‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 89 sur 411 · LE MOUVEMENT DE LA VIE DANS LE CIEL · texte numérisé non relu

LE MOUVEMENT DE LA VIE DANS LE CIEL

U qui varie de 7 à 14 en 405 jours, S qui varie de 9 à 13 en 322 jours, T qui varie de 5 à 6 irrégulièrement.

U qui varie de 7,0 à 10,5 en 465 jours,

Il n'est pas douteux, d'après tout ce qui précède, que certains types de créations dominent en certaines régions du ciel. Il est curieux également, comme on', l'a déjà remarqué, que la plupart des étoiles temporaires se soient allumées dans la zone de la Voie lactée. Ceux d'entre nos lecteurs qui voudraient suivre ces étoiles variables trouveront la première dans le même champ que 9 du Cygne : son dernier maximum est arrivé le 5 juin 1880; l'étoile est alors rouge comme un feu; elle emploie 200 jours à tomber à la treizième grandeur et 100 jours à remonter de la treizième à la septième; quelquefois, elle n'arrive qu'à la huitième. La deuxième et la quatrième sont difficiles à saisir. La troisième est marquée sur notre carte {fig. 131) et peut s'observer à l'aide d'une simple jumelle de théâtre.

Voilà les plages célestes que l'on croyait, naguère encore, être le séjour de l'immobilité, de l'inertie et de la mort ! Et c'est un éphémère qui découvre ces métamorphoses, en des astres dont la vie est si longue qu'elle nous paraît éternelle! Que serait-ce si, au lieu des générations humaines, si rapides, nous pouvions connaître l'histoire du ciel pendant une période de temps en harmonie avec ces grandeurs, pendant cent mille ans par exemple? Il ne subsisterait rien de cette fixité apparente : nous verrions les soleils palpiter, grandir, jeter des flammes ou s'éteindre; nous verrions les systèmes d'étoiles doubles accomplir des centaines de révolutions ; nous verrions les nébuleuses se condenser ou se dissoudre; nous verrions tous les astres qui peuplent l'immensité se précipiter dans toutes les directions, disloquer les constellations et renouveler la face de l'univers !

La région du ciel que nous étudions n'est pas moins riche en étoiles doubles et multiples qu'en étoiles variables.

Et d'abord, l'étoile (3, Albireo, l'une des plus belles étoiles doubles du ciel et l'une des plus faciles à observer. Grandeurs des composantes. 3* et 6'; écartement= 34". Fixes, depuis la première mesure qui en a été faite par Bradley en 1755. Ces deux lointains soleils brillent d'une coloration vraiment ravissante : jaune d'or et saphir, et il est difficile de les contempler sans admiration. — Ce couple est l'un des six que nous avons choisis pour composer notre planche d'étoiles doubles colorées, et là on peut juger, non de son éclat assurément, mais de 8a belle coloration. — Analysée au spectroscope, chacune de ces deux

ÉTOILE DOUBLE p DU CYGNE

étoiles a montré que sa couleur lui appartient en propre; que la petite étoile bleue, par exemple, n'est pas due a un" effet de contraste causé par la coloration ardente de la plus brillante, ce qui arrive dans certains couples d'étoiles très rapprochées. On sait, en effet, que les diverses couleurs placées les unes à côté des autres se modifient mutuellement par un effet de contraste, et que le blanc lui-même ^c^îl ^plus ou moins coloré s'il se trouve dominé par une couleur 'éclatante; Une petite étoile blanche située à côté d'une grande étoile rouge paraîtra verte. C'est le phénomène optique bien connu sous le nom des couleurs complémentaires, qui, réunies, forment le blanc :

Le rouge produit le vert.

L'orange — le bleu.

Le jaune — le violet.

Pour savoir si la couleur d'une petite étoile ainsi influencée est réelle, il faut, dans le champ de la lunette, masquer la grande par un fil tendu dans ce champ : lorsque l'œil ne voit plus la grande, le contraste cesse d'exercer son influence. Cette expérience a montré que plusieurs étoiles ne paraissent colorées de la couleur complémentaire que par Teftet de contraste dont nous parlons ; mais qu'un grand nombre sont réellement colorées des belles nuances que l'on observe. Telle est la splendide étoile double dont nous nous occupons en ce moment. Le spectroscope, dirigé par M. Huggins vers chacune de ses composantes, a révélé deux types bien différents. Le spectre de l'étoile principale, colorée d'une belle nuance jaune d'or, montre. des lio-nes'peu serrées, dont le plus grand nombre, toutefois, occupent la partie droite ou bleue du spectre, et laissent le jaune dominer sans

Fig. 136. — Spectre des deux composantes de l'étoile double p du Cygne.

obstacles {fig. 136, premier spectre) ; celui de la seconde étoile, au contraire, présente un grand nombre de raies fines multipliées, surtout dans la région gauche, rouge et jaune, ce qui laisse prédominer la région bleue. Cette analyse prouve que ces deux soleils diffèrent réellement de constitution : leurs couleurs sont produites par les

i:tuili:s doubles dans lv: cygm-j i9ô

vapeurs suspendues dans leurs atmosphères. La constitution chimique de l'atmosphère d'une étoile dépend à son tour des éléments qui constituent Tétoile et de sa température.

