‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 219 sur 411 · LE SYSTÈME DE SIRIUS. — L'ATTRACTION UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

LE SYSTÈME DE SIRIUS. — L'ATTRACTION UNIVERSELLE

quête da calcul et de l'observation, et c'est là le premier pas de fait dans la découverte des systèmes solaires différents du nôtre. La science de Tavenir nous conduira, très prochainement peut-être, à pénétrer plus avant dans la connaissance de ces mondes lointains.

[A l'aide d'instruments excellents, on parvient à apercevoir deux autres petites étoiles dans le voisinage de ce soleil, l'une à 114" et 72", l'autre à 159" et 104". Appartiennent-elles aussi à Sirius? L'accompagnent-elles dans sa marche à travers l'immensité? Sont-elles simplement situées au delà de ce soleil et ne paraissent-elles dans son voisinage que par le hasard des perspectives célestes? Les mesures sont trop récentes et les observations sont insuffisantes pour décider.]

Tel est l'état de nos connaissances actuelles sur ce soleil géant, dont le système est incomparablement plus important que le nôtre, et sans doute d'une masse si formidable qu'il doit exercer une attraction effective sur les étoiles voisines, attraction qui s'étend certainement jusqu'à notre propre Soleil et jusqu'à nous-mêmes. Mathématiquement parlant, tous les atomes constitutifs de l'univers agissent à distance les uns sur les autres, la Lune soulève les eaux de l'Océan, qui se précipiteraient jusque sur notre satellite même, si la force attractive de la Terre ne les retenait pas; à notre tour, nous agissons nous-mêmes sur la Lune, le déplacement des masses à la surface de la Terre exerce son action sur notre satellite, et l'on ne sortirait pas des limites de la science pure en disant que chaque pas que nous faisons dans une promenade dérange la Lune dans son cours ! Le globe terrestre flotte dans l'espace comme un jouet léger, subissant l'influence de mille attractions diverses exercées par les astres voisins et, de proche en proche, par les plus éloignés. Notre soleil nous emporte avec lui dans sa marche vers la constellation d'Hercule; mais cette marche ellemême est le résultat d'une impulsion primitive constamment modifiée par l'influence des soleils situés dans notre voisinage céleste, soleils parmi lesquels Sirius, malgré son éloignement relatif, compte certainement comme fort important. Comment désormais le verrionsnous briller dans le ciel sans l'admirer plus encore qu'autrefois ? sans lui reconnaître une valeur bien autrement considérable que celle attribuée à la Canicule par les Égyptiens du temps des pyramides, par les Grecs de râged'Homèro,ou par les Latins du temps de Cicéron? sans deviner, sans ressentir i?. poids foniiidable de ce lointain système? sans rêver aux mondes inconnus qui roulent en cette région du ciel, et sans songer aux destinées qui les emportent en même temps que nous à travers l'insondable mystère?

La splendeur de Sirius éclipse toutes les étoiles de sa constellation. Cependant nous ne devons pas quitter cette région du ciel sans eu remarquer les autres richesses, sans en visiter les dernières curiosités.

L'étoile u montre dans la lunette un couple élégant: 5« et 9«, à 3". Système fixe. L'étoile v' n'est pas moins intéressante : 6« et 8« à 17". Fixe, comme le couple précédent.

30 : 6" et 9% à 85"; dans un riche amas (H. VII, 17). C : 3® et 7', à 167"; couple très écarté.

p : 2* et 9*, à 105"; moins intéressante, à cause de la petitesse du compagnon. S : 3« et 7« |, à 165".

Dirigez une lunette vers les étoiles 15 et 19 : entre les deux, vous trouverez une petite étoile de 6" 5- grandeur (FI. 17) qui est quadruple (= P. VI, 282 = Lai. 13434-36). Flamsteed et Piazzi l'ont faite de 6* grandeur, mais elle n'est pas visible à l'œil nu. Un premier compagnon, de 9^ grandeur, se montre à 45", un second, de 10% à 52", et un troisième, de 11% à 125".— On désigne souvent cette étoile sous la lettre -rr* ; mais cette lettre n'existe pas dans la classitication de Bayer. Quelques étoiles de cette constellation offrent une teinte rougcdtrc assez prononcée; signalons, parmi celles qui sont visibles à l'œil nu : d"abord l'étoile 22, dont nous avons remarqué la variabilité, ensuite les trois v, 9, 0', 2162 B. A. G., ainsi que 12278, 12541, 12825, 13059 et 14200 Lalande.

Au sud de Sirius, à 4" environ, une jumelle nous montrera un amas d'étoiles, ■^ui est parfois visible à l'œil nu par les nuits bien pures. Son diamètre est d'environ 25', c'est-à-dire qu'il égale les quatre cinquièmes de celui de la Lune, et il est principalement composé d'étoiles de la huitième à la douzième grandeur. Sa plus ancienne observation date du \Ç> février 1702 : Flamsteed, observant l'étoile 12 de son catalogue, remarque « that it has a small cluster of stars preceding it » ; Messier l'a observé en 1764, et il porte le n° 41 de son catalogua. C'est un amas fort remarquable : une lunette de 95 millimètres montre les 92 étoiles reproduites sur notre fig. 323. Vers le centre, une étoile rougeâtre, de huitième grandeur, brille un peu plus que les autres.

Quels mondes, quelles natures, quelles formes vivantes, quelles destinées ces lumières éclairent-elles dans l'univers inconnu formé par leur opulente association ?...

Les adorateurs passionnés d'Uranie pourront encore chercher et découvrir un autre univers à 8 degrés à l'est de Sirius, ou à 4 degrés environ à l'est de y : c'est également un riche amas (H. VII, 12) ; il a été reconnu en 1785 par M"* Caroline '

Herschel, compagne infatigable et fi?, n^s. - Amasd-étoUesdu Grami cva. secrétaire assidu de son illustre

frère. Cette république d'étoiles est presque entièrement composée d^astres do la dixième grandeur. — Mais il faut nous arrêter. Infmitas infinitatis.

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