‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 3 sur 411 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Origine des constellations. - Histoire et description. - Le pôle. - L'étoile polaire. - La Petite Ourse. - Les étoiles depuis deux mille ans.

(c Ainsi, vous n'êtes pas satisfait? répondis-je à lun des lecteurs enthousiastes de V Astronomie loopuUire, qui m'assurait qu en terminant la lecture de la 836^ page de cet ouvrage, il avait trouve ce volume beaucoup trop court.

^ inr SUPPLÉMENT. 1

ASTRONOMIE POPULAIRE. lOb

— Mais non, pas satisfait du tout. Vous m'avez mis en appétit. Je ne me doutais de rien, je n'avais pas goûté au fruit de l'arbre de la science. Maintenant, je suis bien plus affamé, bien plus altéré, bien plus amoureux de science qu'avant d'avoir subi l'influence si attractive d'Uranie.

— Pourtant vous possédez dans cet ouvrage tous les éléments de la connaissance de l'univers. Que désirez-vous de plus?

— Oui, sans doute, les étéments. Mais cela ne me suffît plus. Vous avez soulevé un coin du voile : pourquoi ne pas faire tomber le voile tout entier? Le ciel est un livre que je veux lire maintenant. Les constellations m'intéressent, et vous avez glissé légèrement sur leur histoire; cependant, ne représentent-elles pas l'image de la pensée humaine qui s'est reflétée dans les cieux? J'en lirais avec ardeur une description historique. J'aime Andromède enchaînée sur son rocher ; j'envie Persée qui vole à sa délivrance; j'ai même quelque sympathie pour la Grande Ourse qui depuis tant de siècles tourne sans fatigue autour du pôle, et quand je passe des régions boréales aux signes du zodiaque, mon imagination se transporte aux temps mj^thologiques où nos ancêtres vivaient en communication si intime avec la nature...

— Mais...

— Pardonnez ma passion bien légitime pour une science aussi fascinatrice. Je voudrais connaître chaque étoile par son nom, je voudrais, lorsque le soir le ciel resplendit de tous ses feux, pouvoir épeler ces hiéroglyphes célestes et deviner quels mystères s'accomplissent là-haut; je voudrais savoir tout ce que l'on sait sur ces lointaines lumières aujourd'hui analysées par la chimie du ciel, connaître leur constitution physique, leur valeur, leur puissance, et pouvoir apprécier les richesses variées de chaque constellation; je voudrais...

— Mais..'.

— Oui ! je voudrais connaître les étoiles doubles et multiples, le système de Sirius, le monde de Castor, les couples qui étincellent de cliatoyantes couleurs, les groupes stellaires...

— Mais...

— Les nébuleuses, genèses formidables de mondes en formation, les amas d'étoiles, univers lointains, les voies lactées qui lancent dans Tinfini leurs courbes gigantesques, les...

— Mais...

— Les étoiles variables, dont la mystérieuse lumière subit des métamorphoses si extraordinaires, les étoiles nouvellement apparues

dans les cieux et que riiumauité craintive a pris pour des signes de la colère céleste, les étoiles rouge sang que le télescope...

— Mais enfin...

— ... nous montre figées au fond du firmament bleu. Oh! quelles splendeurs à contempler! quelles richesses à acquérir! quelles jouissances à éprouver ! quelles heures délicieuses à passer encore dans l'étude de la nature, et cette fois-ci le télescope en main, en véritables astronomes. Oui : donnez-nous le supplément que vous nous avez promis.

— Enfin! m'écriai-je à mon tour, vous me permettez de vous répondre un mot. Je comprends votre enthousiasme pour l'Astronomie, pour la science universelle et éternelle. Mais si vous avez lu consciencieusement et exactement compris chacune des lignes des 836 pages de V Astronomie populaire, avouez-moi franchement qu'en certains passages un peu difficiles, les démonstrations mathématiques indispensables ont pu fatiguer quelque peu votre esprit et calmer l'essor de votre imagination. Or, si nous avançons plus loin dans la science, ces passages arides seront plus fréquents, les oasis deviendront plus rares, l'exploration sera plus sérieuse, il y aura plus de chifî^res et moins d'ima«-es...

