LA CONTEMPLATION SCIENTIFIQUE
quelle récompense ! et quel plaisir d'avoir entre les mains un guide à l'aide duquel chacun de nous pourra désormais trouver dans le ciel tout ce qu'il voudra. Pour moi, je l'avoue ingénument, j'éprouve î)lus de plaisir à faire cette visite méthodique du grand musée de l'univers que peut-être nul lecteur n'en éprouvera à me suivre, et si quelque regret m'arrête parfois, c'est d'être obligé à une telle concision dans cette description scientifique qu'il faut à chaque instant réprimer l'enthousiasme inspiré par certaines contemplations grandioses ou charmantes. Nous pouvons dire avec Kepler : « Mystères de l'infini, en vous s'abîme ma pensée ! mais pour vous admirer il faut vous connaître, et pour vous connaître il faut d'abord vous examiner de sang-froid. »
C'est la première condition de l'étude. Mais les choses que nous étudions ainsi sont comme des germes déposés dans nos âmes, destinés à grandir, à fleurir et à fructifier ensuite dans la méditation et dans la rêverie. Nous étudions la nature pour la connaître, mais, en définitive , c'est surtout pour jouir. Lajouissance que nous éprouvons dans la contemplation de la nature est d'autant plus grande et plus profonde que nous y pénétrons plus intimement. Le calme d'un beau paysage repose l'âme comme un bain intellectuel; une soirée d'été silencieusement illuminée des rayons étoiles nous enveloppe de fraîcheur et de mélancolie : mais combien la contemplation est plus éclairée, plus clairvoyante, plus complète, combien la sensation est plus vive et plus agréable si nous connaissons le sujet du tableau au lieu de ne voir qu'un indécis mélange de couleurs, si nous sentons dans le paysage la vie frémissante et perpétuelle, si nous sentons dans le ciel la richesse iniinie de ses soleils et de ses mondes !
Nous venons de faire connaissance avec la région la plus boréale
Fig. "2. — Principales étoiles de la Girafe.