‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 36 sur 411 · LE TRIANGLE. - LA MOUCHE. — LA FLEUR DE LYS · texte numérisé non relu

LE TRIANGLE. - LA MOUCHE. — LA FLEUR DE LYS

Nous ne signalerons dans cette petite constellation que deux objets intéressants, une étoile double et une nébuleuse. La première est l'étoile 6, nommée aussi i (mais, comme nous venons de le voir, cette lettre n'appartient pas à la classification de Bayer). C'est un couple élégant formé d'une étoile de 5' grandeur et demie et d'une de 6' 1/2, la première brillant d'un bel éclat jaune cVor, la seconde colorée d'une nuance vert bleu vraiment exquise. L'écartement des deux compos santés est de 3" 7. Depuis un

siècle qu'on les mesure, elles ont à peine changé de position l'une par rapport à l'autre.

La nébuleuse située entre « Triangle et (3 Andromède est la .33^ du catalogue de Messier, et peut être aperçue avec la plus faible lunette d'approche. Elle est fort étendue, occupe près d'un demi-degré, mais elle est très faible et mal définie ; la chercher lorsqu'il n'}^ a pas de clair de lune.

F ig. 52. - L'étoile double 6 du triangle. Elle a été réSOlue eU étoilcS dèS

le temps de William Ilerschel, qui parvint à y découvrir une sorte de poussière lumineuse — poussière dont chaque grain est un soleil ! Le télescope de lord Rosse a montré en elle une structure en spirale analogue à celle qui a si merveilleusement contourné la grande nébuleuse de la constellation des Chiens de chasse.

Certaines cartes dessinent le triangle équilatéral en ajoutant de petites étoiles aux brillantes ; mais on le voit dans le ciel sous la forme d'un triangle isocèle, dont a marque la pointe, |3 et y traçant la base. Hévélius a ajouté un petit triangle à côté du grand, et dans cette môm^e région du ciel (revoir notre fig. 27, p. 49), on a aussi dessiné une Mouche, déjà placée en 1624 sur le globe de Bartschius, et qui s'est métamorphosée en Fleur-de-Lys sous Louis XIV, comme on le voit sur le globe de Coronelli (1690).

^lais ley fleurs de lis ne durent pas plus longtemps que les mouches en nos siècles de scepticisme et d'égalité, et cet emblème royal s'est vite fané en plein ciel : la fleur comme l'insecte ont disparu de nos cartes modernes, et les trois étoiles de ce minuscule astérisme sont rentrée.s dans le domaine du Bélier, auquel elles appartenaient, par droit de conquête comme par droit de naissance.

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