‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 124 sur 411 · VARIATIONS OUSKRVÉES DANS LE TAUREAU 2SS · texte numérisé non relu

VARIATIONS OUSKRVÉES DANS LE TAUREAU 2SS

variations cVccIat plus ou moins certaines. Ainsi, y paraît avoir diminué d'une grandeur : elle est très pâle aujourd'hui, ô'^ (sous <î') est mainnant toute petite (6*) ; or, Flamsteed l'a notée égale à 5, de 4% et Piazzi de 4"!; la différence est trop grande pour être attribuée à des erreurs d'estimation. 6' offre des ffuctuations de la 3" à la 5°. Lorsque deux étoiles voisines ne produisent qu'une seule impression sur la rétine, l'estimation de l'éclat est naturellement un peu surfaite, mais pourtant moins qu'on le supposerait, car deux étoiles d'une grandeur quelconque n'en représentent pas une de la grandeur précédente.

L'étoile "k varie régulièrement de 3,4 à 4,2, dans la période rapide de 3 jours 22 heures 52 minutes et 24 secondes. C'est l'une des étoiles périodiques les plus rapides que nous connaissions.

«* était, au temps de Bayer, de môme éclat que c*, d et /", toutes notées alors de cinquième ; elle paraît avoir augmenté d'éclat aux xv' et xvf siècles, tandis que les trois autres avaient diminué de la 4" à la 5^ grandeur. Ces trois étoiles sont toutefois revenues à la 4*. Devons-nous conclure à une oscillation réelle ou à un manque de précision dans les observations? La variation de l'étoile i peut être considérée comme plus certaine, car elle est tombée insensiblement du quatrième au sixième ordre. Il en est de même de l'étoile s (*).

L'étoile 40, notée de 7" grandeur en 1700 et de 6"! en 1800, est aujourd'hui de 5* | au moins.

L'étoile 41, aujourd'hui plus brillante que ^l^» a augmenté d'éclat depuis l'époque de Bayer. Elle n'est pas inscrite du tout sur son atlas, et si elle avait eu l'éclat actuel, c'est elle qui aurait reçu cette lettre (comme il arrive aujourd'hui, par erreur, sur plusieurs atlas; exemple, Heis). La comparaison de la variation de l'éclat relatif de ces deux étoiles est assez curieuse : depuis l'année 1800, ^p est descendue de la 5" à la 6' grandeur, tandis que sa voisine s'élevait de la 6* à la 5^

L'étoile 47, près de /ix, paraît avoir augmenté d'éclat, caries anciens n'en font aucune mention, quoiqu'elle soit parfaitement visible. Il en est de même de l'étoile P. iv, 246, non observée par les anciens, de e^grandeurl dans Piazzi, de 6* dans Argelander, et de 5' aujourd'hui. L'étoile P. IV, 99 présente un accroissement analogue.

Remarquons encore que l'étoile 48, près de y et la précédant, esC invisible à l'œil nu depuis 1871 . Flamsteed l'avait déjà notée de septième grandeur; mais elle était de sixième depuis le siècle dernier.

(*) Nous ajoutons à nos tableaux, à partir d'ici, les observations zodiacales faite? par Mayer en 1756, qui viennent fort heureusement s'intercaller à une date qui uouf manquait, entre 1700 et 1800.

ÉTOILES DOUBLES DANS LE TAUREAU

Toutes ces étoiles variables, sur lesquelles nous venons d'appeler l'attention, se signalent particulièrement aux amateurs, qui bien facilement peuvent vérifier à l'œil nu l'état du ciel étoile, noter les éclats relatifs et constater eux-mêmes les variations lentes ou rapides qui peuvent se produire. Rien n'est plus intéressant, du reste, que de s'exercer ainsi, pendant les belles nuits d'automne ou même d'hiver, à reconnaître les étoiles d'une constellation comme celle-là, à estimer les grandeurs et à inscrire les principales par ordre d'éclat, en commençant par la plus brillante. C'est un exercice scientifique, et c'est en même temps un exercice philosophique qui fait vivre nos intelligences au milieu des grands horizons du ciel.

Il y a dans le Taureau, outre a, dont nous avons déjà parlé, cinq variables régulières connues : R, S, T, U, V. Mais ce sont toutes des étoiles télescopiques, qui ne peuvent être suivies qu'à l'aide d'instruments assez puissants.

