‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 251 sur 411 · L'ÉTOILE VARIABLE ÉTA DU NAVIRE · texte numérisé non relu

L'ÉTOILE VARIABLE ÉTA DU NAVIRE

Remarquons d'abord que dans l'ensemble de ces étoiles il y en a une bleue, ce qui est de la dernière rareté chez les étoiles simples : c'est V, de 3' |, sous le Grand Chien, au nord de Canopus, par 6" 34" et 43'.

Sans entrer en de longs détails sur chacune des étoiles du tableau, l'inspection à première vue suffît pour affirmer la variabilité de W, kj l, c, a de la Poupe ; c, a, i, l, q, I, n, x de la Carène, et e, d, a, \ des Voiles. D'après les observations de Gould, L' de la Poupe est rougeâtre et varie de 3,6 à 6,3 en 135 jours; l de la Carène varie de 3,7 à 5,2 en 31 jours ; ç de la Carène varie de 3,3 à 4,5, et I de 4,2 à 5,1, en des périodes indéterminées.

Ici nous sommes arrêtés, fort agréablement du reste, par une étoile vraiment extraordinaire, par cette fameuse étoile êta du Navire, qui est sans contredit Vune des variables les plus singulières que nous connaissions j et qui mérite, par sa nature comme par sa situation au milieu d'un groupe d'étoiles et d'une nébuleuse, que nous résumions ici son histoire, telle, du moins, que nous la connaissons jusqu'à ce jour.

Exposons d'abord l'ensemble des observations faites, pour nous former une première idée de cette étrange variabilité.

VARIATIONS d'éclat OBSERVÉES SUR i) DU NAVIRE. Années. Grandeur. Obser»ateur».

1677 4 Halley.

i751 2 Lacaille.

i811-15 4 Burchell.

1822-26 2 Fallows, Brisbane.

1827 1 Burchell.

1828-33 2 Johnson, Taylor.

1834-37 1 -i J. Herschel.

1838-42 1 Maclear.

1843 l presque Sirius Id.

1844-54 1 Jacob, Gilliss.

1856 1,5 Powell.

1858 2,6 Id.

1860 3,5 Tebbutt.

1862 4,3 Id.

1864 5,0 Id.

1866 5,6 Id.

1868 6,1 Id.

1870 6,5 Tebbutt, Gould.

1872 6,8 Id.

1874 7,0 Id.

1876 7,2 Gould.

1878 7.4 Id.

Pour nous rendre compte de la marche de ces singulières fluctua-

Li:i()lLI': VARIABLE /^7Vl DU NAVIRE

tions d'éclat, nous pouvons construire une courbe en prenant pour hauteur verticale correspondante à chaque année l'estimation d'éclat faite par les diderents observateurs; nous obtenons de la sorte le curieux diagramme ci-dessous, qui met de lui-même en évidence ces étonnantes variations. On voit ainsi que l'étoile s'est élancée en 1843 à son maximum d'éclat, qu'à partir de 185G cet éclata rapidement diminué, et que depuis 1857 elle est au-dessous de la sixième grandeur, invisible à l'œil nu. La forme de la courbe fait aussi pressentir que selon toute probabilité le décroissement va bientôt s'arrêter et que sans doute une nouvelle recrudescence d'éclat se prépare ; mais les irrégularités précédentes n'autorisent à rien affirmer. D'autre part, il

Fig. 348. — Courbe montrant les fluctuations d'éclat de fi du Navire.

est impossible de décider si ces variations inexpliquées sont périodiques ou irrégulières.

Dans le ciel tout entier, il n'y a peut-être aucune région plus digne d'attention que celle qui est illustrée par cette variable. Elle se trouve par lOMO™ d'ascension droite et 59° de déclinaison australe, en pleine Voie lactée, non loin de la Croix du Sud. Il y a là une telle condensation d'étoiles, que sir John Herschel en a compté jusqu'à 250 dans un seul champ télescopique, mesurant 15' de diamètre, ce qui donne plus de 5000 étoiles pour un degré carré. Sur une étendue de deux heures d'ascension droite parcourue par le télescope et mesurant 47 degrés carrés, le nombre total des étoiles qui passent sous les yeux émerveillés de l'observateur s'élève à cent quarante-sept mille!

Page 1