LES RICHESSES D'ORION : ETOILES ROUGES ET VARIABLES
l'œil nu, lors même qu'elle surpasse la sixième grandeur. Observation intéressante et facile à faire à l'aide d'une jumelle. — On appelle souvent cette étoile cl. Erreur à réparer.
Sont colorées de la môme nuance rougecàtre : o', tc", y^, 51 b, 21 p et 56. Celle-ci varie de 5 à 6; o' était, comme nous l'avons vu tout à l'heure, moins apparente autrefois que de nos jours : son spectre appartient au troisième type. Mais la plus belle de toutes, et l'une des plus extraordinaires du ciel entier, est encore l'étoile R du Lièvre, que l'on sera bien inspiré d'observer pendant que l'attention sera dirigée vers Orion [fig. 305). C'est elle qui est célèbre sous le nom de « Crimson star B , et c'est avec justesse qu'on l'a comparée à une goutte de sang jetée sur le fond noir du ciel. Nous y reviendrons en décrivant la petite constellation à laquelle elle appartient. Elle varie de 6 1 à 9.
Dans les parages d'Orion se trouve aussi une autre variable curieuse, S de la Licorne, qui varie de 4,9 à 5,5. Mais ne nous attardons pas, les richesses de notre constellation géante nous réclament. En voici de nouvelles encore.
Il y a au-dessus d'Orion un petit groupe d'étoiles assez curieux, enclavé dans la constellation du Taureau par les incohérences de la géographie céleste, mais qui se trouve juste sur une ligne menée de// /' Orion à 15, 11 de la même constellation. Remarquez dans ce groupe l'étoile 119, de cinquième grandeur et demie. Tout près d'elle, 20' à l'est, gît l'étoile 120, estimée de 7' par Flamsteed, de 6° par Piazzi, de 7= par Lalande (10409). Elle est absente des catalogues de Argelander et Heis (celle qui porte ce numéro dans celui-ci n'est pas 120). Or Piazzi a mis en note à cette étoile : « Praecedit alla rubei coloris ». Celte étoile rouge qui précède 120 est intéressante à chercher, car elle paraît varier.
Au milieu de ce même groupe, remarquer l'étoile 730 du catalogue de William Struve : double; les deux composantes de 6^, à 10".
Près de Rigel, à 1 minute de temps, ou 15 minutes d'arc eu avant (ouest), une forte jumelle montre une petite étoile, trop éclipsée par le rayonnement de ce magnifique soleil, qui a été estimée de grandeurs fort diverses : d'Agelet et Piazzi = 7; Gould = 6,7; Lalande = 6jet 6; Yarnall et Ellery = 5i; Taylor, = 4. Elle est actuellement de sixième.
Au-dessous de i, à 6' au sud, on voit deux petites étoiles :Lal. 10527 et 10529, qui forment une belle étoile double écartée à 36", visible dans la plus petite lunette. Je viens de les observer à l'instant (mars 1881) ; la plus brillante est celle du nord-est, et je les estime, la première (sud-ouest) de 6,3 et la seconde de 5,8. Lalande a noté la première de 8' et la seconde de T. William Struve les a notées 6,5 et 5,6 (c'est le n°747 de son Catalogue). En 1871, les deux réunies faisaient à l'œil nu l'effet d'une étoile de cinquième grandeur et égalaient 1 éclat de c. En ce moment, une jumelle la montre un peu moins brillante que c' c' réunies. Il se passe là de grands changements, et il semble que la première au moins varie considérablement. Couple intéressant à suivre.
iCO