‹ Les études classique comme préparations à l'étude de la médecine [microforme]Chapitre 1 sur 2 · Les études classique comme préparations à l'étude de la médecine [microforme] · texte numérisé non relu

Les études classique comme préparations à l'étude de la médecine [microforme]

Les images suivantes ont été reproduites avec le Plus grand soin, compte tenu de la condition et de ls netteté de l'exempiaire filmé, et en conformité avec les conditions du contrat de filmage.

Les exemplaires originaux dont ls couverture en papier est imprimée sont filmés en commençant par le premier plat et en terminant soit par la dernière page qui comporte une empreinte d'impression ou d'illustration, soit par le second plat, selon le cas. Tous les autres exempiaires originaux sont filmés en commençant per la première page qui comporte une empreinte d'impression ou d'illustration et en terminant par la dernière page qui comporte une telle empreinte.

Un des symboles suivants apparaîtra sur la dernière image de chaque microfiche, selon le cas: le symbole = signifie ‘A SUIVRE’, le symbole V signifie FIN‘.

Les cartes, planches, tableaux, etc., peuvent être filmés à des taux de réduction différents.

Lorsque le document est trop grand pour être reproduit en un seul cliché, il est filmé à partir de l'angle supérieur gauche, de gauche à droite, et de haut en bas, en prenant le nombre d'images nécessaire. Les diagrammes suivants illustrent la méthode.

Par le Docteur L. E. FORTIER,

Professur-nagrégé à l'Université Laval, Médecin à l'Hôtel-Dieu de Montréai,

Fe / nl

ee à

Par le Dr L. F. FORTIER, Professenr-agrege à l'Uuitersite Laval, Medecin de l'Hotel-Dieu de Montreal,

Entre toutes les questions d'intérêt professionnel, l'une des plus importantes est, sans contredit, celle de la formation intellectuelle des jeunes gens qui se destinent à l'étude de la médecine.

Il n'y a pas à le nier, il se manifeste aujourd’hui dans nos rangs une tendance marquée vers l'abandon des études classiques.

Les humanités et la philosophie, dit-on, sont surannées; elles font perdre un temps précieux et ne donnent aucun ré-

, sultat pratique. L'on veut leur substituer l'étude plus moderne, parait-il, des langues vivantes, des mathématiques et des sciences naturelles.

j Nous nous présentons ici en champion des études class: jues, nous prétendons qu'elles constituent la meilleure méthode de culture intellectuelle.

Les pays où les sciences médicales brillent d'un plus vif éclat sont précisément ceux où les études classiques sont le plus en honneur.

Au premier rang des nations savantes apparaissent la France et l'Allemagne. Les études professionnelles y sont poussées aussi loin qu'il semble possible que l'esprit humain puisse atteindre. C'est à leur formation classique qu'il faut attribuer

non seulement l'originalité mais aussi la vigueur de la conception intellectuelle des savants de ces deux pays.

Là, comme ici, l'on a mis en doute la valeur des études classiques. Des réformateurs, partisans d'une éducation, soi-disant plus libérale, en ont demandé l'abolition.

Les gouvernements, plus sages, n'ont pas voulu se prêter à cette œuvre de destruction, mais à côté des cours classiques,

ñ basés sur les humanités, ils ont institué les cours scientifiques, | où l'on rejette les belles-lettres et la philosophie, pour ne s'occuper que de mathématiques et de sciences naturelles.

Q) Communication au Deuxieme Congres des Medecins de langue français de FAmerique du Nord, à

Montreal, les 2x, 29, 30 juin.

Ces écoles datent déjà de p'usieurs années et, l'on peut, dès maintenant, juger des résultats qu'elles ont donnés.

En 1809, le Gouvernement français, frappé de l'insuccès continuel des élèves qui fréquentent les lycées de l'enseignement scientifique, institua une commission de trente-trois membres, chargée de faire une enquête sur les causes de cet état de choses. Des témoins appartenant à l'Université, à la presse, au clergé, aux congrégations, au monde politique furent entendus. Au point de vue qui nous occupe, ce que cette enquête contient de plus frappant, c'est la défense des études classiques, non seulement par des lettrés, mais surtout par des hommes de sciences et par des hommes pratiques, commerçants, industriels, agriculteurs.

