‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 233 sur 411 · LA LICORNE · texte numérisé non relu

LA LICORNE

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délimitations dos provinces célestes, car il est tout simplement absurde d'avoir prolongé la Licorne en angle aigu dans l'Hydro pour lui faire prendre cette étoile, qui est justement la principale de cette constellation moderne; ou alors, si l'on tenait à ce diamant pour la parure du nouveau personnage céleste , on aurait dû lui laisser ses deux acolytes.

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T~v 1 1 j Fig. 336. — Position actuelle de l'étoile 30 Licorne.

Regardez de temps à autre ce groupe à la jumelle : on le trouve sur le prolongement d'une ligne menée par Procyon, ^ Petit chien, ?8 et 29 Licorne ; comparez les trois étoiles comme grandeur et aussi comme position, car certains catalogues et atlas (Flamsteed, Harding, Dien), placent l'étoile du milieu au-dessus, ou au nord, de la ligne joignant ses deux acolytes, tandis qu'elle est au-dessous ou au sud. Oscillerait-elle avec une amplitude sensible à l'œil nu ? Ce serait le seul exemple de cette nature que nous aurions dans le ciel entier, et c'est tout à fait improbable ; mais nous ne devons rien nier a priori : l'inconnu n'est pas l'impossible. — Hier soir, 7 mai 1881 , je l'ai réobservée, et trouvée très sensiblement au-dessous de la ligne en question.

L'étoile 22 a été également connue des anciens, et signalée par Ptolémée et Sùfi comme brillant entre les deux Chiens.

— Je n'en trouve pas d'autres jusqu'à Tycho-Brahé.

Piazzi a noté l'étoile 11 de sixième grandeur seulement, composée d'une étoile de 6*| et d'une de 7* : c'est en effet une étoile double, ou pour mieux dire une étoile triple, fort jolie du reste, et même l'une des plus belles du ciel :

A = 5; B = 5|;C= 6. Distance de AB = 7", 2, à 130^ Distance de BC = 2", 5, à 102». Blanches

Fig. 337. — L'étoile triple 11 Licorn*.

52; LES CURIOSITÉS l'I-: LA LICORNE

toutes trois. Il est probable qu'il n'y a pas eu de variation d'éclat et que l'estimation de Piazzi est un peu faible. L'édition de Bradley faite par Bessel et les observations de l'amiral Smyth s'accordent, il esi vrai; avec Piazzi, mais les grandeurs des étoiles de ces deux ouvrages ont été copiées dans Piazzi même et ne doivent jamais être citées comme originales, quoiqu'on le fasse trop souvent (parce qu'on n'a pas lu attentivement les préfaces des auteurs). — Ce beau système triple n'a présenté aucun mouvement des composantes entre elles depuis cent ans que nous l'observons.

L'étoile 29 offre des signes d'accroissement d'éclat, s'étant élevée de la 6* à 4 |. C'est aussi une étoile multiple, comme la précédente, mais moins belle. A=5-, B = 11;C = 9. Distance de AB = 30", à 105°. Distance de AC = 67", à 224°. La plus petite des trois (B) n'est pas toujours facile à apercevoir, et paraît varier entre la dixième et la douzième grandeur.

L'étoile 31 a été vue de 4^ par Hévélius et Lalande, de 6' par les observateurs d'Armagh, de 7^ par Piazzi. Elle est de cinquième.