— • Eh! Monsieur! nous prenez-vous pour des enfants de six ans? nous faites-vous donc l'injure de croire que nous lisions vos ouvrages par fainéantise et que nous n'ayons pas à cœur de nous instruire le plus possible sur les réalités sublimes de la création, au milieu desquelles la plupart des hommes vivent comme des aveugles! Non, non! Nous voulons nous distinguer du troupeau commun ; nous ne perdons pas notre temps dans la lecture des romans ; nous avons soif de science; nous laissons l'ignorance et ses illusions à ceux qui s'en contentent; nous laissons les afi'aires matérielles de la vie, les ambitions de fortune ou d'honneurs d'un jour à ceux que ces petites choses intéressent; nous leur abandonnons même les faits et gestes du patriotisme de chaque clocher et de la politique de chaque fourmilière ; j'irai mêmeplus loin, etpuisque vous paraissez douter de mon enthousiasme, je vous avouerai nettement que, pénétrés du sentiment de l'universel et de l'infini, nous ne sommes plus Français, ni Prussiens, ni Anglais, ni Espagnols, ni Italiens, ni Autrichiens, ni Russes... Vôusparaisez étonné! Mais non. Monsieur, nous ne sommes mêmeplus Européens, pas plus qu'Africains, Asiatiques ou Américains!.. Fourmilières que tout cela! enfantillages que toutes ces distinctions de drapeaux ! folies que tous ces gouvernements militaires ! infamies que ces boucheries internatio-

nales pour lesquelles on élève tous nos fils ! abominables criminels que tous ces chefs d'États et ces crocodiles de diplomates...

— Prenez garde! Monsieur, vous pourriez manquer de respect aux institutions existantes et à l'administration. Si Ton vous entendait!

Comment? ai-je prononcé un seul mot dont la logique et la

justice ne soient pas surabondamment démontrées? Mais, si l'on me poussait à bout, je déclarerais net que je n'ai même pas le patriotisme de la Terre, car la Terre n'est plus pour moi qu'un département du ciel. Non, je ne suis même plus terrestre ; je suis céleste, et je veux désormais connaître le ciel. Vous avez fait de moi, vous avez fait de tous les lecteurs qui vous ont suivi, des êtres célestes. Plaignez-vous ! La vraie patrie, c'est l'univers infini; la vraie religion, c'est l'ascension vers Dieu par l'étude de ses œuvres. Tout le reste, pardonnezmoi l'expression, tout le reste, c'est de la... farce.

— Décidément, Monsieur, vous n'y allez pas par quatre chemins. Le Ciel, je le conçois, vous fait oublier la Terre avec la société humaine; mais je suis tranquille, car les intérêts de la vie, qui nous pressent de toutes parts, ne nous permettent pas de demeurer dans le bleu, et notre éducation nous a donné à tous le sentiment des devoirs sociaux qui régissent le monde moderne. La philosophie éclaire l'âme d'une calme clarté, même lorsqu'elle nous fait toucher du doigt les étonnantes petitesses dont l'humanité s'arrange et se glorifie. En vérité, si tous les lecteurs de mes ouvrages pensent comme vous, nous formons déjà un groupe, convaincu, d'êtres affranchis des erreurs antiques et grossières, et altérés de la vérité, de la vérité universelle, dont la science nous rapproche sans cesse.

Un scrupule pourtant m'arrête encore. Nous allons, comme vous le désirez, faire la description complète du ciel, constellation par constellation, étoile par étoile. C'est là un travail assez ardu, malgré tout son intérêt historique et scientifique. Pensez-vous vraiment que le peuple, le populaire, les lecteurs les plus nombreux soient prêts pour lire ces études techniques comme ils ont lu les descriptions précédentes? Vous, Monsieur, vous n'êtes pas précisément un homme du peuple, vous appartenez à la classe de la bourgeoisie éclairée ; mais les trente mille autres lecteurs de cette première édition ne tiennent peut-être pas autant que vous à s'instruire davantage dans la connaissance de l'univers.

