‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 317 sur 399 · MERCURE · texte numérisé non relu

MERCURE

Il ne faut pas espérer trouver facilement Mercure si l'on n'est pas muni d'un équatorial ; car, quoique brillant de l'éclat d'une étoile de première grandeur, lorsqu'il est visible, il l'est très rarement. A l'aide d'un équatorial, on le trouve de jour par sa position calculée; mais il n'est visible à l'œil nu, le soir ou le matin, qu'au.x époques de ses plus grandes élongations. Ces époques reviennent souvent, il est vrai, à cause de la rapidité du mouvement de Mercure autour du Soleil (88 jours), seulement il ne s'écarte jamais à plus de 28 degrés de l'astre radieux, ne retarde ou n'avance jamais de plus de deux heures, et reste éclipsé dans la lumière du crépuscule ou masqué par les vapeurs de l'horizon.

En le cherchant avec soin, on peut pourtant arriver à le découvrir si le ciel est bien pur. Je l'observe, à Paris; deux ou trois fois par an, en moyenne. Les amateurs curieux de le trouver devront examiner

attentivement le ciel occidental, trois quarts d'heure environ après le coucher du soleil, aux époques de ses plus grandes élongatious du soir :

1883 21 janvier; — 14 mai; — 10 septembre.

1884 4 janvier; — 25 avril; — 23 août.

et ainsi de suite, en retranchant 18 jours à chaque date, à un jour près. Ce sont là les milieux des périodes de ses élongations du soir : la visibilité s'étend sur six jours de part et d'autre de ces dates moyennes.

Le seul intérêt de l'observation populaire de Mercure, à part la satisfaction d'une curiosité bien légitime, réside dans la constatation de ses phases, analogues à celles de Vénus, accessibles aux instruments de moyenne puissance, mais assez difficiles à suivre jusqu'au croissant. Aux époques de ses élongations les plus favorables, cette miniature de planète s'offre à nous sous l'aspect d'une demi-lune de 9" de diamètre, comme ou le voit sur cette petite figure dessinée à la même échelle que les précédentes (j mill. = 1").

Nos lecteurs savent qu'en réalité le diamètre de ce petit monde n'est égal qu'aux 38 centièmes de celui de la Terre. C'est la plus petite des huit planètes principales Fg.392.—Aspeet de Mercure, de notre système. — De Mercure comme de Vénus, la Terre «

où nous sommes brille pendant la nuit dans le ciel comme une magnifique étoile de première grandeur. On peut même voir à l'œil nu la Lune à côté, de sorte que nous offrons le spectacle d'une charmante étoile double, planant mystérieusement dans l'infini des cieux.

11 serait superflu de chercher à distinguer les taches géographiques, l'atmosphère et les montagnes de Mercure. L'observation de ses phases est vraiment la seule qui se puisse faire facilement. On peut encore examiner la planète; en de tout autres conditions, sous l'aspect d'un disque noir, lorsqu'elle passe devant le Soleil, et ainsi nous l'avons observée l6 5 novembre 18G8 et le 6 mai 1878. Mais il n'y a plus de passage visible à Paris avant le 10 novembre 1894. Nous en avons un, il est vrai, cette année même, le 7 novembre 1881, seulement il aura lieu de 10'' 25'" du soir à 3'' 47'" du matin, c'est-à-dire pendant la nuit pour nous, et sera par conséquent invisible pour l'Europe. On l'observera des deux Amériques et de nos antipodes.

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