‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 19 sur 73 · EGKARD LE BON GÉNIE · texte numérisé non relu

EGKARD LE BON GÉNIE

« Oh ! que nous voudrions être chez nous ! La peur, Si loin de la maison, nous fait battre le cœur!

Le bois sombre est rempli d'embûches.

Si les mauvaises sœurs, les Houldes, sont au bois Elles arracheront les cruches de nos doigts

Et laisseront vides nos cruches. »

Et des enfants craintifs le regard interdit Voit un doux et vieil homme apparaître. 11 leur dit : « Silence, petites personnes !

Les Houldes sont en chasse, elles ont soif; laissez, Laissez-les boire, et quand elles auront assez, Les Mauvaises vous seront bonnes. »

Il dit. Grand tourbillon. Les spectres altérés Ont aux cruches d'étain des enfants effarés

Bu, lampe tout comme à la source.

Les cruches sont à sec, plus de bière. Aussitôt Des Houldes au front gris l'essaim triste, au galop

Par monts et vaux reprend sa course.

Les enfants consternés repartent. En chemin Près d'eux encor paraît le bon vieux pèlerin :

« En moi, prenez donc confiance ! »

— « Oh ! nous serons tancés, battus. » — «Non, chers petits, Tout se passera bien ; mais, comme des souris,

Voyez, écoutez en silence. »

« Celui qui vous conseille, ici de tout son cœur, A rendre les enfants heureux met son bonheur.

C'est le fidèle Eckard. On l'aime; Il aime le premier. Sans doute on vous parla, Des bienfaits qu'il répand en secret. Le voilà!

L'homme aux surprises, c'est moi-même. »

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