Des hommes de science d'abord et pas les premiers venus, ceux dont le nom et l'autorité s'imposent à tous, sont venus affirmer qu'une longue expérience leur avait permis de constater que dans les études scientifiques, les jeunes gens qui avaient reçu un solide enseignement classique gréco-latin sc montraient toujours bien supérieurs à ceux de leurs rivaux qui en avaient été privés. Nous citerons :

M. Levasseur, membre de l'Institut, professeur au Collège de France, dit:

A St-Louis, qui était surtout un lycée scientifique, particulièrement renommé pour la préparation aux grandes écoles, j'avais établi le système, dit de bifurcation, c'est-à-dire que j'avais divisé les élèves en deux catégories: dans l'une les élèves suivaient le cours de sciences, tandis que dans l'autre l'on faisait un cours classique ordinaire.

Le Ministre de l'Instruction Publique, ayant demandé l'avis des professeurs sur les résultats de la bifurcation, tous les professeurs de sciences, et nous en avions d'excellents, ont éré unanimes à dire: “ Nos meilleurs élèves ne sont pas ceux de la section des sciences, mais ceux qui ayant fait leurs lettres, jusqu'à la logique inclusivement, sont entrés ensuite en

sciences é'émentaires. Ils sont d'abord dans Îles rangs infé-

rieurs parce que leurs camarades ont, sur eux, l'avance de trois années d'acquis scientifique: mais, peu à peu, is montéui et

ils arrivent à ètre les plus forts en sciences spéciales, is v prennent d'ordinaire les premières places.” * C'était, continue M. Levasseur, un hommage rendu à la vertu des études classiques pour le développement général de l'intelligence.”

M. Joubert, inspecteur général de l'instruction publique: * L'enseignement classique ayant pour base le latin et le grec, est certainement indispensable et il est à souhaiter qu'il soit aussi fort que possible. Nous tous qui avons été longtemps professeurs de sciences, nous sommes d'accord pour reconnaitre que les meilleurs élèves qui nous ont passé par les mains avaient été de brillants élèves de lettres.”

M. Weil, directeur du Collège Chaptal: * Nous reconnaissons que la valeur éducatrice du latin et du grec est bien supérieure à celle de l'enseignement moderne, et je veux citer un exemple: chaque fois c'e j'ai eu en mathématiques spé" ciales des élèves bacheliers és-lettres, ils ne savaient rien en mathématiques au début, maïs au bout de quelques mois, ils apprenaient plus vite que les autres.”

Le Prof. Brouardel, l'éminent ancien doyen de la faculté de

ro

médecine de Paris, est une autorité dont on ne saurait certes contester le poids en pareille matière:

Lorsque je suis devenu doyen de la faculté de médecine, dit-il, j'ai poussé beaucoup à ce que les licenciés ès-sciences fussent dispensés du baccalauréat ès-lettres et fussent admis à faire leurs études médicales. [1 nous est venu près de deux cents licenciés &ssciences depuis une dizaine d'années. EE bien, j'ai pu constater que leurs notes d'examens sont très inférieures à celles de la moyenne des élèves (ceux «le l'enseignement classique). Ce sont cependant des gens distingués, avant beacoup travaillé. De plus. ï's n'arrivent pas à l'internat, Pour nous. c'est un critérium important, car beaucoup S'v présentent et peu sont nommés. Je crois bien que les licenciés ès-sciences n'ont pas les méthodes nécessaires pour aborder les études médicales. Au contraire, ceux que nous avons dispensés du baccalauréat

ès-sciences, et qui sont licenciés ès-lettres, font des élèves exceptionnellement distingués. I! v a là un résultat très différent de celui qu'on attendrait au premier abord, mais qui est net-

tement accusé. Il semble donc qu'au point de vue médical, le côté observation et le côté maturité aient été plus développés chez ceux-ci que chez les licenciés ès-sciences. Sous ce rapport, la différence est notable. D'ailleurs, la méthode de travail qu'on suit en médecine est toute différente de la méthode dite scientifique: c'est une méthode d'observation; pas un malade ne se ressemble: il faut accumuler notions sur notions, et, à un moment donné, faire la synthèse de tout ce qu'on a observé en détail et sans ordre.”

“ Les études classiques en elles-mèmes nous paraissent être une excellente discipline pour l'esprit, dit M. Chs Richet, professeur à la faculté de Médecine de Paris. Les mathématiques sont beaucoup plus loin de la médecine que la littérature. Nous en faisons l'épreuve chaque jour aux examens et les licenciés ès-lettres sont de plus brillants élèves que les licenciés ès-sciences. Il n'en sera peut-être pas toujours ainsi et un jour viendra où la médecine sera une science exacte. riais ce jour n'est pas encore venu et l'esprit d'observation, de finesse, le bon sens, le jugement droit sont dans l'art médical des qualitea de premier ordre.”

