‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 4 sur 411 · ÉTOILES SIGNALÉES PAR EUDOXE AU QUATRIÈME SIÈCLE AVANT NOTRE ÈRE · texte numérisé non relu

ÉTOILES SIGNALÉES PAR EUDOXE AU QUATRIÈME SIÈCLE AVANT NOTRE ÈRE

L'épaule gauche du Bouvier. Le pied antérieur boréal.

L'étoile supérieure de la Couronne. La précédente à la tête des Gémeaux,

lia tête du Dragon. La suivante id.

La supérieure de la Lyre. Le pied droit d'IIeniochus.

La supérieure de laile droite du Cygne. Le pied gauche id.

La i)oitritic de Céphée. La jambe gauche de Pcrsée.

Aux pieds de Cassiopée. L'épaule gauche id.

Le pied antérieur austral de la Grande La main droite d'Andronriède,

Uurse. Le cou du CH'gne.

Le bec du Cygne.

L'épaule droite d'Oiihiuchus.

L'épaule gaurlie id.

Le cœur du Liou,

L'australe du Cou id.

La boréale des précédentes « in lator-

culo » du Cancer.

L'australe des précédentes id.

La boréale des suivantes, asellusboreug.

L'australe id., asellus australis.

La tête d'Ophiucliujs.

A l'aile gauche du Cygne. Au bout.

id. id. Au coude.

Au bras droit d'Andromède.

Au cou du Serpent d'(~)phiuchus.

A la main droite de l'Ingeuiculus.

Aux reins du Bélier.

Cenou droit du Taureau

Zone d'Orioii. Milieu.

Au Hcxus de l'Hydre,

Au bord boréal de la coupe.

Anse boréale id.

Dans l'aile suivante du Corbeau.

L'étoile brillante du bras boréal do

Scorpion.

Le genou gauche d'Ophiuchus. Le genou droit id.

La petite de l'aile gauche de l'Aigle.

Aux reins du Cheval.

Tête du Cheval. Os Pegasi.

La brillante du cou du Cheval.

Poisson boréal. Milieu des trois.

Cette liste, qui ne contient ni Sirius, ni plusieurs autres étoiles de première grandeur, nous montre que le choix d'Eudoxe a été fait methodiquement sur une sphère déjà construite, et, en effet, les neuf premières étoiles ont été observées pour marquer la trace du cercle arctique des astres qui ne se couchaient pas à Athènes au temps d'Eudoxe, les vingt-trois suivantes pour marquer le cercle tropical, et les quinze dernières pour marquer le cercle équinoxial. Dès cette époque donc, la cosmographie était fondée, et les observatoires possédaient des instruments pour mesurer les positions précises des étoiles dans le ciel. La sphère céleste était déjà dessinée.

Ces instruments antiques n'étaient ni des lunettes, ni des télescopes, mais des règles pour viser, des tubes pour mieux pointer les étoiles, montés sur de grands cercles divisés en degrés, de sorte que les distances angulaires des étoiles entre elles et leur position sur la sphère céleste pouvaient déjà être déterminées avec une grande exactitude. Il y avait à Tobservatoire d'Alexandrie un immense globe céleste, des astrolabes, des dioptrcs, des armilles, et les astronomes faisaient là toutes les nuits des observations d'étoiles et de planètes comme ils en font de nos jours dans nos observatoires contemporains.

L'œuvre d'Eudoxe a été mise en vers grecs par Aratus, dont le poème, intitulé les Phénomènes, a eu l'honneur d'être traduit en latin par Cicéron et par Germanicus César, commenté par Ilipparque et cité par saint Paul. Ce poème, dont nous avons plusieiÎFS éditions depuis l'invention de l'imprimerie, décrit successivement les deux Ourses, nommées aussi les Chariots et les Hélices, parce qu'elles tournent autour du pôle, le Dragon qui serpente entre les deux Ourses, l'Homme à genoux (Engonasi), la Couronne, Ophiuchus ou le Serpentaire, le Gardien de l'Ourse (le Bouvier), la Vierge et son étoile qui

