‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 48 sur 411 · HISTOIRE DE LA GRANDE OURSE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA GRANDE OURSE

qui substitua ce mot à celui de Mérak, déjà donné à p et également donné à Ç dans les anciennes tables; Mizar apparaît comme nom propre dans la 42" psaume de David ; au dixième siècle Sùfi appelle cette étoile al-anâk-al-bénat « la chèvre des pleureurs » ; la dernière étoile de la queue, n, est nommée Alkaïd ou Benetnash, deux mots dérivés de la dénomination arabe al-kayid-al-benàt-al-na'sh « le g-ouverneur des pleureurs. » Pour se rendre compte de ces deux dernières dénominations, il faut savoir que les anciens Arabes voyaient dans les quatre étoiles du carré de la Grande Ourse un cercueil, et dans les trois de la queue les suivantes du mort. Job parle déjà de la Grande Ourse (ch. xxxviii , v. 31 ) et nomme les étoiles qui la composent hscni nasch « les fils du brancard » et dans les chants anciens on les nomme également banât nasch « les filles du brancard » ou du corbillard. L'image, assurément, n'a rien de bien gai; mais en général les Arabes ne le sont guère, à commencer par Job lui-même, qui leur était assez proche parent. Il faut avouer, du reste, que cette constellation a été le sujet de bien des symboles et de bien des représentations diverses. Les Chinois la nommaient Pé-teou «le boisseau » , formé des quatre étoiles du quadrilatère, les trois autres représentant le manche, Pei. Sa direction, qui varie selon les heures de la nuit et selon les mois de l'année, était associée aux saisons. « Quand, le soir, la queue est dirigée vers l'orient, écrivait le Chinois Hô-Koan-tsse au quatrième siècle avant notre ère, il est printemps dans le monde; quand elle est dirigée vers le sud, il est été; quand elle est dirigée vers l'occident, il est automne ; et quand elle est dirigée vers le nord, il est hiver. » Les Chinois appelaient aussi la même constellation Ti-tche « le char du souverain » . Ce nom de char paraît être le plus ancien qu'elle ait porté, et il est toujours resté le plus populaire. Au moyen âge, les derniers bardes druides chantaient le chariot d'Arthur, et de nos jours les paysans de nos campagnes désignent encore la même constellation sous le nom de chariot de David.

Mais combien d'autres noms n'a-t-elle pas reçus de siècle en siècle ! Les Grecs la nommaient Hélice, à cause de son mouvement rotatoire autour du pôle, qui était beaucoup plus serré il y a trois et quatre mille ans que de nos jours; plus tard, on l'appela l'Ourse, parce que c'est le seul animal connu des anciens qui ait sa résidence dans les régions polaires ; les Gaulois nos ancêtres y voyaient un sanglier, et son image est sculptée sur leurs pièces de monnaie ; les Egyptiens y voyaient un hippopotame, nommé par eux dans leurs hiéroglyphes Horus- Apollon; les Latins ont, comme nous l'avons vu, nommé ces

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