C LES PLÉIADES DANS L'HISTOIRE
nouis, peut considérer ce groupe d'étoiles qui palpitent dans la nuit comme le plus ancien de tous ceux sur lesquels se soient attachés les regards de nos aïeux. Avant la connaissance de Tannée solaire, les premiers peuples réglaient leur calendrier sur les étoiles, l'année commençait avec le lever matinal des Pléiades au printemps, et l'hiver
de PÉGASE I
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Fig. 195. — Alignements pour trouver les Pléiades et Aldôbaran.
Avec leur lever du soir en automne; l'année était partagée en deux parties, et leur réapparition en novembre était saluée par la fête des morts, que nous avons conservée dans « la Toussaint » . Les anciens Eg3^ptiens donnaient au mois de novembre le nom d'Ai/ia7'-aye,(( mois des Pléiades » ou d'Af/ior, et il en était de même chez les Chaldéens et les Hébreux. On trouve la même division de l'année chez les sauvages de la Pol^^nésie, une moitié de Tannée est appelée Matarii i nia. « les Pléiades dessus », et l'autre moitié Matarii i raro « les Pléiades dessous». Les Australiens fêtent delà même façon en novembre les Mormodellick, ou pléiades. On trouve la même coutume au Pérou et au Mexique. La grande Pyramide de Gizeh, qui est exactement orientée aux quatre points cardinaux, et dont la destination primitive a dû être de servir d'observatoire, a deux galeries creusées obliquement dans son massif : Tune au nord, pointant vers l'étoile polaire (a du Dragon il y a quatre mille ans), l'autre au sud, pointant précisément à la hauteur des Pléiades, dont le passage au méridien à minuit marquait alors le commencement de Tannée. Chez les anciens Grecs, Hésiode fixe les travaux des champs sur les Pléiades, et chez les anciens Latins, elles s'appelaient encore Vergilise, astres du printemps. On se préoccupait surtout alors de leur lever matinal. L'équinoxe de printemps, qui passe aujourd'hui près de l'étoile a d'Andromède, passait par les Pléiades il y a quatre mille ans. Les annales de l'astronomie chinoise nous ont conservé une observation de ce groupe d'étoiles, faite Tan ?.357 avant notre ère et marquant l'équinoxe, ce qui correspond au
LES PLEIADES DANS L'IIISTOIIIL
calcul rétrospectif que nous pouvons faire, aujourd'hui que nous connaissons les effets de la précession. Vers l'an 570 avant notre ère, Anaximandre fixa leur coucher matinal au vingt-neuvième jour après l'équinoxe d'automne. Il y a trente siècles, les navigateurs attendaient l'époque de leur lever printanier pour se mettre en route, ce qui r conduit les étymologistes à conclure que leur nom dérive de plein, naviguer. C'est ce que pensaient Lalande, Arago, etc. Il est plus probable qu'il dérive simplement de pléias, pluralité.
Ce groupe célèbre se compose surtout de six étoiles visibles à l'œil nu. Il paraît qu'autrefois on en voyait ordinairement sept, car il y en a sept de nommées par les anciens : Taygète, Mérope, Alcyone, Celaeno, Electre, Astérope et Maïa. Ce sont les filles d'Atlas. Aratus les nomme toutes dans son poème, et il en est de même d'Ovide dans le quatrième livre des Fastes. Virgile signale la première dans les Géorgiques (liv. IV, v. 232) : « Deux fois, dit-il, les ruches se remplissent de miel lorsque la pléiade Taygète, élevant son front virginal au-dessus de l'horizon, repousse d'un pied dédaigneux les flots de l'Océan, et lorsque, fuyant les regards du poisson pluvieux, elle se replonge tristement au sein de l'onde glacée. » Et Ovide, dans les Métamorphoses (liv. III, v. 594) : « J'appris à gouverner les navires avec la rame; j'observai l'astre pluvieux de la Chèvre, ainsi que Taygète, les Hyades et l'Ourse. » Les astronomes modernes ont conservé ces noms en y ajoutant ceux d'Atlas et de Pléione, le père et la mère de ces Atlantides ; on a nommé la plus brillante Alcyone. Aujourd'hui on n'en voit que six. Avec beaucoup d'attention, et si le ciel est très pur, on en distingue une septième, mais elle n'est pas dans le groupe et elle n'a pas de nom : elle git à une assez grande distance au sud d'Atlas. Cette étoile se voit mieux actuellement (septembre 1880) que Celseno, Pléione et Astérope, qui font partie du groupe. Ovide déclare qu'on en connaît sept, mais qu'on n'en voit que six, et que la septième s'est enfuie à l'époque de la guerre de Troie : serait-ce celle-là, dont l'éloignement et la faiblesse auraient donné naissance à cette fable? Des vues plus puissantes encore en comptent dix, et les vues les plus perçantes parviennent à en découvrir quatorze. La première lunette de Galilée en a montré une quarantaine. A l'Observatoire de Paris, Jeaurat a construit au siècle dernier une carte comprenant cent trois étoiles, et M. Wolf en a construit une nouvelle en ces dernières années, qui n'en contient pas moins de 6*25. En réalité il y en a des milliers
Nos paysans appellent cet amas la Poule et ses Poussins ou la Pous-