— Détrompez-vous. Les classes du peuple ne sont point du tout inférieures à celles de la bourgeoisie quand à l'aptitude à l'instruction; on remarque même assez souvent le contraire. D'ailleurs,

permettez-moi de vous le dire fi\ancliement : ce n'est pas à vous à suivre le peuple ; c'est à lui à vous suivre. Continuez à l'élever : il vous en sera reconnaissant. Ne vous préoccupez ni de ses goûts ni de ses tendances ; l'éducation actuelle commence à tout transformer. Vous n'avez pointa le flatter : vous n'avez aucune ambition politique, puisque vous avez si nettement refusé le mandat législatif que vos concitoyens vous ont offert. Et je vous en félicite. La politique et la science ne vont point ensemble. On peut môme s'étonner que nos législateurs perdent tant de temps à bavarder sur mille projets de lois, au lieu de réformer simplement l'instruction primaire et secondaire : en deux générations, la France serait instruite dans les sciences exactes au lieu de rester sous la tutelle des idées du moyen âge. Les mœurs ne doivent-elles pas précéder les lois ? La grande, l'urgente question du jour, c'est donc la diffusion de l'instruction positive. Etqu'y a-t-il de plus intéressant que l'astronomie aujourd'hui? Au lieu d'être restée embrouillée dans des formules inextricables, cette science est devenue claire, méthodique, limpide, philosophique, séduisante : c'est la lumière même éclairant l'univers.

— Eh bien! je vou-s l'avoue : il est préparé de longue date, ce complément dont vous souhaitez la publication avec tant d'insistance. Oui, nous allons faire la description méthodique du ciel, et nous allons passer en revue les curiosités de toute nature éparses dans le riche écrin de l'univers, de telle sorte que ceux qui posséderont cette seconde partie sauront désormais lire dans le ciel comme dans un livre. Continuons de nous instruire dans la réalité; consacrons nos meilleures heures à la science; entrons en communication de plus en plus intime avec la nature; vivons de la vie de l'âme, et montons encore dans la Lumière et dans la Liberté. »

Telle est la conversation que l'on aurait pu entendre le 15 janvier 1880, à minuit, sous les voûtes de l'Observatoire de Paris, à la sortie d'une conférence scientifique, et elle se trouve si à propos pour ouvrir ces nouvelles pages que je n'ai pu résister à la tentation de la reproduire ici.

La connaissance plus approfondie que nous désirons faire avec le ciel peut être inaugurée par l'étude historique et astronomique des constellations. C'est le premier fait de l'histoire de la science. Aussitôt que les hommes eurent remarqué les étoiles de la nuit silencieuse, dès qu'ils se furent demandé quelles pouvaient être ces lumières loin-

taines et quels services elles étaient capables de leur rendre, ils durent créer des groupes formés par les étoiles voisines entre elles, ou disposées suivant des lignes, en figures plus ou moins régulières. Ils ne tardèrent pas à leur donner des noms en rapport avec ces figures ou avec l'association apparente de ces étoiles aux saisons, aux faits météorologiques et climatologiques, aux dates des calendriers primitifs, aux souvenirs, aux fêtes, aux réunions; dans la suite des temps, la politique et la religion ajoutèrent des noms nouveaux aux constellations anciennement remarquées, en transportant dans le ciel les héros que la reconnaissance ou la crainte voulaient immortaliser.

La formation des constellations a commencé par les plus apparentes et par les plus utiles aux besoins de l'humanité primitive, par la Grande Ourse, Orion, les Pléiades, les Ilyades, Sirius et le Grand Chien, Aldébaran et le Taureau, Arcturus et le Bouvier, la Petite Ourse, le Dragon, etc. Dans la suite des siècles, on occupa les places restées vides. Le ciel se peupla successivement, et l'on pourrait remarquer dans les figures imaginées et dans les noms des astérismes les vestiges des époques de leur création, comme on remarque dans le plan d'une grande ville les noms des rues correspondant aux idées régnantes des différents siècles. Ainsi, par exemple, à Paris, toutes les rues anciennes portent simplement l'indication du but où elles conduisaient, ou le caractère local de la rue, puis elles reçoivent des noms de saints, donnés pendant tout le moyen âge et jusqu'au xvn" siècle; au xvni* siècle, les nouvelles rues sont baptisées de noms d'hommes d'Etat, de navigateurs, de savants; sous la première République et l'Empire, noms de philosophes, puis de généraux; sous la monarchie de Juillet, noms de fonctionnaires et de bourgeois plus ou moins célèbres; sous le second Empire, noms de batailles, de généraux et de savants; sous la République actuelle, noms de républicains et de savants... Insensiblement, les savants prennent la place des saints. Le parallélisme entre les deux procédés est même assez curieux. Dans les constellations : les Pléiades, les Ilyades, les Ourses polaires, le géant Orion, la Vendangeuse, la Canicule, la Couronne, le Triangle, les Gémeaux; — Hercule, Andromède, Persée, Céphée, Cassiopée, Antinous;—la Colombe de Noé, la Fleur de Lys, les Chiens de Chasse, l'Ecu de Sobieski;— l'Horloge, la Boussole, la Machine pneumatique, le Fourneau chimique ; — le Télescope d'Herschel, la Machine électrique, l'Atelier de Typographie, l'Aérostat. Puis, lorsqu'il s'est agi de faire la nomenclature des pays lunaires, ce sont des noms de savants que l'on a choisis; de même pour la géographie de Mars et

