LES CONSTELLATIONS POLAIRES. — LA GIRAFE
du ciel. Quelques mots encore à propos des constellations do la Girafe et du Renne.
Les espaces vides laissés entre les anciennes figures de la sphère ont tenté depuis l'antiquité l'ambition des colonisateurs du firmamentr et bien des tentatives ont été faites pour remplir ces vides; mais, de même que l'ode de J.-B. Rousseau adressée à la postérité, ces propositions n'arrivèrent pas toutes à leur adresse. On trouve pour la première fois la Girafe sur un planisphère céleste de Bartschius publié en 1624, en compagnie de sept autres : la Mouche, la Licorne, le Tigre, le Jourdain, le Coq, le Rhombe, la Colombe de Noé.
De ces huit constellations, formées sans doute par les navigateurs du seizième siècle, et non par Bartschius lui-même, car il remarque qu'il n'a fait que les placer sur sa sphère, la Girafe, la Mouche et la
f ig. 23. — Alignement pour trouver l'étoile 230 Girafe.
Licorne ont été adoptées par Hévélius et gravées dans son atlas de 1690, la Colombe de Noé a été adoptée par Halley, et c'est généralement à lui qu'on en attribue la paternité , le Rhombe est devenu le réticule rhomboïde, mais le Tigre, le Jourdain et le Coq ont disparu du Ciel. Sous Louis XIV, Augustin Royer, pour faire sa cour au Grand Roi, réunit plusieurs étoiles situées entre Céphée, Pégase et Andromède et en fit un beau dessin représentant un sceptre, qu'il appela la Main de Justice. Mais, dès 1690, onze ans après, cet emblème royal estait remplacé par l'être le moins autocrate de la création, par un inoffensif lézard, sur les belles cartes d'Hévélius. Ce lézard paraissait aussi ne pas pouvoir rester en place ; mais pourtant il est encore là, dans l'attitude d'une fuite prochaine.
La Girafe élève sa tête jusqu'au pôle, comme on l'a vu sur notre fîg. 3, p. 9. Elle n'est composée que de petites étoiles. Cependant elle mérite d'arrêter un instant notre attention, quoiqu'elle ne soit pas