annonce la vendange, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, qui annonce le solstice d'été, le Cocher avec la Chèvre et les Chevreaux, le Taureau, dont la tête est marquée par des étoiles qui en dessinent la figure, Céphée, près de la Cynosure, Cassiopée, qui a la figure d'une clef: les bras élevés au-dessus de ses épaules, elle semble déplorer le sort de sa fille Andromède, placée au-dessous d'elle et enchaînée; le Cheval Pégase, le Bélier, le Triangle, les Poissons, Persée, qui porte la main près du trône de sa belle-mère Cassiopée, lés Pléiades, jadis au nombre de sept, maintenant au nombre de six, la Lyre, faite par Mercure avec l'écaillé d'une tortue, le Cygne, l'Aigle, le Verseau, le Capricorne, le Sagittaire, qui tend son arc vers la queue du Scorpion, les Serres du Scorpion, le Géant Orion, le Dauphin, le Chien au pied d'Orion : sa gueule porte Sirius; le Lièvre, qui paraît poursuivi par le Chien, le Navire Argo, avec l'étoile Canobus, devenue ensuite Canopus, le fleuve Eridan, la Baleine qui efTraye Andromède, le Poisson austral, la Couronne australe, l'Autel, qui présage les tempêtes, le Centaure, la Bête percée par le Centaure, l'Hydre qui se traîne en longs replis, le Corbeau qui a l'air de lui donner des coups de bec, la Coupe. Aratus termine en ajoutant que sous les Gémeaux brille Procyon.

Ce sont là, décrites aux quatrième et troisième siècles avant notre ère, les anciennes constellations de la sphère grecque, qui sont toujours en usage dans nos atlas; on ne remarque qu'une seule exception pour la Balance, qui n'y est pas une seule fois nommée, et qui est remplacée par les Serres (du Scorpion). Vers la même époque, Manéthon, prêtre égyptien, a écrit une description analogue des constellations, et fait la remarque que les prêtres ont changé en plateau de balance les Serres du Scorpion, à cause de la ressemblance. C'est donc à tort qu'on a supposé depuis que la constellation de la Balance n'avait été formée qu'au siècle d'Auguste.

Remarquons dans le poëme d'Aratus deux particularités assez singulières. D'une part, il dit que la Lyre ne possède aucune étoile brillante; or, son étoile principale, Véga, est Tune des plus magnifiques du ciel : aurait-elle varié d'éclat? D'autre part, il assure que Cassiopée est si brillante, que la pleine lune elle-même ne peut l'éclipser; or, il n'y a là aucune étoile de première grandeur; mais la plus éclatante des étoiles temporaires qu'on ait jamais vues , celle de 1572, a brillé dans Cassiopée : elle surpassait en éclat Vénus et Jupiter, et apparaissait en pleinjpur; aurait-elle déjà fait une apparition du temps d'Eudoxe? AratiTs ne paraît pa» avoir observé lui-même.

Obscrvatior.s anciennes à l'Observatoire d'AlexaixIrio.

Ainsi, dès cette époque lointaine, en ces siècles où notre terre de Gaule n'était encore peuplée que de pasteurs, couverte de forêts, parsemée de prairies solitaires, dépourvue encore de cités murmurantes, et où la Seine silencieuse inondait périodiquement les vastes plaines aujourd'hui illustrées par les travaux et les plaisirs de la Babylone moderne, dès ces temps reculés, les penseurs de la Grèce saluaient dans le ciel, comme le faisait en notre siècle l'auteur des Hairmonies, ces constellations qu'il a si éloquemment chantées :

Là l'antique Orion. des nuits perçant les voiles,

Dont Job a le premier nommé les sept étoiles;

Le Navire fendant l'éther silencieux,

Le Bouvier dont le char se traîne dans les cieux,

La Lyre aux cordes d'or, le Cygne aux blanches ailes,

Le Coursier qui du ciel tire des étincelles,

La Balance inclinant son bassin incertain,

Les blonds Cheveux livrés au souffle du matin,

Le Bélier, le Taureau. l'Aigle, le Sagittaire,

Tout ce que les pasteurs contemplaient sur la terre,

Tout ce que les héros voulaient éterniser.