pour les détails de certaines nébuleuses. Dans les noms des rues de notre grande capitale : rue Montmartre, rue des Martyrs, rue Pierre- Levée, rue de Vaugirard, rue de Grenelle, rue des Fossés, rues du Bac, du Four, des Boulangers, Poissonnière, des Petits-Champs, du Mail, Vide-Gousset; — rues Saint-Denis, Saint-Martin, Saint- Jacques, Saint-Honoré, Saint-Antoine, Saint-Louis, Saint-Sauveur. Saint-Marc, Saint-Lazare; — rues Montmorency, Suger, Sully, Colbert, Louvois, Vauban, Duquesne, Clioiseul; — rues Malherbe, Corneille, Boileau, Racine, Bossuet, Maupertuis, Voltaire, J.-J. Rousseau, Réaumur, Buffon, Cassini; — rues Bonaparte, de Rivoli, Marengo, des Pyramides, du Caire; — rues Rambuteau, Cuvier, Linné, Laplace; — boulevard Sébastopol, pont de i'Alma, rues de Solférino, Turbigo, Magenta; Copernic, Galilée, Kepler, Newton; boulevard Arago; — rue du Quatre-Septembre, rue de Châteaudun; rues Herschel, Washington, Lincoln, Michelet, Edgard Quinet, etc. Les opinions et préoccupations de chaque époque se rellètent dans les nojns inscrits au Ciel comme sur la Terre.

Il est intéressant pour nous d'entrer en communication plus complète avec ces mystérieuses figures de la population sidérale. De même que les cartes sont utiles pour voyager, ainsi les cartes du ciel sont utiles pour se reconnaître dans cette immense étendue. Sans doute, si c'était à recommencer, si les sciences étaient logiquement formées toutes d'une pièce et sortaient entières d'un cerveau créateur, comme Minerve qui, dit-on, s'échappa tout armée du cerveau de Jupiter, on n'inventerait ni ces figures mythologiques, ni leur histoire; de môme que si l'on faisait aujourd'hui la géographie logique de notre planète on n'inventerait ni les ridicules frontières, éternels sujets de la dispute des riverains, ni les animosités nationales qui forment le canevas du roman souvent dramatique de l'humanité. Mais nous sommes bien obligés de prendre les choses comme elles sont, et notre esprit ne peut que s'attacher à en tirer le meilleur parti possible. D'ailleurs, les étoiles les plus importantes du ciel étant incorporées dans ces configurations, notre instruction uranograpUique serait incomplète si ces figures nous restaient inconnues, et un atlas céleste est le complément naturel d'un traité général d'astronomie.

Remarquons, avant d'entrer dans le détail de nos constellations, que, tandis que les voyageurs sont obligés de parcourir la terre et de se déplacer pour en explorer les diverses contrées, le mouvement apparent de la sphère céleste, qui pousse les astres d'orient en occident, amène sous les yeux d'un observateur assis dans un beltédère les

diverses régions du ciel étoile. Une fatalité irrésistible semble faire surgir de l'orient tous les astres qui, suivant l'expression d'Homère, servent de couronne au ciel, tandis qu'à l'occident ils disparaissent sous l'horizon. La nature complaisante semble dire k l'homme, pour les astres : Contemple, et contemple sans peine.

