COMMENT ON CALCULE LES ORBITES D'ÉTOILES DOUBLES
double, il faut, lorsque nous avons déterminé son orbite apparente, chercher la position de cette orbite apparente, son inclinaison sur notre rayon visuel, et la relever par la pensée de manière à la connaître de face. Or, comme l'étoile intérieure autour de laquelle nous voyons la seconde étoile effectuer son cours est nécessairement au foyer de l'ellipse réelle, et que le centre d'une figure géométrique ne peut pas changer, quelle que soit l'inclinaison de cette figure, si nous voulons connaître le grand axe et l'excentricité de l'orbite réelle, nous n'avons qu'à tracer un diamètre passant par l'étoile principale et par le centre. Ainsi, le diamètre qui va de l'année 1875 à l'année 1845 sur la fig. 73 représente la projection du grand axe de l'orbite réelle, et la distance qui sépare l'étoile du centre (c) indique son excentricité. La forme de l'orbite réelle est donc par là exactement déterminée, et nous pouvons tracer le plan du système de ce soleil double, comme "--'■'•- nous traçons celui de notre
propre système solaire. C'est ce que j'ai fait {flg. 74). Ce diagramme représente le plan de cette orbite, dessiné à une ■»"-"' petite échelle : on voit qu'elle est moins allongée, moins ex^ centrique, que l'orbite apparente.
Voilà donc devant nous dans r., -, T,, j ,• V,-. ■ „ A , l'espace un système de deux
Fig. 74. — Plan de lorbite réelle du système ^ "^
4 Grande Ourse. SOleils COUJUgués qui toumcnt
l'un autour de l'autre (rigoureusement autour de leur centre commun de gravité) dans la période relativement rapide de soixante ans et sept mois. Ils sont passés en 1875 à leur plus grande proximité; ils y éta'ent déjà passés en 1815, et ils y reviendront en 1936. Chacun de ces deux soleils doit être plus grand, plus volumineux, plus colossal encore que celui qui nous éclaire, car notre soleil transporté à ■ cette distance serait à peine visible à l'œil nu. Peut-être ce système est-il plus éloigné et plus gigantesque encore, car sa parallaxe est insensible et il gît certainement au delà de cent mille milliards de lieues de notre frêle atome terrestre. Quoiqu'ils se touchent et nous paraissent glisser l'un autour de l'autre, comme deux valseurs enlacés dans les liens d'une attraction passagère et charmante, cependant le contact n'est ici qu'une apparence trompeuse, car il y a certainement un abîme de plus de cent millions de lieues entre ces