Tout ce que les amants ont pu diviniser.

Transporté dans le ciel par de touchants emblèmes.

Le premier astronome qui, non satisfait de ces données générales, ait observé avec soin et noté avec précision la population du ciel, est Hipparque de Rhodes, vers Tan 130 avant notre ère. Son grand catalogue, qui nous a été conservé dans VAlmageste de Ptolémée , renferme 1022 étoiles distribuées entre 48 constellations : 15 étoiles de première grandeur, 45 de deuxième, 208 de troisième, 474 de quatrième, 217 de cinquième et 49 de sixième, 9 étoiles qu'il appelle sombres et 5 qu'il appelle nébuleuses. C'est de cet astronome que Pline l'ancien a dit avec tant d'enthousiasme : « Il osa compter les étoiles et les nommer pour la postérité, tentative audacieuse, même pour un dieu! » Que dirait Pline aujourd'hui de nos catalogues modernes, qui donnent les positions précises de plus d'un million d'étoiles! Ces origines de la science sont aujourd'hui pour nous du plus haut intérêt, et elles apparaîtront ici tout naturellement dans l'histoire des constellations. Mais revenons vite à la Petite Ourse, et commençons par elle la double description qui doit nous instruire, d'une part la description historique des constellations, et d'autre part la description scientifique des étoiles qui les composent et des curiosités de divers genres qu'elles peuvent offrir. C'est dans cet ordre que nous procéderons pour cette étude générale. La Petite Ourse n'est pas riche au point de vue de l'observation astronomique, comme on va en juger tout de suite.

LA PETITE OURSK jj

Pour trouver cette constellation dans le ciel, il suffit de se tourner vers le nord, chercher les sept étoiles toujours visiblc's de la Grande Ourse, reconnaître les deux dernières du Chariot, p et a, et prolonger par la pensée une ligne menée de p à a ( ' ) . Cette ligne conduit directement et sans équivoque possible à l'étoile « de la Petite Ourse, étoile de 2" grandeur. C'est l'Etoile polaire. Une minute d'attention suffît ensuite pour reconnaître les six autres étoiles du Petit Chariot, en commençant par les deux roues d'arrière, qui sont les plus brillantes. Voici l'éclat de ces sept étoiles, que j'ai spécialement vérifié tout récemment (février 1880) :

Les grandeurs sont estimées à un dixième près.

Ce sont là les sept étoiles du Petit Chariot, auxquelles le jurisconsulte astronome Bayer a donné des lettres en 1603. lien a nommé une 8*, B, à côté de t. (Etudier la fig. 6.)

La Polaire et les deux d'arrière sont très faciles à reconnaître, même pour les vues basses ; les quatre autres sont plus petites, mais néanmoins bien visibles quand le ciel est pur. |3 est un peu rougeâtre, et varie légèrement d'éclat : je l'ai vue quelquefois un peu plus brillante que a. On remarque encore, du côté de p, une étoile de 4* grandeur et demie, plus apparente que 0, mais qui n'a pas reçu de lettre : c'est le n" 5 du catalogue de Flamsteed, et, un peu plus loin, une autre de 5* grandeur, qui porte le n" 4 du même catalogue. Au delà de y, vers le sud, c'est-à-dire à l'opposé de la Polaire, on voit aussi deux petites étoiles qui portent les n"' 4949 et 5058 du Catalogue de l'Association britannique (British Association Catalogue, en abrégé B. A. C); la

(•) Pour éviter toute recherche nouvelle, voici les lettres de l'alphabet grec, paf lequel les étoiles sont généralement désignées.

a alpha.

Ç zêta.

X lambda.

it pi.

9 phi.

p bêta.

Y) êta.

\L mu.

p rho.

X chi.

Y gamma.

0 thêta.

V nu.

9 sigma.

<|/ par-

6 delta.

i iota.

i xi.

T tau.

ti) oméga.

e epsilon.

X cappa.

0 omicron.

u upsilon.

Je supplie mes lecteurs de les apprendre : c eut une affaire de dix minutes.

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