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Deux étoiles variables intéressantes, R et S Pégase, existent dans cette région du ciel, offrant Ténorme fluctuation d'éclat qui s'étend de la septième à la douzième grandeur; mais on ne peut les trou-
LA CONSTELLATION D1-: PÊGASI-:
ver et les observer qu'à l'aide d'instruments gradués et assez puissants.
- Remarquons dans cette constellation quelques étoiles doubles dignes d'attention :
L'étoile e est accompagnée d'une petite étoile de 9* grandeur, mais très écartée, à 138". Intéressante pour une petite lunette munie d'un oculaire à cbamp large.
TT est aussi une double très écartée, 4* et 5^ grandeurs, éloignées à l'2' lune de l'autre, comme Mizar et Alcor. Une jumelle suffit.
Fig. 1 16. — Priiioipales étoiles de la constellation de Pégase.
L'étoile 1 (à environ 10 degrés et demi au sud-est de K du Cygne) est plus remarquable ; l'écartement est de 36", et les deux composantes sont respectivement de 4" et 9' grandeurs, jaune et lilas, couple fixe depuis cent ans qu'on l'observe. On a accusé cette étoile de variabilité; mais rien n'est moins certain. Si elle n'a pas reçu de lettre de Bayer, c'est parce qu'elle est en dehors de la figure : le jurisconsulte d'Augsbourg n'a donné de lettres qu'aux étoiles comprises dans le corps des êtres ou des objets dessinés au ciel, et, tout en gravant aussi sur son atlas les étoiles extérieures, il les a laissées anonymes. C'est pour n'avoir pas remarqu ce fait que plusieurs astronomes ont cru que quelques-unes de ces dernières étoiles avaient augmenté d'éclat depuis l'époque de Bayer.
On peut aussi chercher l'étoile 3, près du Verseau, la précédente d'un trio vers 4° au sud-sud-ouest de e Pégase : elle n'est que de 6" grandeur et son compagnon de 8% à 39''; joli couple; on en voit un autre, très délicat, dans le même champ.
Il y a encore dans cette constellation une autre étoile double particulièrement intéressante, quoiqu'elle ne soit inscrite que depuis quelques années dans les catalogues d'étoiles doubles, seulement depuis que je l'y ai mise : c'est l'étoile 85 Pégase, de 6" grandeur, que l'on trouvera entre a Andromède et ^ Pégase. Son compagnon est de
Fig. 117. — L'étoile double 1 Pégase. Fig. 118.— L'étoile double 3 Pégase.
9" grandeur et brille actuellement à 15". La première observation de cette étoile, comme étoile double, est celle que j'ai faite au mois de décembre 1877 à l'Observatoire de Paris ('). C'est l'un des groupes
( ' ) J'aurai l'indiscrétion de raconter à ce propos l'anecdote assez curieuse que voici : L'illustre Le Verrier avait mis à ma disposition le grand équatorial de 1 Observatoire pour mes mesures d'étoiles doubles ; mais il y avait deux ou trois fonctionnaires de l'établissement qui étaient fâchés de me voir faire ce travail, quoiqu'il fût purement honorifique de ma part et qu'ils n'eussent jamais eu l'intention de le faire eux-mêmes. Après la mort de Le Verrier, son successeur par intérim profita de sa situation momentanée pour enlever la clé de la coupole où j'observais, sans oser toutefois me déclarer franchement qu'il retirait (sans droit, du reste) l'autorisation accordée par le Directeur. Je venais, la veille, de prendre une première mesure de l'étoile 85 Pégase, et j'étais ainsi dans l'impossibilité de continuer, à moins de perdre mon temps en discussions avec ce pseudo-directeur. Comme ce qui m'importait le plus c'était d'avoir des mesures des étoiles que j'étudiais, prises par d'autres astronomes aussi bien que par moi, j écrivis à M. Burnham, l'habile et complaisant observateur de Chicago, de mesurer cette étoile avant qu'elle descendît sous l'horizon. Les me sures furent faites mieux que par moi-même, et la science n'y perdit rien. Le jour
Optiques les plus remarquables que l'on connaisse, le mouvement propre rapide de la grande étoile modifiant d'année en année et, pour ainsi dire, de mois en mois, la situation relative de la petite. On trouve ces deux étoiles observées par Bessel en 1 825 et par Argelander en 1855, dans leurs observations méridiennes, et, en 1870, Brunnow s'est servi de la petite comme étoile de comparaison pour déterminer la parallaxe de la grande. A la première de ces dates, la petite étoile était éloignée à 73" de la plus brillante; en 1855, elle était à 30"; en 1877, je l'ai trouvée à 14" : c'était justement, par hasard, l'époque de sa plus grande proximité, car elle va maintenant en s'éloignant de plus en plus. La //g. 119, que j'ai construite à l'échelle de l""°pour 1",
Fig. liy. — Mouvement observé sur l'étoile 85 Pégase.
