CHAPITRE XIX
Le pôle austral et les constellations qui l'environnent.
Vide laissé sur les anciennes cartes.
Variations séculaires: constellations australes autrefois visibles ta France.
La Croix du Sud. Le Centaure. L'Indien. Le Phénix. Etc.
Fin de la description générale du ciel étoile
Notre revue génércale du ciel étoile, commencée au pôle boréal, arrive ici définitivement à son terme, au pûle austral, après nous avoir fait visiter toutes les constellations et toutes les étoiles visibles à l'œil nu. Ce pôle céleste austral, antipode de notre pôle boréal, et toujours caché au-dessous de notre horizon, est resté inconnu des anciens astronomes et n'a été découvert que par les navigateurs en marche vers les régions du sud. Il faut naturellement traverser la ligne équatoriale pour l'apercevoir, et ce sont les voyageurs de retour de Java, de Sumatra, du cap Horn et du cap de Bonne-Espérance qui les premiers ont apporté la description des étoiles occupant cette région inaccessible à nos yeux.
Il n'y a pas d'étoile polaire au pôle austral, ce qui a été le sujet de plus d'un regret pour les navigateurs et les voyageurs. On n'aperçoit dans cette contrée céleste que de petites étoiles, dont Lacaille a formé la constellation de l'Octant (ancien instrument de marine construit sur le même principe que le sextant), et parmi lesquelles la plus brillante n'est que de quatrième grandeur et demie. L'étoile visible à l'œil nu la plus rapprochée de ce pôle est l'étoile z de cet astérisme; mais elle en est encore éloignée de 1" 38', et surtout elle n'est que de sixième grandeur, à la limite de la visibilité.
Les anciens avaient laissé sur leurs cartes célestes un vide qui montre que nulle observation, nulle tradition astronomique n'est descendue du sud. On peut en juger d'après le fac-similé, reproduit plus loin {fig. 356), d'une carte faisant partie de l'ouvrage d'Aratus, dans une vieille édition de l'an de grâce 1559: c'est l'une des dernières cartes antérieures à la création des constellations modernes. On voit au centre le pôle de l'écliptique, attendu que les anciennes observations étaient faites par longitude et latitude et non par ascension droite et déclinaison, et, à côté, le pôle antarctique, zénith du pôle géogra-
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