Les étoiles doubles de cette constellation se font d'abord remarquer, comme nous l'avons vu, par les couples très écartés signalés plus haut, notamment par celui de 0' et G^, perceptible à l'œil nu. Les deux étoiles sont de quatrième grandeur (4,2 et 4,5) et forment un beau couple pour une jumelle. Leur distance est considérable : 337" ou 5' 37", un peu plus grande que celle de s Lyre (207"), mais cependant beaucoup moins que celle de Mizar et Alcor (ir48" ou 708"). Il est certain que ces deux soleils forment un système stellaire, car depuis la première mesure faite par Flamsteed en 1696, la position relative des deux étoiles n'a pas varié du tout (toujours 346° et 337"), quoique l'étoile principale soit animée d'un mouvement propre assez rapide. Comment regarder maintenant ce couple, si facile à reconnaître à l'œil nu, sans songer que ces deux modestes étoiles sont d'énormes soleils qui roulent ensemble dans l'immensité, emportant au sein des profondeurs insondables les destinées confiées à leur puissance ?

Moins brillants, mais non moins intéressants, semontrentles couples de ff* a"^, composé de deux étoiles de cinquième grandeur, écartées à 430"; et dex* y.'^, composé d'une étoile de cinquième grandeur et d'une de sixième, écartées à 340". Observations faciles à faire pour les commençants. Une jumelle suffit. Entre x' et y.', il y a une petite étoile double très serrée.

A l'aide d'une petite lunette, on peut observer t, de quatrième grandeur et demie, dont le compagnon , de huitième grandeur, brille à 62" de distance; ainsi que l'étoile 88 cl, de même éclat, dont le compagnon, un peu plus faible encore, brille à 68".

ALDI'JBARAN

(? est un peu moins facile : 6» et 8"!, ù 5G". x forme lui couple im peu plus serré et fort élégant : 6' et 8", à 19".

39 A^ à l'est de A, au tiers de la distance entre les Pléiades et Aldébaran, est une étoile triple, de sixième grandeur et demie, à peine visible, accompagnée de deux de 9% l'une à i2G", l'autre à 37". Groupe do perspective intéressant; la troisième étoile se rapproche enljo-ne droite de la première.

1 1 1 (près de 1 1 9, au sud de ç) : 6" et 9% à 75" ; mouvement rectiligne de la petite étoile : groupe de perspective.

Nous inscrivons ces observations par ordre de difficulté, et nous

Fip:. 199. — L'étoile triple 39 A' du Taureau.

iMg. 200.

Aldébaran et son compagnon.

compléterons cette liste par x\Idébaran lui-même, qui laisse apercevoir à côté de lui un petit compagnon de onzième grandeur, très difiicile à distinguer , non seulement à cause de son exiguïté, mais aussi à cause de l'éclat fulgurant de cet ardent soleil, qui éclipse tout le ciel environnant. Il faut une bonne lunette pour reconnaître nettement ce petit compagnon. Sa distance est pourtant de 115".

Depuis la première mesure, faite par William Herschel en 1781, cette distance s'est élevée de 95" à 115". L'angle est de 36°, avec uu léger déplacement vers le nord, et ce mouvement s'explique par une ligne droite tirée vers 26", avec une vitesse annuelle d'environ 0", 15.

Il serait naturel d'attribuer ce mouvement relatif de la petite étoile au mouvement propre d'Aldébaran lui-même, qui passerait ainsi Qevant une lointaine étoile, fixe au fond des cieux. C'est ce que les astronomes ont admis jusqu'ici. Mais- en mesurant ce groupe en

288 ALDËBARAN

1877 ('), je n'ai pas trouvé le compagnon juste où il aurait dû être si vraiment son déplacement n'était dû qu'au mouvement propre d'Aldébaran, qui est parfaitement connu aujourd'hui, mais un peu plus à l'est, ou plutôt au sud-est, comme s'il était emporté lui-même dans l'espace par un mouvement particulier. On jugera du fait par l'examen du petit tracé ci-dessous {fig. 201), qui montre la direction et la vitesse du mouvement propre d'Aldébaran, ainsi que la direction et la vitesse du mouvement observé sur le compagnon. Ces mesures sont très difficiles, à cause de la faiblesse de la petite étoile, et nous ne sommes pas absolument sûrs de celles d'Herschel , dont l'appareil

Echelle ./'"-"•= /"

Fig. 2'Jl. — Mouvement observé sur le compagnon d'Aldébaran.

micrométrique était loin d'être aussi parfait que ceux d'aujourd'hui. Autrement, l'angle de 1781, comparé à celui de 1836, aurait suffi pour prouver que le mouvement du compagnon n'est pas parallèle et contraire à celui d'Aldébaran, ce qui devrait être si la petite étoile était absolument fixe et si la grande seule était en mouvement. Mais la mesure de Struve, en 1836, est assurément très précise, et je crois pouvoir affirmer avec la même confiance la précision de la mienne en 1877, car je l'ai précisément recommencée et vérifiée à cause du

(') Voy. mon Catalogue des étoiles doubles en mouvement, comprenant toutef les observations faites sur chaque couple depuis sa découverte, p. "Ib et 161.

Page 1