représente exactement le mouvement observé, en comparant les positions de la petite étoile à celle de la grande, supposée fixe; en réalité, c'est la grande qui se déplace, et c'est la petite qui reste fixe. Par surcroît d'intérêt, la petite étoile est elle-même une doubletrès serrée, à moins de 1 seconde, couple physique en mouvement assez rapide.
La parallaxe de 85 Pégase a été trouvée de 0",054 seulement, ce qui porte sa distance à 3 805 000 fois le rayon de l'orbite terrestre, ou
même où l'astronome américain dirigea le grand équatorial de Chicago sur ce couple, il découvrit que la petite étoile elle-même est une jolie double très serrée, et qui se trouve en mouvement assez rapide. N'cst-il pas curieux de penser que cette découverte américaine est due à la mauvaise humeur d'un fonctionnaire français etrà son excès de zèle négatif?
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à 129 trillions de lieues. La lumière n'emploie pas moins de 64 ans pour venir de là.
Ce sont là les étoiles doubles les plus intéressantes et les plus faciles à observer. Nous n'ajouterons qu'une seule curiosité, c'est un amas d'étoiles que l'on peut trouver, entre e Pégase et â du Petit Cheval, formant la pointe nord d'un triangle obtus et isocèle (voyez la ^g. 116). Une petite étoile de sixième grandeur semble, du reste, placée là tout exprès pour marquer la place de la nébuleuse. Cet objet céleste a été trouvé par Maraldi en 1745 et enregistré comme « une étoile nébuleuse, assez claire, composée de plusieurs étoiles. » Messier l'observa en 1764, et elle porte le n" 1 5 de son catalogue. William Herschel le résolut en étoiles en 1783. Dans une lunette de moyenne puissance, il offre
Taspect reproduit ici. C'est peu de chose en apparence. Mais, lorsqu'on sait que c'est là un univers composé de plusieurs centaines de soleils, et que notre humanité tout entière, avec tout son orgueil et toutes ses
Fig. 120. — Petit amas d'étoiles dans Pégase. paSSlOUS, OCCUpe UaUS i eSpaCC CL
dans le temps une étendue moindre que le plus imperceptible de ces petits points, on conclut que cela, vaut la peine d'être regardé une fois, lorsque les « importantes » affaires de la vie ne nous clouent pas trop assidûment au boulet terrestre. Un astronome qui, quoique très exact et très scrupuleux dans ses observations et ses calculs, avait cependant la fibre très sensible et ne rougissait pas d'admirer avec passion les célestes splendeurs, D'Arrest, auquel nous devons l'un des meilleurs catalogues de nébuleuses qui existent, se laissait aller aux expressions suivantes dans la description de cet amas d'étoiles: « AcevYUS magniftcentissimus... cumulus celebratissim.us...y) Je préfère cet excès-là à celui de ce chef de service d'un observatoire, qui prétendait interdire l'étude des étoiles doubles à un astronome, ï^ous prétexte qu'il y mettait trop d'enthousiasme et qu'il gâtait le métier.
La constellation du Petit Cheval, facile à reconnaître à l'ouest de c Pégase, n'est formée que d'un petit nombre d'étoiles ; on ne distingue môme bien que les cinq que voici, les autres étant de sixième grandeur •