‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 316 sur 411 · NEPTUNE · texte numérisé non relu

NEPTUNE

La planète Neptune offre l'éclat d une étoile de huitième grandeur. Elle n'est donc jamais visible à l'œil nu, et demande pour être facilement reconnue et observée une lunette de 75 millimètres (ou mieux une de 108), qui permette de distinguer les étoiles jusqu'à la neuvième grandeur. Pour la -trouver, il faut connaître sa marche parmi les étoiles. Nous donnons dans la carte ci-après {fig. 382) toutes les étoiles de la région qui nous intéresse ici, jusqu'à la 9** grandeur inclusivement. En se servant des étoiles les plus brillantes comme points de repère, on pourra, non sans difficulté toutefois, pointer sa lunette sur l'endroit désire, et arriver à reconnaître la pâle et lointaine planète, qui décrit dans le ciel le cours tracé sur ce diagramme.

Elle est actuellement (septembre 1881) par 2" 57™ d'ascension droite et 15" de déclinaison boréale, dans la constellation du Bélier, sur la ligne qui joint [j. de la Baleine à ti ^ du Bélier, à 3 degrés environ à l'est de l'étoile g du Bélier. C'est de septembre à mars que cette région du ciel est le plus favorablement située pour l'observation, et c'est par conséquent cette époque de l'année que les observateurs devront choisir pour faire coiina'ssance avec Neptune.

Cette planète passe actuellement en opposition, c'est-à-dire au méridien à minuit, au commencement de novembre :

1881 6 novembre

Elle retarde en moyenne de deux jours par an. Comme cette île lointaine n'emploie pas moins de 165 ans à décrire le tour entier

Flg. 382. — Positions et marche de la planète Neptune.

f». Bileine

du ciel, elle ne se déplace guère que de 2 degrés annuellement, ou d'environ 4 fois le diamètre de la Lune, s'avançant lentement de l'ouest verb l'est. L'époque que nous venons de signaler restera donc pendant bien des années celle de la visibilité de la planète audessus de notre horizon. En 1883, elle entrera dans la constella-

tiou du Taureau, et ensuite ce sera d'octobre à avril qu'elle passera sur nos tètes ('); on voit, dans tous les cas, que le changement est extrêmement lent. Si les brillantes planètes ne marchaient pas plus vite que Neptune, elles ne seraient pas difficiles à trouver chaque année.

A part le simple point de curiosité, bien légitime d'ailleurs, d'avoir uu Neptune une fois dans sa vie, l'observation de cette planète n'offre un intérêt réel qu'aux astronomes munis de puissants instruments. Pour distinguer son satellite, il faut au moins une lunette de 8 pouces (21 centimètres). Les grands instruments seuls permettent de reconnaître, au lieu d'un simple point lumineux, un disque à peine sensible et très pâle, légèrement bleuâtre, qui ne mesure, du reste, que 3" de diamètre. Lalandc l'a observée comme étoile les 8 et 10 mai 1795, sans se douter qu'il avait sous les yeux une planète extérieure à Uranus. Nous n'entrerons ici dans aucun détail sur la description physique des planètes et sur leur histoire, le sujet ayant été traité avec tous ses développements dans notre Astronomie populaire et dans nos Terres du ciel : nous n'avons à nous occuper que de leur position dans le ciel, de la manière de les trouver et de les observer.

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