LES ETOILES DE LA BALANCE
(î est une variable périotli([iie très rapide. Elle oscille de 4,9 à 6,1 dans la période de 2 jours 7 heures 51 minutes 19 secondes : c'est la plus rapido que nous connaissions dans le ciel entier, car elle se place môme avant Algol. Sa variation, moins brusque que celle d'Algol, n'est probablement pas due à une éclipse produite par une planète de son système passant devant elle, mais à une rotation de ce soleil tournant autour de son centre de gravité. Cette rotation s'elFectuerait en 5G heures environ, et l'astre serait recouvert de taches fixes dominant sur un hémisphère, continents ou scories émergeant au-dessus d'un océan de feu ! Ces étoiles à variations périodiques rapides ouvrent le plus vaste champ à l'imagination. Nous en connaissons déjà plusieurs :
jours
heures
minutes
secondes
3 Balance, qui
varie
de 4,9 à 6,1 en 2
U Céphée
Algol
S Licorne
U Couronne
X Taureau
ô Céphée
Que ces variations soient dues à une rotation — ce doit être le cas le plus général — ou à une révolution de corps obscurs, leur vvpidlté est vraiment extraordinaire. (Notre soleil tourne en 27 jours, et sa planète la plus proche en 89.) Elles sont moins étendues que les variations à longues périodes et ne dépassent pas deux grandeurs.
Les deux étoiles principales de la Balance, a et |3, ne sont que de troisième grandeur, à la limite de la seconde, a est jaune et (3 a une nuance de vert^ très rare dans les étoiles simples. La première a été nommée Kiffa australisj la seconde Kiffa borealis; c'est de l'arabe marié au latin : balance australe et boréale.
L'étoile y a offert depuis deux mille ans des fluctuations assez profondes, car HévéHus ne l'a inscrite que de 6* grandeur, tandis qu'elle est de 3* dans Bayer ; elle est actuellement de 4" | environ.
e, qui n'est aujourd'hui que de 5^|, a été notée de 4* par tous les observateurs du xvi" au xviii" siècle. Il est certain qu'elle n'offrait pas cet éclat au temps de Ptolémée et Sûfi, qui ont décrit avec soin ses voisines |3 et 37 sans la mentionner.
Nous en dirons autant de 'C et de -n : variations certaines.
t a été vue de 3* par Tycho et Hévélius, de 4" par Ptolémée, Sùfî, Ulugh Beigh, Mayer ; elle est en ce moment de cinquième.
K est aussi tombée d'une grandeur au moins.
X a subi une oscillation très importante : Ptolémée, Sùfi, Uiiigh
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Beigh l'ont vue de sixicme; Tycho, Hévôlius, Flamstccd, Maycr, de quatrième; elle est aujourd'hui de cinquième et demie.
V était notée de quatrième par les anciens ; mais dès le x* siècle, Sùfi remarque qu'elle est des moindres de la cinquième.
Les deux étoiles qui brillent à l'est de (3 sont en ce moment à peu près d'égal éclat. Il n'en était pas de môme autrefois, car celle du nord n'a été signalée par aucun observateur avant Hévélius, et il suffît de lire la description minutieuse de Sûfi pour en conclure que s'il l'avait vue, il l'aurait signalée. Ni Flamsteed, ni Mayer, ni Piazzi ne l'ont observée. Elle est donc variable, comme les précédentes. — C'est Lalande 28344, voisine de 37.
Enfin, l'étoile 48, entre G et ^ Scorpion, paraît varier de 4 à 5. Cette étoile est nommée ^ dans un grand nombre de catalogues (Piazzi, Mayer, etc.). Mais la nomenclature de Bayer s'arrête à o. Il y a aussi certaines confusions pour quelques étoiles insérées tantôt dans la Balance et tantôt dans le Scorpion. Ainsi, les étoiles, 20, 39, 40 et 51 de Flamsteed doivent être réintégrées dans le Scorpion : ce sont, respectivement, y, o, p. xv, H6, et ^ du Scorpion.
On connaît dans la Balance, outre $, trois variables périodiques, R, S et T ; mais elles sont télescopiques et hors du cadre de cette description pratique et populaire des curiosités du ciel.
Il faut avouer que si cette constellation n'occupe pas dans le ciel un vaste espace, ses témoignages sont assez remarquables en faveur des variations séculaires qui s'accomplissent dans la création, puisque sur les 21 étoiles qui la composent, neuf seulement (a, j3, 0, fx, E, o, 11, 16 et 37) paraissent stables, tandis les douze autres manifestent des indices, les uns très probables, les autres certains, d'instabilité et de modifications de lumière plus ou moins profondes. A mesure que nous avançons dans l'étude du ciel, nous sentons davantage le grand souffle de vie qui circule à travers l'immense univers.
Il y a là aussi plusieurs associations d'étoiles dignes d'attention.
Et d'abord, l'étoile « se montre, dans une simple jumelle, accompagnée, à 3' 49'', par une étoile de sixième grandeur qui paraît former un système stellaire avec elle.
L'étoile 'C est entourée de trois voisines, de sixième grandeur. Il y en a deux surtout assez brillantes pour être facilement visibles à l'œil nu. ,
V est accompagnée d'une petite étoile de 6" | : à 15'.
C et i^ forment aussi un couple très écarté; la seconde étoile est un peu plus brillante que la première.