‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 227 sur 411 · Struve · texte numérisé non relu

Struve

Flammarion

Le plus curieux encore est que

ce compagnon est double lui-même.

composé d'une étoile de 9^ \ et d'une de 10" |, écartées à 4", et tournant assez rapidement l'une autour de l'autre, comme on peut en juger par ces mesures :

1783 326°,7 4",1 W. Herschel

1825 287,7 4,0 W. Struve

1850 160,2 3,9 0. Struve

1877 130,0 4,0 Flammarion

Près de 200 degrés en 94 ans, ce qui donne en moyenne plus de 2 degrés par an et conduit à une période de moins de deux siècles. Remarquable système ternaire. Notre diagramme montre le mouvement observé : B s'est rapprochée de A, et C a tourné d'une demi-révolution déjà autour de B, en l'accompagnant. (Si l'on supposait que C n'accompagnât pas B, son mouvement serait représenté par la ligne ponctuée.)

En observant ce système, en 1877, j'ai mesuré deux autres petites étoiles, de

Fig. 332. <— Mouvements observés dans le système ternaire de o* Eridan.

SYSTÈME TERNAIRE DE o* ÊRIDAN 5+5

1 !• et de 12« grandeur, situées, l'une à 37', l'autre à 110', et qui, en 1864, avaient été vues par Winnecke, la première à 76", la deuxième à 89". Mon observation prouve que ces deux étoiles ne participent pas au grand mouvement propre de o» et sont situées fort au delà dans l'infini.

Ce mouvement propre si rapide m'avait faU conjecturer que sans doute ce système n'est pas incommensurablement éloigné de nous, et qu'il peut offrir une parallaxe sensible, et j'avais engagé les astronomes de l'hémisphère austral à entreprendre cette mesure. A Rio-de-Janeiro, M. Cruls l'a essayé, mais il n'a trouvé jusqu'à présent qu'une parallaxe inférieure à O'jS, qui se noie dans les erreurs instrumentales probables.

Quoi qu'il en soit, je ne regarde jamais cette étoile sans penser qu'elle se précipite, énorme projectile, à travers le vide éternel ; san < songer qu'elle emporte avec elle ce couple charmant qui rappelle la Terre et la Lune maintenues l'une contre l'autre à une grande distance du Soleil ; sans rêver aux êtres inconnus que la féconde nature a faits naître dans le système de ce triple soleil.

Il est intéressant de chercher si ce mouvement propre si remarquable est visible sur les observations anciennes de Ptolémée, Sûfi, Ulugh-Beigh et Tycho comparées; mais les premières sont si peu précises, et les manuscrits si différents dans leurs chiffres de longitude et latitude, qu'il n'y a rien de sûr. Toutefois la description de Sûfi montre bien qu'à son époque c'était entre | et o*. a La 7% dit-il ($), est devant la 6* (v), s'inclinant vers le sud-ouest, à plus d'une coudée : c'est une petite de la cinquième grandeur. La 8* (o') se trouve devant la 7% vers le sud, à une coudée un tiers :

elle est de la quatrième grandeur ; sa latitude est erronée, car au ciel l'étoile se fait voir autrement qu'elle n'est marquée sur le globe. La 9" (o") se trouve devant la 8% à une demi-coudée : elle est aussi de la quatrième grandeur. » Ainsi, il y a neuf cents

ans, l'astronome persan a vu lui-môme pig. os^. - u^piaccueui ao leioue o» Eridan

que 0* suivait o', à un degré environ, depuia les anciennes observations.

et se trouvait sur le chemin de $, à 3 degrés environ de celle-ci. Notre petite fig. 333 montre cette marche séculaire perceptible à l'œil nUf le déplacement étant de 6' 50" par siècle.

Remarque intéressante par sa valeur négative même, l'étoile voisine •', plus brillante, n'offre aucun mouvement propre sensible, et e^t

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