CURIEUX SYSTEMES STELLAIRES
0 est accompagnée, à 1 1' au sud, d'une étoile de huitième grandeur t forme un couple très écarté (17') avec une étoile de 6*| qui la suit à lest ; mais plus près d'elle, à 57", on découvre une petite étoile de 9" grandeur, qui s'est éloignée de 1" depuis 1 822. Ce déplacement ne correspond au mouvement propre de i ni comme direction ni comme vitesse. La petite étoile est double elle-même : très fine = l',9. On distingue encore une étoile de 10'' grandeur, presque en ligne droite au delà du compagnon.
Ce sont là des groupes écartés, plutôt optiques que physiques. Ilemarque assez curieuse : on ne voit pas, dans cette contrée du ciel, une seule véritable étoile double importante, un seul système orbital, ^;inon quelques petits couples télescopiques, minuscules, et sans doute fort lointains. Signalons seulement un groupe remarquable par son mouvement propre rapide, et dont les deux composantes se déplacent suivant une ligne droite, comme celles de la 61' du Cygne : c'est l'étoile P. XIV, 212, de sixième grandeur, que l'on trouvera à peu près au milieu du quadrilatère formé par les étoiles «, t, y Scorpion et 26855 Lalande {flg. 274). Facile à dédoubler dans une petite lunette : 6,3 et 7,0, à 15". Ce couple est emporté dans l'espace par un mouvement propre trè^ rapide, de 202" par siècle, dirigé vers le sud-est. Relativement à l'étoile la plus brillante, la moins brillante se déplace suivant un mouvement rectiligne dirigé vers le nord-ouest, en sens contraire de la translation générale du système. Le fait est exactement le même que si les deux étoiles marchaient de concert, avec une faible différence de vitesse, la première voguant un peu plus vite que la seconde. On se rendra compte de ce curieux mouvement par notre diagramme {fig. 275 A) qui le représente pour un siècle (1780-1880) : la seconde étoile recule, relativement à la plus brillante. Va-t-elle continuBr de rétrograder et restera-t-elle décidément en arrière, comme le cheval de course dépassé par le vainqueur? La question est intéressante; mais les observations ne suffisent pas pour décider. Il est possible que ces deux étoiles lancées dans l'immensité ne se trouvent que par hasard l'une près de l'autre ou l'une derrière l'autre. Pourtant, si l'on considère la grandeur de leur mouvement, qui surpasse de beaucoup la moyenne des mouvements propres, et hi similitude — pour ne pas dire l'identité — des deux cours, la conclusion la plus probable est que ces deux astres sont réellement associés dans leur destinée, comme les deux soleils jumeaux qui composent le couple de la 61" du Cygne. Comparez ces deux systèmes, à l'aide du diagramme des positions constatées par un siècle d'observation.