ORION. — RIGEL
baraii, Rigel et Sirius s'éloignent également de nous, avec des vitesses du môme ordre.
Le nom de Bételgeuse dérive de l'arabe ibt al-jauzà, « l'épaule du Géant », d'où l'on a fait Btaljause et Btelgeuse. La plupart des livres d'astronomie et des atlas écrivent Beteigeuse, ce qui n'a aucun sens.l — Rigel dérive de l'arabe ridjl al-jauzk, « la jambe du Géant », d'où l'on a fait Rijel et Rigel. — Bellatrix, nom donné à y, n'est autre que le mot latin guerrière, « féminin, disait-on autrefois, dû à ce fait que les femmes nées sous l'influence de cette étoile sont favorisées et ont de bonnes langues ». Je ne sais à quel astrologue on doit cette statistique, dont l'exactitude doit être contestable, attendu que (soit dit entre nous) on ne rencontre guère de filles d'Eve qui ne soient pas ultra-favorisées sur ce chapitre-là.
Rigel est une belle étoile blanche de première grandeur, l'une des plus brillantes du ciel; mais, malgré son éclat, elle git à une distance incommensurable de notre atome terrestre. Toutes les tentatives faites pour mesurer sa parallaxe n'ont abouti qu'à prouver qu'elle n'en a pas. A défaut de parallaxe, le mouvement propre d'une étoile peut donner un indice de sa distance, car, toutes circonstances égales d'ailleurs, moins une étoile est éloignée et plus son mouvement est apparent. Or, ce second indice tombe comme le premier devant l'éloignement de Rigel : elle n'a aucun mouvement propre, du moins son déplacement séculaire sur la voûte céleste est presque insensible. Ajoutons que, comme nous le verrons plus loin, Rigel est une étoile double dont le compagnon, écarté à 9"|, reste fixe. Sans contredit, une période de révolution n'est ni plus ni moins rapide, que le couple soit plus ou moins éloigné de nous ; mais nous devons penser qu'en général les révolutions sont d'autant plus rapides que les composantes d'un môme couple sont plus rapprochées entre elles, et il est certain, d'autre part, que la distance réduit proportionnellement l'écartement apparent de deux composantes. Ce troisième indice de l'immobilité, ou du mouvement très lent du compagnon de Rigel, à ce rapprochement angulaire de moins de 10", témoigne donc, lui aussi, en faveur de l'éloignement de ce soleil. Il trône certainement, non seulement à des trillions, ou à des centaines de trillions de lieues, comme les étoiles de notre voisinage céleste, mais à des milliers de trillions, c'est-à-dire à une distance telle que le messager si rapide de la lumière vole sans arrêt pendant des milliers d'années pour arriver jusqu'à nous. La conclusion incontestable est que ce brillant soleil d'Orion est des milliers de fois plus volumineux, plus ardent, plus