Etoiles fur niant la ligure du Scorpion
au ventre, cinq à la queue, quatre à l'aiguillon. Elles sont précédées par la plus belle de toutes, léclatante de la serre boréale ». D'après cette description, le Scorpion se serait encore à cette époque étendu sur les deux signes, et l'étoile ^ de la Balance, qui formait la serre boréale, eût été plus brillante qu'Antarès. Celle-ci n'était sans doute pas alors de première grandeur, puisqu'on la signale sans remarque, comme faisant simplement partie des deux du ventre (a et t sans doute). — Eudoxe, Aratus et Ératosthènes ne parlent que des Serres du Scorpion, et c'est Manéthon le premier qui rapporte que « les prêtres ont changé les serres en plateaux de Balance, parce qu'elles s'étendent de part et d'autre comme des plats suspendus à un joug. » Ovide rapporte que c'est la vue de ce monstre qui épouvanta Phaéton lorsqu'il essa3^a de conduire dans l'espace le char llam-
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boyant du Soleil, et la mythologie assurait que ce Scorpion était la métamorphose de celui qui piqua Orion au moment où il allait atteindre Diane poursuivie. Mais ne nous occupons pas des fables.
L'éloignement austral des étoiles du Scorpion nous interdit de les observer toutes de nos latitudes boréales : celles-là même que nous pouvons voir ne s'élèvent que faiblement au-dessus des brumes de l'horizon, de sorte qu'il nous est difficile d'estimer exactement leur grandeur. Pour représenter l'état actuel du ciel et former la dernière colonne de notre tableau, j'ai eu recours aux observations si soigneuses qui viennent d'être faites sur les étoiles de l'hémisphère austral, par les astronomes de l'Observatoire de Cordoba, près Buenos- Ayre.s (République argentine), et qui ont permis à M. Gould de compléter l'uranométrie d'Argelander et de Heis par l'étude des zones célestes qui restent cachées aux astronomes européens.
llipparque, PLolémée, Sûfi, Ulugh Beigh, Piazzi, qui habitaient au midi de nos latitudes, ont observé presque toutes ces étoiles; mais Tycho-Brahé, Ilévélius, Flamsteed, Mayer, Argelander et Heis n'ont pas observé celles qui dépassent le 35^ degré de déclinaison australe. Fort heureusement, nous pouvons suppléer en partie à ces lacunes par trois séries d'observations indépendantes faites à de longs intervalles l'une de l'autre. En 1G76, llalley s'embarqua pour l'Ile Sainte- Hélène, et l'année 1677 fut presque entièrement consacrée à l'étude de rhémisphère austral; j'ai remplacé dans notre tableau la colonne fort incomplète d'Hévélius (16G0) par celle de Halley. En 1751 et 1752, Lacaille fit, au cap de Bonne-Espérance, la première observation intégrale complète de l'hémisphère austral : j'ai inscrit ses observations, au lieu de celles de Mayer, pour toutes les étoiles situées au delà du 30" degré; enfin les lacunes de Heis (18G0) ont été comblées par les observations de Behrmann, extraites de son « Atlas des sûdlichcn gestirnten Himmels ».
Antarès n'était classé par les anciens astronomes que parmi les astres de la deuxième grandeur; il s'est élevé ensuite à la première, et maintenant il paraît de nouveau diminuer lentement. Au temps; d'Eratosthènes, l'étoile p de la Balance était plus brillante qu'Antarès, et sans doute de première grandeur.
L'étoile p du Scorpion a été éclipsée par la planète Mars (presque occultée) le 17 janvier de l'an 271 avant notre ère. Cette étoile paraît osciller autour de la troisième grandeur; en 175G, JMayer l'a notée de 4"; mais ses estimations ne sont pas absolument sûres; en 170'», Kirch Ta vue inférieure à 'î, et elle y redescend actuellement.
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Les estimations d'éclat qui composent la dcrniore colonne de notre tableau, ayant été faites par des observateurs placés dans l'Iiéniisplièrc austral, doivent être sensiblement supérieures à celles qui sont dues aux observateurs de rhcmisplicrc boréal : de faibles différences dans le sens positif n'indiqueraient donc pas pour cela iu\ accroissement d'éclat. Il est probable que, malgré l'apparence, les étoiles â, e, 0, X, A n'ont pas varié. Cependant la différence est d'une grandeur entière pour la dernière.
C'est sans doute par erreur que Piazzi a noté 0 de 5*. Ç', qui était anciennement égale à Ç', est aujourd'hui de deux grandeurs au-dessous.
p est descendue de la troisième à la quatrième et demie. (j) n a jamais existé. Bayer a placé cette étoile entre p et /, au milieu de la distance qui les sépare; mais on ne voit rien au ciel en cet endroit. Elle provient sans doute d'une erreur de transcription.
Sur la carte de Bayer, la lettre c est gravée entre deux étoiles contigucs qui se âiivent à peu près parallèlement à l'écliptique. Ces deux étoiles correspondent à FI. 13 et P. XVI, 31, seulement elles sont moins écartées l'une de l'autre. C'est doncla première qui est c', et c'est la seconde qui est c^. Les astronomes se trompent souvent sur cette identification, appelant c' une étoile de sixième grandeur et demie située tout contre 13, au sud (FI. 12), et appelant 13 c'. — Ces deux étoiles manifestent une certaine fluctuation d'éclat. FI 12 est très faible et invisible à l'œil nu.
P. XVI, 111 paraît varier entre A" | et 5"!.
P, XVI, 92 esta de la Règle sur un grand nombre de cartes et catalogues. Lacaille a placé là, en effet, en 1752, une Règle et une Kqucrre {fig. 279), en prenant au Scorpion, au Loup et à l'Autel, des étoiles qui auraient fort bien pu leur rester.
Le même astronome a voulu aussi glisser une lunette dans l'étroite ouverture qui sépare le Scorpion du Sagittaire. L'étoile de troisième grandeur et demie qui suit le dard recourbé du Scorpion (P. XVII, 229) et qui peut marquer la pointe d'un second dard, au lieu de rester au Scorpion, se nomme y du Télescope, mais non chez tous les astronomes, car dans Behrmann elle est la 63" du Scorpion, et dans Gould elle porte la lettre G de cette même constellation. Cette étoile offre la particularité d'avoir été nommée nébuleuse par Ptolémée. Sùfi rapporte cette qualification sans la continuer, et dit que c'est une faible dé la quatrième grandeur. Bayer l'a dessinée nébuleuse, sans doute à cause de la tradition de Ptolémée. Cette tradition n'est peut-être pas
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sans fondement, car il est certain que Tétoile augmente d'éclat; la gradation est même instructive :
Il y a deux mille ans nébuleuse.
Il y a neuf cents ans 4" j
Il y a trois cents ans 4^
Aujourd'hui 3* j
Aurions-nous assisté là à la transformation d'une nébuleuse en étoile? Nous sommes ici en pleine Voie lactée.