‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 148 sur 411 · LES ÉTOILES DU CANCER · texte numérisé non relu

LES ÉTOILES DU CANCER

même laissée tout à fait en dehors de la figure, et l'a inscrite, non au Cancer, mais à l'Hydre. Nous ne pouvons donc pas conclure à un changement d'éclat. Toutefois, il est bien possible que « ait diminué au temps de Piazzi.

L'étoile C n'a été rattachée au Cancer qu'au xvi" siècle. Anciennement, elle était inscrite comme externe des Gémeaux, ce qui a induit en erreur plusieurs historiens de l'astronomie, qui n'avaient pas été la chercher là.

Les étoiles m et 0, qui forment avec y et (î le quadrilatère entermant la nébuleuse ont diminué d'éclat. Elles sont descendues de la quatrième grandeur à la cinquième et même à la sixième. Les observations précises de Sùfî, entre autres, ne peuvent laisser aucun doute à l'égard de cette diminution. On a vu l'étoile 8 éclipsée par Jupiter le 3 septembre de l'an 240 avant notre ère.

L'étoile i est de la 4* grandeur, comme autrefois; mais elle parait s'être abaissée à la 5' pendant deux cents ans.

Les étoiles x, v et ir sont mal placées dans les positions de Ptolémée. V est beaucoup trop basse; mais aucune autre étoile ne correspond à sa position, et nous pouvons admettre une erreur de latitude, d'autant plus que Sùfî remarque qu'au lieu de former un triangle avec £ et t, comme l'indiquerait le diagramme construit sur les positions de Ptolémée, elle se trouve à peu près en ligne droite. Quant à ir, que Ptolémée signale de quatrième grandeur, il me semble que Sûfi a observé non pas cette étoile, mais sa voisine 0, qu'il signale aussi de quatrième grandeur : l'une comme Tautre ne sont que de sixième aujourd'hui : il y a eu là certainement aussi un changement d'éclat. Enfin x, placée trop à l'est dans Ptolémée, a été notée de 4* grandeur par ce patriarche de l'astronomie, et de 4* | par Sùfi , expressément. Elle n'est que de cinquième, et même Piazzi l'a notée de 5* 1/2 et Flamsteed de 6M/2. Il est difficile de se refuser à voir encore là quelque fluctuation de lumière.

Remarquons encore que l'étoile 64 a* a augmenté d'éclat de 6 à 5; que l'étoile n° 8 est, au contraire, descendue de 5 à 6, et que les étoiles ! 32 v' et 14 ^ ont diminué de 6 à 7 1/2 pour remonter à 6. — Toute- ( fois, les évaluations de Piazzi sont souvent un peu trop faibles. — La variabilité de 4* est d'autant plus certaine que cette étoile a été vue par Mayer de 4' gr. en 1756, et qu'elle est inscrite au même éclat dans le catalogue d'Armagh. Je l'estime en ce moment (25 déc. 1880) de 5,8.

A l'ouest derj, entre cette étoile et [x, au milieu du quadrilatère formé par les étoiles ^, d', n, X et {x, brille une étoile solitaire, de

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6* grandeur. Le 4 mars 1796, Lalande, en l'observant (c'est le n° 16292 de son Catalogue) a ajouté cette remarque sur son registre : « Étoile singulière. » Pour qoie Lalande, qui a observé tant de milliers d'étoiles, ait fait cette remarque, il faut que cet astre lui ait offert un aspect particulier. Je l'ai souvent examinée, mais sans rien lui trouver d'extraordinaire. On sera bien inspiré de tourner de temps en temps une petite lunette vers cette étoile. (C'est la dernière de notre tableau.)

On connaît dans cette constellation cinq variables périodiques, R, S,T, U, V, qui oscillent, la première de 6,3 à 13 en 359 jours (c'est la seule qui arrive parfois à être perceptible à l'œil nu); la deuxième de 8 à 10,5, dans la période rapide de 9 jours 11 heures 37 minutes A5 secondes (variabilité du type d'Algol) ; la troisième de 8,3 à 9,9 et à 12 en 455 jours; la quatrième de 8,9 à 14 en 300 jours, et la cinquième de 6,8 à 14 en 273 jours. Chaque fois que nous avons à signaler ces étoiles périodiques disséminées dans l'étendue des cieux, nous ne pouvons nous empêcher de songer aux étranges conditions de lumière, de chaleur, de saisons, de climats, qui doivent en résulter pour les systèmes de mondes attachés par leur destinée aux vicissitudes de ces lointains soleils.

Visitons maintenant les étoiles doubles les plus remarquables. A part les couples très écartés signalés par les redoublements de lettres qui nous ont frappés tout à l'heure, et qui sont accessibles aux jumelles ou aux plus petites lunettes terrestres, quelques couples plus rapprochés et plus intéressants méritent notre attention spéciale.

Comme intermédiaire, signalons l'étoile Ô, de 5* grandeur, dont le compagnon, de 9" grandeur, est juste à 1' ou 60" de sa primaire.

L'étoile t, de 4* grandeur, montre à côté d'elle, à 30", une petite étoile de 7* grandeur. Pâle orange et bleu claire. Beau contraste.

23 <p*: 6,0 — 6,5, à 4", 8. Quelquefois les deux étoiles paraissent tout à fait égales. Blanches.

Les trois étoiles que l'on voit au nord de la constellation, à peu près sur le prolongement de y à t, ont reçu la lettre a (d* , <x* et c* de notre tableau). A côté de <t\ à l'est, il y en a une quatrième plus petite, de 6" 1/2, que les vues perçantes parviennent à distinguer à l'œil nu. C'est une étoile double fort jolie : 6'| et 9% à 4", 8; blanche et bleu ciel.

Entre t et ex, on voit une étoile de sixième grandeur, qui porte le n** 57 du catalogue de Flamsteed : c'est une petite double très serrée, à VA; 5,8 et 7*. On essayera avec intérêt sur elle les lunettes de moyenne puissance. Cette étoile, qui porte le n° 1291 du catalogue de

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