DATES ANGLE DISTANCE OBSERVATEURS
1719 356" 5"i Bradley, Pound.
1759 327 5 i Bradley, Maskelyne.
1779 303 5 i Chr. Mayer, William Herschel.
1802 281 5 ; William Herschel.
1820 267 5,4 J. Herschel, South.
1830 260 4,6 W. Struve, Dawes, Smyth
1840 254 4,9 . Dawes, O. Struve, Kaiser.
1850 248 5,0 Miidler, Jacob, Fletcher.
1860 243 5,3 Wrottesley, Powell, Secclii.
1S70 238 5,6 DemDowski, Talmage, Duner.
1880 234 5,6 Wilson, Flammarion, Doherck.
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OU 122" parcourus en IGl ans. A ce taux moyen, la révolution entière, de 360% demanderait 474 ans pour s'accomplir. Mais le nK;jvement se ralentit, de sorte que la période est certainement plus longue. Le calcul fondé sur l'analyse de l'orbite conduit au chiffre de mille
ans
Ainsi, nous avons là sous les yeux ^
un système de deux brillants soleils circulant l'un autour de l'autre et n'employant pas moins de mille années pour parcourir leur révolution. Lentement, ce lointain cadran
Stellaire mesure les destinées des Fig. 233 - -Mouvenient observé dans le syslèm* 1 . • 1 1 'I 1 de Castor.
peuples mconnus qui habitent en
ces régions célestes. L'étoile secondaire s'éloigne insensiblement du point de son orbite où nous la voyons en ce moment, et elle n'y reviendra que dans dix siècles ; mais déjà elle est passée là il y a dix siècles, au temps où Jean Scot Erigène infiltrait ses singulières doctrines druidiques et bouddhistes au sein même de la théologie chrétienne, où les derniers monarques carlovingiens assistaient à l'écroulement de l'édifice de Charlemagne, et où trois rois rivaux se faisaient sacrer parles ministres d'une même religion pour démembrer la France chacun à son profit. Si cette étoile double voit de làhaut l'état de notre petite planète, elle doit remarquer qu'en chacune de ses années (qui en valent mille des nôtres) il y a ici-bas d'étranges transformations dans la matière et dans l'esprit. Que verra-t-elle dans mille années?... Sans doute les habitants de la Terre en communication avec leurs voisins du monde de Mars.
Remarquons, en passant, la supériorité de l'étude del'asi-onomie sur celle de la géographie. Combien est-il de lecteurs des "oyages anciens et modernes qui puissent espérer visiter, je ne d:;ai pas Ninive, Thèbes, Memphis ou Carthage, qui n'existent plus, mais l'Afrique centrale comme Livingstone et Stanley, les régions polaires comme Hayes, Hall ou Nordenskiold, ou tout simplement New- York, Constantinople ou Pékin? Les curiosités du ciel sont, au contraire, constamment déployées pour tous les yeux, et chacun de nous jieut, sans dérangement, visiter les merveilles étudiées par tous les astronomes qui nous ont précédés, contempler avec Herschel le système de Castor, voir ce qu'ont vu Galilée dans .Jupiter, Cassini
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dans Saturne, Madler dans la Lune, Secchi dans la nébuleuse d'Orion ; en un mot, nous pouvons voir nous-mêmes tout ce que les explorateurs du ciel ont vu avant nous, et mieux encore.
Comme nous venons de l'apprécier, saluons dans Castor l'un des plus magnifiques systèmes d'étoiles doubles que nous connaissions. Déjà même nous pourrions le qualifier de système triple, attendu que ce couple est accompagné d'une étoile de 9" grandeur 1/2, éloignée
à 73", qui reste fixe à la même position par rapport au couple qu'elle accompagne. Telle l'astronome anglais South l'a mesurée en 1823, telle je l'ai retrouvée dernièrement. Or, si cette étoile ne faisait pas partie du système de Castor, le mouvement propre aurait déjà allongé la distance de plus de 10" depuis 1823. C'est donc là un système ternaire. Il est probable que cette troisième étoile tourne lentement autour des deux premières. Mais quelle ne doit pas être la durée d'une pareille révolution! Si déjà, sur une orbite dont le demigrand axe, ou la distance moyenne entre les deux soleils, paraît mesurer 1", la durée de la révolution est de dix siècles, quel développement ne doit pas prendre une orbite dix fois plus large ? Les lois de Kepler nous ont appris que les carrés des temps sont entre eux comme les cubes des distances : si l'on assimilait l'étoile principale de Castor à notre soleil, et les deux autres à deux planètes lumineuses, on aurait comme première approximation la proportion élémentaire :
1000' 1* T* ~iœ' qui nous donne
T* = 1000*xlO* = 1000 000000; d'où
Fig. 234. — Systèaiie triple d* Castor.
soit plus de trente mille ans ! Liais rien ne prouve qu'il en soit ainsi,
LE SYSTEME DE CASTOR
car il peut se faire que le centre de gravité du système ne soit pas dans l'étoile principale de Castor, mais entre le couple et la petite étoile, ce qui change les conditions d'équilibre et de mouvement. Toutefois, ce n'est pas nous avancer que de considérer la grande année de ce sj^stème stellaire comme étant assurément beaucoup plus longue que toute l'histoire connue de notre humanité, depuis Adam et Eve ou leurs sosies.
Comme nous l'avons dit, ce système va en s'éloignant de nous avec une vitesse évaluée à 45 kilomètres par seconde, 2700 par minute, 162000 par heure, 3888000 par jour, ou 1420 millions de kilomètres, 355 millions de lieues par an, de sorte que ce double soleil doit être de mille milliards de lieues plus éloigné de nous qu'il ne l'était il y a trois mille ans, à l'époque où les Grecs l'adoraient en compagnie de (c son frère voisin » Pollux, qui va, au contraire, en se rapprochant de nous avec une vitesse plus grande encore, et doit être actuellement de quinze cent mille milliards de lieues plus proche de notre planète qu'il ne l'était à la même époque. La différence entre la distance des deux étoiles peut s'élever ainsi à deux trillions cinq cents milliards de lieues pour cetintervalle entre Homère et Hugo. Ce simple fait est bien aussi poétique que ÏOdyssée et que la Légende des siècles. Ne vous semblet-il pas même qu'il esquisse à lui seul, dans sa grandeur, la vraie (( légende des siècles » et la meilleure image de l'odyssée de l'univers?
Pollux est aussi une étoile multiple, mais elle ne l'est que par un effet d'optique, c'est-à-dire qu'il y a derrière elle, dans l'infini, quatre lointains soleils devant lesquels elle passe. Ces faibles étoiles ne sont du reste accessibles qu'aux instruments de grande puissance. La plus proche est de 14^ grandeur et éloignée à 43"; la deuxième est de 11" grandeur, à 175"; la troisième est de 12" grandeur, à 205", et la quatrième est de 10" grandeur, à 229". La deuxième est double. Il n'y a là qu'un groupe de perspective, car ces étoiles restent fixes au fond du ciel, tandis que Pollux brillant glisse devant elles, emporté par son mouvement propre rapide.
Un puissant télescope est nécessaire pour observer ce groupe ; mais une petite lunette dirigée sur y ouvrira sous les yeux de l'observateur un joli champ d'étoiles.
Diriger aussi un instrument de moyenne puissance vers la variable ï3 : on y trouvera trois étoiles rouges assez curieuses par le ton de leur lumière.
ù est une belle étoile double : 3" et 8% à 7", en mouvement orbital très lent.