P. VII, 228 a été notée de 7* par Piazzi, de 6° par Lalande, de 5 l par Heis.

15 varie de 4 à 6, parfois rapidement, mais irrégulièrement. On avait cru trouver une période de 3 jours 10 heures 48 minutes; mais elle n'est pas certaine, et l'amplitude de la variation n'est pas non plus bien déterminée. Cette variable a reçu le nom de S Licorne. Elle est jaune. Intéressante à observer, d'autant plus, ce qui est de la dernière rareté, que cette variable est en même temps une étoile double : on voit à côté d'elle, à 3", un petit compagnon bleu de 10' grandeur. C'est sans doute là un système physique; toutefois le mouvement orbital n'est pas rapide, car depuis 1825 il n'y a encore que 7 degrés de parcourus. Une bonne lunette montre un second compagnon, de 13* grandeur, à 16", ce qui en fait une étoile triple. On en aperçoit encore un troisième, plus petit et plus éloigné. Belle assemblée d'étoiles dans le voisinage. Piazzi l'avait déjà remarquée, car il avait annoté cette étoile des réflexions suivantes : « Duplex videtur : multae simul conspiciuntur ; quarum prsecipua 8® magn. sequitur 29', 3' circiter ad austrum ». Le 1" février 1864, D'Arrest a cru la voir entourée d'une nébulosité. — A épier.

Il y avait déjà, dans la même constellation, la variable R, qui oscille de la neuvième à la treizième grandeur ; mais son observation , est réservée aux vigies des régions télescopiques. Moins difficile à trouver est la variable T qui précède de 7 minutes de temps l'étoile

LES CURIOSITES DE LA LICORNE oiô

13, à peu près sur' le chemin d'Aldébaran à cette étoile, et qui forme Tangle occidental d'un petit quadrilatère dessiné par elle et sey voisines 8, 12 et 13 : j'ai marqué sa place sur notre carte (p. 521), quoiqu'elle reste presque toujours au-dessous de l'invisibilité,, son maximum étant 6,2 et son minimum 7,6. Cette variabilité est régulière et s'effectue en 27 jours ; mais le minimum ne précède le maximum que de 7 jours.

Une quatrième variable, qui a reçu la lettre U, se trouve à l'ouest de l'étoile 26, à 10 minutes environ, au sommet d'un petit quadrilatère dessiné sous une étoile de sixième grandeur : elle varie de 6, 2 à 7,6 également, en 46 jours.

Il y en a une cinquième à étudier^ juste au-dessous de 8. C'est P. VI , 82, de sixième grandeur, annotée ainsi par Piazzi : « Hujus stellce magnitudo in diem imminui videtur », ce qui veut dire, me semble -t-il, que la grandeur de cette étoile diminue pendant le jour, c'est-à-dire, sans doute, qu'elle s'éteint à l'aurore beaucoup plus vite que ses sœurs. C'est une remarque que j'ai faite assez souvent sur les satellites de Jupiter : l'ordre relatif de leur éclat n'est pas le même, à deux heures de distance déterminé au crépuscule ou pendant la nuit. Cette étoile doit être relativement grosse et peu brillante, d'une lumière intrinsèque moins vive, moins intense, moins perçante. Il n'est pas rare, du reste, de remarquer à l'œil nu dans certaines étoiles que la lumière n'est pas en proportion du disque. (Ainsi, ces derniers soirs entre autres (mai 1881), dans une atmosphère calme et limpide, vaguement éclairée par la dernière clarté du crépuscule et par la Lune en son premier quartier, on ne pouvait s'empêcher d'observer que Castor était, à côté de Pollux, très petit et très blanc, tandis que son frère céleste était très gros et coloré d'une nuance orangée). Pour en revenir à notre étoile, Piazzi l'a inscrite de sixième, Lalande ne l'a pas observée du tout, quoiqu'il ait observé deux fois sa voisine supérieure (8), le 1" janvier 1794 et le 19 février 1797; Argelander ne l'a pas insérée dans son Uranométrie des étoiles visibles à l'œil nu; Heis la voyait fort bien, l'estimant de 6, 0; Gould Ta estimée de 6, 4. — Est-elle variable?

Pendant que nous sommes ici arrêtés devant 8 Licorne, examinons cette étoile : c'est une double fort belle : 4, 7 et 7, 5 ; jaune et bleuâtre, à 14". Système physique : les deux composantes sont animées d'un mouvement propre commun, mais elles restent fixes l'une par rapport à l'autre depuis cent ans que nous les examinons. L'éclat de l'une ou de l'autre des composantes ne paraît pas constant. Le l**" janvier 1794,

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