ton jaune orange, comme Aldébaran, comme a d'Hercule. Son spectre est un type superbe du troisième ordre, à colonnes fondamentales. Il ressemble à celui des taches solaires, ce qui pourrait faire penser que ce globe est couvert de taches. Les oxydes de carbone paraissent dominer dans la constitution chimique de ce soleil, arrivé sans doute ta la phase du refroidissement. Les expériences spectrales ont montré que cet astre s'éloigne de nous avec une vitesse évaluée à 35 kilomètres par seconde. Aidé-

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