LE SYSTÈME TRIPLE DE GAMMA ANDROMÈDE
plaindre d'un contraste trop violent entre les chaleurs torrides de juilk't et le froid noir du frissonnant décembre.
Le maximum actuel de cette étoile variable est arrivé le 29 mai 1 880, époque à laquelle on a pu voir cette étoile à l'œil nu; puis elle a diminué lentement d'éclat, a disparu à la vue, et ne s'est plus laissée observer qu'à l'aide des instruments astronomiques. On pourra la rechercher de nouveau 405 jours après ce maximum, c'est-à-dire, puisque le 29 mai est le 149" jour de l'année, qu'elle reparaîtra à son prochain maximun le 188" jour de l'année 1881, ou le 8 juillet.
Mais, de toutes les curiosités célestes que renferme cette constellation, l'une des plus merveilleuses est sans contredit la belle étoile triple gamma d'Andromède. Une lunette de faible puissance (notre lunette n° 1) la dédouble en un splendide soleil orangé et un charmant soleil brillant d'une translucide nuance émeraude, et un instrument plus puissant dédouble de nouveau celui-ci en deux pierres précieuses, une émeraude et un saphir. Je défie l'esprit le plus froid de contempler cette triple association de soleils sans être saisi d'admiration. Et nul spectacle n'est plus facile à se donner, puisque l'étoile y d'Andromède est une étoile de seconde grandeur que l'œil le plus inattentif peut reconnaître dans le ciel en quelques minutes. {Voy. notre /ig. 41.) Cet admirable couple, l'un des plus ravissants du ciel, a été découvert le 29 janvier 1777 par Christian Mayer, astronome à Mannheim, qui avait dirigé une lunette l'année précédente sur cette môme étoile, sans la voir double, quoiqu'il cherchât des étoiles doubles. « Ce soir-là, écrit-il, je trouvai à ma grande surprise un petit compagnon pâle et à peine visible. Un an plus tard, le 27 janvier 1778, je fus fort étonné de le trouver brillant comme une étoile de 7" grandeur. » Il ne fait aucune remarque sur les couleurs, qui sont cependant si frappantes.
Si l'on ne savait combien il faut être réservé sur les observations négatives (car ne pas voir certains détails, même en a^'ant les yeux dessus, ne prouve point qu'ils n'existent pas), on pourrait croire que la seconde étoile de y d'Andromède n'existe pas depuis longtemps, — on du moins n'est devenue visible qu'en 1777, car il faudrait tenir compte du temps que sa lumière emploie pour arriver jusqu'à nous. Par une belle nuit d'août 1764, l'habile observateur Messier, se servant d'un télescope nevi^tonien de quatre pieds et demi de longueur, compara attentivement la nébuleuse d'Andromède à l'étoile y pour apprécier sa lumière : or, il ne vit cette étoile ni double ni colorée. En 1776, une lunette de huit pieds ne montra pas davantage ce compagnon à ]\Iayer, qui pourtant cherchait des étoiles doubles. En 1777, il le découvrit, à