‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 58 sur 73 · FRAGMENT DU MAHA-BHARATA · texte numérisé non relu

FRAGMENT DU MAHA-BHARATA

Kpisode de Nal, livre XII.

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L'épouse aux grands yeux de lotus, l'intrépide fille des rois,

Damayanti, l'abandonnée, atteint la région des bois,

Des bois sans borne et sans issue, entre les monts Whynd et le Gange.

Jongles et croupissantes eaux, amas de ronces et de fange,

Taillis, cavernes et torrents, ravins aux lugubres secrets,

Telles dans leur hérissement, s'étendent ces âpres forêts.

Touffue et sombre immensité; sauvage, impénétrable obstacle,

Enchevêtrement végétal, d'hôtes farouches l'habitacle.

Partout camphriers, teks, sandals, manguiers, asokas, badamiers;

Partout veloutiers, mhovas, nîms, areks, mougris et lataniers,

Feuillus, pressés, entre-croisés, envahissent Tair et l'espace.

Sous cette voûte, où le bétel à la scolopendre s'enlace,

Rampent les pythons, les cobras, les crocodiles écaillés.

Monstre plus redoutable encor, l'homme des bois, dans les halliers

Est à l'affût. Les perroquets et les singes peuplent les branches,

Et le moqueur sensasoulé fait éclater ses notes franches.

Dans leurs bauges tremblent de loin les sangliers et les grands ours

Quand passe, en froissant les taillis, la troupe des éléphants lourds;

Et vers le soir,- lorsque tout dort en ces homicides empires,

Sous le hôlement des hiboux et le vol pesant des vampires,

Dans l'ombre, avec leurs yeux de braise, on voit surgir de toutes parts,

Les animaux buveurs de sang : tigres, panthères, léopards.

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