LES HONNEURS DE FREDERIC. — LE LEZARD
et
Même décadence pour les Honneurs do Frédéric, dessinés dans le ciel en 1798 par Bode, hommage à la mémoire du roi philosophe et guerrier dont Voltaire s'était fait l'ami trop intime. Voyez sur notre fig. 27, au-dessus de la main droite d'Andromède (qu'elle a du abaisser pour faire un peu de place), le trophée royal formé d'ailleurs d'étoiles peu importantes; déjà, avant la fm de ce siècle, le voici tombé on désuétude^ avant môme que le nom du monarque jTussien soit tout à fait oublié. Sic transit gloria, mundi !
N'oublions pas le Lézard, que l'on voit dessiné près du trophée précédent; son histoire est assez curieuse. Tout d'abord, ce n'était point un lézard, mais aussi un emblème royal, le Sceptre et la Main de Justice, dessinés sur les cartes du temps de Louis XIV. (Il faut croire que cette région du ciel était prédestinée au pinceau de la flatterie.) Augustin Royer, « architecte du Roy », publia à Paris, en 1679, un catalogue d'étoiles qu'il paraît avoir composé en collaboration avec le Père Anthelme, chartreux de Dijon. Le catalogue est bon ; mais voici ce qu'on lit dans la dédicace « à Monseigneur le Dauphin » :
« L'on a été assez heureux, en faisant les observations nécessaires, de découvrir dix -sept étoiles entre les constellations de Géphée, d'Andromède et de Pégase, dont aucun auteur n'a encore parlé, et qui n'ont été marquées jusqu'ici dans aucun ."atalogue ; ces dix-sept étoiles, par leur disposition, représentent heureusement le Sceplre royal et la Main de Justice. L'on pourrait dire que ces étoiles, qui sont de tout tempsau Ciel, auraient été cachées aux yeux de tous les astronomes jusques à aujourd'hui que la gloire du Iloy est si grande par toutes les victoires qu'il vient de remporter sûr un nombre infini d'ennemis ligués contre lui, et par la paix qu'il accorde ensuite à leurs instantes prières, que le Ciel voulant donner des marques à la postérité de la grandeur et de la douceur de son règne, a consacré les principaux ornements de sa royauté en faisant paraître ces dix-sept étoiles pour composer cette constellation. Ce qu'il y i de particulier, c'est que, lorsqu'elle passe au méridien, la Main de Justice se Touve au zénith de Paris, capitale des Etals de ce grand Monarque, comme pour
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Fig. 53. — Etoiles du Lézard.