Pour cette description, nous reproduirons ici, en dix-huit planches, le meilleur, le plus complet et le mieux gravé de tous les atlas célestes, celui de Bode, composé au commencement de ce siècle, lequel ne sera jamais ni surpassé, ni égalé, attendu que l'histoire des constellations n'occupe plus maintenant que la seconde place dans les ouvrages astronomiques : ces dix-huit gravures formeront ici un atlas représentant les constellations anciennes et modernes du ciel tout entier. Notre fig. 3 (p. 9) en est la première planche.

Commençons par le pôle nord. La Petite Ourse, Ursaminor, lui

semble attachée par la queue et tourne en vingt- quatre heures autour de ce point fixe comme .autour d'un pivot, en sens contraire du mouvement des aiguilles d'une montre.

Elle se compose essentiellement de sept étoiles disposées suivant une figure analogue à celle de la Grande Ourse, mais en sens contraire. C'est à Thaïes, au septième siècle avant notre ère, que l'on rapporte la dénomination de cette constellation, qui s'appelait auparavant, chez les Phéniciens, la Queue du Chien, la Cynosure. Ces navigateurs avaient remarqué sa fixité dans la région boréale du ciel et s'en servaient pour se diriger sur la Méditerranée : elle leur assura pendant près de mille ans la prépondérance sur les mers. On l'appelait aussi la Phénicienne. Dans la mythologie, la Grande Ourse est la nymphe Callisto, et la Petite Ourse est son chien. Chacun sait que, prenant la forme trompeuse de Diane, Jupiter séduisit un jour Callisto, nymphe favorite de cette déesse, et qu'il en eut un fils, nommé Arcas : c'est ce que les jeunes filles apprennent dans leur mythologie en faisant leurs a humanités. » Jupiter, voulant honorer ces deux êtres, ne pouvait certainement rien faire de mieux que de les transporter au ciel. Mais il y a si longtemps de cela qu'ils n'y sont plus : la nymphe s'est métamorphosée en ourse, quoiqu'elle n'en eût guère l'humeur, si l'on en croit la

Fig. Z. •— Les constellations voisines du pôle. Petite Ourse. — Dragon. — Céphée. — Girafe. — Renne. — Mossier.

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légende; son chien a subi la morne transformation, et au lien de Callisto et de son chien, la sphère étoilée nous montre depuis deux mille ans la Grande et la Petite Ourse. Quant à Arcas, il est devenu le Bouvier; c'est un homme d'âge mûr qui n'a point du tout l'air d'un enfant [voy. plus loin) ; il est vrai que depuis tant de siècles il a pu facilement vieillir. Néanmoins, Jupiter n'a pas été tout à fait prévoyant.

Ovide donne une version assez curieuse de la métamorphose de Callisto. Jupiter l'aurait transformée en ourse sur la terre môme. Un jour, cà la chasse, Arcas se disposait à tuer sa mère, qu'il ne reconnaissait pas (on le croit sans peine), lorsque Jupiter enleva cette ourse au ciel et par la même occasion y transporta également Arcas sous la forme d'un gardien, Arclophy.lax , gardien de l'ourse. C'est le nom qu'il porte encore sur plusieurs atlas Mais comme plus tard les sept étoiles de la Grande Ourse furent considérées comme sept bœufs paissant dans la campagne céleste, le gordien de l'ourse devint le gardien des bœufs, le Bouvier, tandis que les sept étoiles du nord étaient nommées Septem triones.

Six siècles avant notre ère, sous Thaïes, la Petite Ourse reçut son nom. Aratus, qui écrivait au in^ siècle avant notre ère, remarque qu'elle s'appelait déjà aussi le Petit Chariot, par similitude avec le Grand Chariot [Amaxa).

Les anciennes constellations étaient formées depuis longtemps et déjà classiques au temps d'Eudoxe, disciple de Platon, qui, au IV" siècle avant notre ère, a observé les positions des 47 principales étoiles visibles en Grèce et rédigé le plus ancien catalogue d'étoiles qui nous ait été conservé. Cette première astronomie grecque venait de l'Egypte, et je crois, avec mon illustre ami Henri Martin, que le pays des sphinx et des pyramides est le plus ancien auquel notre histoire classique, grecque et romaine, puisse remonter pour les origines des sciences et des arts. Voici les étoiles observées par Eudoxe et placées sur sa sphère vers l'an 368 avant notre ère. C'est Zaphts rR' donne description que nous possédions de notre sphère astronomique.

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