SCÈNE VII
MINDHA, KISNA.
mindha, avec une agitation Bé>reu»e. Kisna, tu te souviens de la grotte de Siva?
kisna- C’est à moi de te le demander.
mindha. J© me souviens de tout... C'était le lendemain de mou mariage... Mon père y rassembla Ségor, nos brahmes et nos Odèlos. On s’y consacra au aieu du mal pour le salut «le la patr.e... mais co serment de haine et de ruse, je le fis, ivre de vengeance contre l’Europe., et Sydney, dont je ne consentis à devenir lépouscvnctime qu’à la condition d’avoir mon tour d'être bourreau. Kisna... Siva est-il tout-puissant pour entretenir au cœur des siens les flammes du mal... ou les rallumer lorstju'elles s'éteignent? kisna. Pourquoi le demandes-tu?
mindha. Parce que je ne les sens plus me brûler. kisna. Mindha!
mindha. Je ne suis plus la même... J'ai honte et terreur de moi. Cet enfant que j’avais lait vœu de délester... tu me torturas qu.md tu voulus qu’une autre fût sa nourrice, et cependant j’obéi-. J obéis encore quand tu m’éloignas six mois do lui... Pourquoi celle absence, au lieu de m'en guérir, m’v a-t-elle liéo davantage? Le jour, j’y pensais! la nuit, j'en rêvais... ic la voyais sur la poitrine de celte étrangère, et j'étais jalouse... Je la voyais me tendre ses petits bras et j'étais malheureuse. Je voyais Sydney, là-bas. chez l'ennemi... il me semblait instruit de mes abandons*, et je I aperccv. »*, désespéré... provoquer et trouver b mort... et je me réveillais... livide d'aiigoUac. Je subis six mois ce martyre... Au retour, tu me défendis d'embrasser l’enfant... J'eus l'infâme héroïsme d’obéir. Tu me défendis de le voir souvent ..j'ai obéi , j’obéis tuujouis en l'honneur de Siva pour qu il m'assiste, pour qu'il me rende mou premier cœur d’Indienne jusqu'au jour marqué... — Rien notait!... — Le trouble, le remords m ont assaiilic. Il me parait que je su<s coupebic... que je fais une action odieuse au ciel et aux homme* de tous les pays Enfin, Kisna ..je ne hais plus autant. Que dis-je! je ne sais si je hais encore!... Kisna, poux-lu m'apprendre ce qu'on éprouve quand on aime?
kisna. Non, mais cela t'est défendu.
mindha. Défcudu, oui, je lésais; voilà pourquoi je lutte. Kisna, rappelle- toi les nuits de tempête qui parfois bouleversent notre ciel indien. Le tonneire retentit, la foudre éclate, le vent rugit, les grands arbres se déracinent, les tigres et les serpents tremblent, c’est le chaos, c'est la destruction...
kisna. C’est ce que lu dois garder en toi juàt|u'au jour du déchaînement.
mindha. Mais, après la tempête... que voit-on? Le vent tombe, les nuées fuient, l’étoile matinale brille, puis i aurore, puis le ciel bleu, blanc, rose, puis le soleil... et l'Inde touille à genoux et adore dans une prière d amour...
kisna. Mindha I
mindha. Voilà ce qui menace en moi, malgré moi. J’ai beau vouloir retenir la nuit, l ouragan avec ses éclairs et sa foudre, je ne les retrouve plus; mais, a leur place, je sens se lever, avec une
douceur, une beauté infinies, deux étoiles... l’une va rayonner audessus d’un berceau, l’autre sur un noble front d’homme. Kisna ne m'accuse pas de lâcheté, de trahison, je t avertis de tout. Conjura Siva, s’il le peut, d étouffer ces deux (lamines nouvelles... mais qu'il fasse vite. vite... car elles montent, montent... si suaves, si toute puissantes, que bientôt elles seront... le soleil, l'amour! et je tomberai à genoux... pour adorer mon mari et mon enfant!...
kisna, âpre» on »iiooco. Mindha, ne crains pas. La haine et la colère, chez les jeunes, sont difficilement patientes et semblent s'affaiblir lorsqu'elles ne sont qu’au repos. Vienne le signal... et la patrie, ton père et les tiens ressusciteront et disperseront le- fantômes qui t’apitoient. Courage. Mindha... L'heure promise et attendue est prochaine! (eu» *vioi*n.- ; Mindha la «ail «la» yaa ni, mu fond, Kim» lui jatte «la nonroaa !«« mot» :) Est prochaine.