Il est probable que, dans les couples d'étoiles doubles, la petite étoile s'est refroidie plus vite que la grande, est plus avancée, prépare un état planétaire. Ainsi, à l'époque où, dans notre propre système, Jupiter (qui paraît encore chaud actuellement) était encore lumineux, les habitants des systèmes solaires les moins éloignés du nôtre pouvaient voir graviter autour de notre soleil un petit astre bleuâtre, dont la lumière a diminué de siècle en siècle, et qui a fini par s'éteindre tout à fait.

Dans la môme constellation du Cygne, observez l'étoile o* (entre a et(J, un peuau nord : voy. la fîg. 131), de quatrième grandeur et demie : elle est triple, et ses deux compagnons sont respectivement de septième grandeur et demie et de cinquième et demie; le premier à 107", le second à 338".

L'étoile principale est jaune, et les deux autres sont bleues, quoique très écartées, comme on le voit, et faciles à reconnaître dans les plus petites lunettes.

Les deux petites étoiles restent bleues lorsqu'on cache la grande.

Très beau champ d'étoiles.

L'étoile jut est aussi une étoile ^

. . , T ) j ••11 Fig. 137. — L'étoile triple 0* du Cygne (éch. : 1--= 10*1.

triple. L astre prmcipal, de quatrième grandeur et demie, est accompagné d'un astre secondaire, de sixième grandeur, qui lui est presque contigu, à 3"7 : c'est un système orbital très incliné sur notre rayon visuel ; mais il n'a encore décrit que 8 degrés depuis un siècle ; la distance a diminué de 6"8 à 3"7. Non loin de là, brille une troisième étoile, de septième grandeur et demie, à 2 lO', qui, d'après les mesures que j'en ai prises, n'est pas attachée au précédent système, et forme simplement avec lui un groupe de perspective. — On voit d'autres étoiles plus rapprochées, mais très petites.

Près de l'étoile variable x, à 4' de temps à l'ouest et à 50' au nord, on voit une étoile double particulièrement intéressante, désignée ai\ssi par la même lettre. (Pour qu'il n'y ait pas d'équivoque, on l'appeue désormais x', la variable étant/-.) C'est le n° 17 de Flamsteed, et

ÎOft CURIEUSES ÉTOILES DANS LE CYGNE

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c'est probablement même celle-là que Bayer a nommée X : les indications de grandeur que j'ai reproduites au tableau précédent se rapportent à une seule étoile de 1603 à 1700, car c'est seulement depuis 1800 que ces deux étoiles sont nettement distinguées l'une de l'autre par les astronomes. La double se compose d'un astre de cinquième grandeur (5,3) et d'un de huitième, écartés à 26" l'un de l'autre, et

fixes depuis cent ans que nous ^'^ avons les yeux attachés sur ce

[ couple. C'est un système phy-

(^ j .^ sique, animé d'un mouvement '^.^ ! propre assez fort vers le sud.

""s^ ! On peut distinguer, tout près,

^\ 1 à 15' au sud-sud-ouest, un char-

£ :L. ^/y mant petit couple, formé de

! ^s deux étoiles de huitième gran-

î \ deur, écartées à 3", qui tour-

^\ nent lentement l'une autour de

l'autre, et qui sont emportées aussi par un même déplace- S rnent vers l'ouest, de sorte

Mouvement de deux couples d'étoiles dans le Cygne, q^g^ SeloU tOUte probabilité,

ces deux systèmes sont associés dans leur destinée et voguent de concert dans les champs du ciel.

Mais, de toutes les étoiles de cette riche constellation, la plus intéressante pour nous est sans contredit la célèbre 61* du Cygne : c'est la première étoile dont la distance ait pu être calculée; c'est une étoile double particulièrement remarquable, et c'est en même temps l'une des plus rapides par le mouvement propre qui l'emporte à travers l'immensité. De plus, on peut l'aper-^-voir à l'œil nu et diriger sur elle une petite lunette qui la dédouble. A l'aide de notre flg. 131, vous pourrez remarquer qu'elle forme un quadrilatère avec «, y et e, et que, étoile de cinquième grandeur, elle se trouve entre t et v, de quatrième. Il est difficile de la regarder, même à l'œil nu, sans émotion, lorsqu'on connaît son histoire.

Le premier astronome qui ait appelé l'attention sur cette étoile est Piazzi, qui, en 1804, reconnut la grandeur du mouvement propre dont elle est animée. Cependant, en 1812, on lisait dans un article du Moniteur universel : a M. Bessel vient de reconnaître les mouvements respectifs de la 61" du Cygne et de sa suivante. » Piazzi publia une petite note dans son catalogue* de 1814 (p. 153) pour constater la

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