SCÈNE V
Les mêmes, OLIVETTE.
désire. Ma petite Olivette! mon amour! mon trésor! (i olivette. Comme il est grandi, embelli !
DESIRE, à part, regardait ton curtage. Ah ! ah ! il me Semble qu’ella quelque chose qu’elle n'avait pas quand je suis parti...
olivette. Est-il gentil sous ce costume-là !... il a l’air d’ut Turc...
désiré. Ah ! dame ! c’est que j’ai dix-huit ans, à présent je suis un homme. ..On ne dira plus, mon père et les autres que je suis trop jeune pour me marier... A propos, tu m in’en parles pas, de mon père; donne-moi donc aussi de se: nouvelles... Est-il toujours fâché contre moi?
olivette. Ton père? il ne faut pas qu’il te voie avant qtu je t'aie parlé... J’ai bien des choses à te dire, va ! désire. Quoi donc?
olivette, h**, à Désire. Plus lard, pas devant les autres... Ti v’Ià revenu, c’est le principal, quand personne ne l'attendait
plus... (Bm. U n.»in »ur «on cour.) excepté MOI.
désire. C’est que lu no sais pas que j’avais reçu une lettre de grand’mère. Ecoutez tous, je vais vous la lire; vous saure) pourquoi je suis revenu aussi vite, (il tir* une lettre de u poche « lit.) •• Cher petit Désiré de mon cœur, j’aurai quatre-vingtdeux ans aux prunes, et je t’écris sans lunettes. »
TOOL Sans lunettes!
désiré, eontùmuit. » Il est vrai oue c’est le maître d’école qui écrit pour moi. •> (s'interrompant.! Je crois bien, la chère femme, elle ne sait ni lire ni écrire ; de son temps, on avait oublié d’inventer la mutuelle. (Reprenant u lecture.) <« Au reçu de la présente, mels-toi vite en route pour le pays, quand même on voudrait te nommer général ou trompette-major... u (s'interrompant.) Pauvre mère 1 ( Continuant.) » Ton Olivette t'aime toujours; elle est fidèle comme un pigeon ramier, n olivette. 11 écrit très-bien, le maître d’école. désiré, continuant • lire. ■ Pigeon ramier; mais il y a un corbeau, dont tu ne te doutes guère, qui voltige autour de ta colombe. » (a paît, b tui-mème.) On lui coupera les ailes, à ce corbeau-là ! (u«aat.) u Arrive au galop, ça n'en vaudra que mieux; songe, petit amour, à ta bonne grand’mère ! Car je suis bien vieille; mais je t’attends, je te vois déjà, je l’etnb russe, et il m’ semble que tu vas prolonger mon existence ! » olivette, tonnant la pat*- Y a enwre ouèlque chose. désiré, achevant a* tire. « J'ai oublié de te parler d’un grand malheur qui vient de m'arriver... Tu sais bien, ce joli petit serin que j’avais élevé? eh bien ! il a été assassiné par le gros chat du vieux Mathias, et je ne l’entendrai plus dire ce que je lui avais si bien appris en pensant à toi : « P’til fils ! p’tit mignon ! ■> (Parlant.) Et trois jours après la réception de sa luttre.
Air de la Sentinelle.
Dan» nu château, nous entrons en vaiuquears.
Chuuant l’eon’rai malgré les fusillades;
On nous reçoit comm’ de» libérateurs;
Le rich’ seigneur nous dit : Chers camarades,
Quand, gr.ice à tou», j’en reviens «le si loin.
Ali ! disposez de ma fortune entière...
D’argent je n'avais pas besoin,
J'aperçois un' cag' dans un coin,
J’ demande un s’rln pour ma grand’mère (àir).
(Montrant le rerin qui est dans U petite cagt.) Et v’ià le remplaçant... Pendant la route, c’était mou compagnon; je lui faisais son éducation, je lui parlais de tout ce que j’aime... (s'adrenuvt s l'oiseau.) N’est-ce pas, canari, que lu connais déjà graud’mère?
S ue chaoue matin tu la réveillera» en becauetant ses beaux icveux blancs, et que ton joli petit gosier lui répétera souvent le nom qu'elle m'a Uunué : « P’tit tils! p'tit mignon?» olivette. Comme elle sera heureuse, la grand'mère ! désiré. Vite, conduis-moi à eu rencontre.
olivette. Mais il y a deux chemins.
désiré. Eli bien ! guette-la par ici, moi je vais par là; si tu la voyais avant moi, tu ne lui dirais rien; je veux être le premier à jouir de sa joie, de son étonnement, (a part.) Puis, il faut qu'elle me dise le nom du corbeau ; j’ai à causer avec ce volatile.
olivette. Reviens bien vile, chéri.
désiré, tm pijiui. Et vous, couduisez-moi... Allons, en ronte, mauvaise troupe !
REFRISE DU REFRAIN.
Au pas gymiiattiqu', beau fauta sus,
Qu'Il vrutc ou qu’il tonne.