LES CONSTELLATIONS POLAIRES. — LE RENNE. — LE MESSIER
11 y a encore dans cette môme région du ciel deux petites constellations; mais leur histoire ne sera pas longue.
Le Renne et le Messier ont été ajoutés dans ces régions polairci^, le premier par Lemonnier en 177G, en souvenir de son voyage au cercle polaire, le second par Lalande en 1774, en l'honneur de Messier, le grand dépisteur de comètes, et un peu par suite d'un jeu de mots. « On appelle Messier, dit-il, celui qui est préposé à la garde des moissî3€is ou des trésors de la terre. Ce nom semble naturellement se lier avec celui de M. Messier, notre plus infatigable observateur, qui depuis plus de trente ans est comme préposé à la garde du ciel et à la découverte des comètes. J'ai cru pouvoir rassembler sous ce nom les étoiles informes situées entre Cassiopée, Céphée et la Girafe, c'est-àdire entre les princes d'un peuple agricole et un animal destructeur des moissons. » On voit que Lalande s'excuse. Pardonnons-lui en faveur de la bonne intention. Mais j'engage fort mes lecteurs (les astronomes compris) à ne pas se donner la peine de reconnaître ces deux constellations et à ne pas les conserver plus longtemps sur la sphère céleste. Les rares étoiles intéressantes que l'on a quelquefois désignées sous ces noms appartiennent à Cassiopée, avec laquelle nous allons faire connaissance. Après tout, d'ailleurs, un astronome tel que Lalande est excusable d'avoir essayé de fonder une constellation sur un jeu de mots. L'un des hommes les plus sérieux qui aient existé, Jésus-Christ, n'a-t-il pas lui-même donné l'cxempla en fondant son église, oui, son église tout entière, sur un jeu de ici^ts devenu légendaire : Tu es Pierre, et sur cette Pierre, je bâtirai r^-3P église... Que celui qui est sans défaut jette la première pierre.