L.58 VARIATIONS SECULAIRES
phique austral. Les étoiles les plus proches de ce point sont celles de TAutel et des pieds du Centaure, dont la déclinaison la plus australe (celle du Centaure) est de 60 degrés. Il faut aller jusqu'au 30^ degré de latitude , jusqu'au Caire (Alexandrie est à 31M2'), pour apercevoir ces étoiles. Hipparque et Ptolémée ne les verraient plus aujourd'hui de leurs observatoires ; mais ils les ont vues et observées il y a vingt siècles, à cause du déplacement séculaire produit par la précession des équinoxes. La distance de a du Centaure au pôle nord augmente actuellement de J 5", 9 par an ; cette augmentation était de 16" ,3 il y a un siècle, de 16", 7 il y a deux siècles, etc. [Comme l'ascension droite de cette étoile est actuellement de 14'' 30™, qu'elle augmente de plus de 6 minutes par siècle, et qu'elle était sur la ligne de XII heures il y a 2*2 siècles, à cette époque le mouvement vers le sud était de 20" par an. Donc, depuis deux mille ans, la déclinaison australe de a du Centaure a augmenté de dix degrés ; elle n'était il y a deux mille ans que de 50% et on pouvait l'observer du 40' degré de latitude, c'est-àdire de la Sicile, du sud de Tltalie, de la Grèce et de la Perse. Du temps de Ptolémée, on voyait sur l'horizon d'Alexandrie : l'Autel, le Centaure tout entier et même la Croix du Sud, comprise alors dans le Centaure et nommée aussi le Trône de César, en l'honneur d'Auguste, ainsi que le rapporte Pline».
C'est ici le lieu de nous arrêter un instant sur ces importantes variations séculaires. De siècle en siècle, les étoiles viennent à nous ou s'éloignent; certaines constellations disparaissent, tandis que d'autres s'élèvent lentement au-dessus de notre horizon, et si la mémoire de l'humanité était assez longue, on garderait le profond souvenir de cet aspect changeant des cieux. Mais les peuples ne vivent qu'un jour! Cette lente révolution des étoiles s'accomplit en 25765 ans, le pôle de l'équateur, c'est-à-dire le point où aboutirait l'axe de rotation de notre planète prolongé jusqu'à la sphère céleste, décrivant en cette période une circonférence de 23° | de rayon tracée autour du pôle de l'échptique. Ce déplacement séculaire du pôle amène un déplacement corrélatif de toutes les étoiles, comme nous l'avons vu déjà en parlant du pôle boréal, en remarquant notamment que Véga, qui était notre étoile polaire il y a quatorze mille ans, le redeviendra dans douze mille. Le pôle de l'écliptique se trouve, au nord, dans la tête du Dragon, sur la ligne de XVIII heures d'ascension droite; au sud, près du Grand Nuage de Magellan, dans la Dorade, sur la ligne de VI heures; toutes les étoiles tournent autour de cet axe, et l'on voit facilement que lorsqu'elles passent par la ligne de VP — XVIIP leur