Les Allemands ont fondé, sous l'inspiration populaire, les écoles dites * pratiques.” où l'on forme les élèves selon les idées nouvelles, en leur enseignant les langues modernes, l'histoire, les mathématiques et les sciences naturelles. Jusqu'à ces dernières années, les élèves de ces institutions étaient admis à l'étude de la médecine, tout comme les élèves des collèges classiques. Or, voici ce que dit le professeur A. W, Hoffmann, recteur de l'Université de Berlin, et, certainement l'un des éducateurs les plus compétents de cette grande institution :

+ Tous les efforts que l'on à fait pour donner une formation équivalente à celle que donnent les études classiques ont échoué, soit que l'on ait eu recours aux langues modernes, aux mathématiques ou aux sciences naturelles. Combien de fois n'ai-je pas entendu des jeunes gens, sortis des écoles pratiques, regretter amèrement de ne pas avoir eu l'avantage d'études classiques. L'idéalisme de l'entrainement académi-

ge

que, l'amour désintéressé de la science pour la science, le libre exercice de la pensée existent en autant que l’enseignement préliminaire a une base classique. Enlevez cette base, ces qualités deviennent plus rares. J'ai eu souvent l'occasion de causer de ce sujet, avec des savants qui avaient consacré leur vie aux sciences et aux mathématiques, et tous, sans exception, partagent ces convictions.”

Que de savants se sont prononcés dans ce sens sur la valeur de la formation classique. Nommons le père de la chimie agricole, Wolff, Henneberg, Knap, Nobbe, Stohman, Kuhn: tous chimistes de réputation universelle. Liébig, célèbre dans toutes les académies savantes, et dont le laboratoire était une école et une pépinière de chimistes, avait cru lui aussi, à ses débuts, que les études littéraires étaient un ornement de luxe pour des hommes voués à une carrière toute scientifique, et qu'elles pourraient être remplacées par les précoces études de physique et de chimie des écoles professionnelles ; l'expérience pourtant finit par le convertir. “ J'ai observé, disait-il plus tard, que les élèves venus des écoles pratiques l'emportaient la première année sur les jeunes humanistes, par une certaine somme de notions positives acquises: cependant ils étaient rejoints dès la seconde année et, à partir de la troisième, distancés à jamais.”

L'on nous cite l'Angleterre, l'on vante ses institutions pratiques, ses écoles scientifiques. Sans doute ce sont ces écoles qui font la force de ses industries, de son commerce, de sa marine.

Mais veut-on savoir ce qu'est l'éducation supérieure en ce pays? Veut-on savoir comment se forment les classes professionnelles ?

Et je ne sache pas que les hommes politiques, les légistes, les médecins anglais soient inférieurs à leurs confrères d'aucun autre pays.

Un 1888, l'École Française des Sciences politiques avait envoyé en Angleterre une commission chargée de s'enquérir comment se forment et où s'instruisent les classes supérieures et moyennes de ce pays? Quels moyens de préparation ont

été mis à la portée de ses parlementaires, de ses diplomates, de ses philosophes et de ses savants?

D'un rapport très élaboré nous extrayons les quelques passages suivants: “ Deux ou trois mille jeunes gens vont chaque année aux universités. Cette élite a conservé plus fidèlement que nous le culte de l'antiquité: elle sait le latin au moins aussi bien et le grec sûrement mieux que nos plus brillants élèves de l'Université. Nous retrouverons plus tard ces esprits très finement cultivés dans les professions, dans l’enseignement, dans Îles hautes fonctions se et mème aux Lords et aux Communes.

Pour juger en quel honneur les Universités anglaises tiennent les études classiques comme moyen de haute culture intellectuelle, jetons un coup d'œil sur les péripéties de la lutte qui eut lieu en 1890 entre les partisans et les ennemis du grec.

Depuis longtemps l'on constatait qu'un grand nombre d'élèves, parmi ceux surtout qui se destinaient aux carrières libérales, ne complétaient pas leurs classiques, ou se contentaient de suivre les cours modernes. Au dernier moment, ils apprenaient à la hâte quelques bribes de grec et se présentaient aux examens.

C'est surtout au grec que l'on en voulait: l'on prétendait que son étude était du temps perdu et sans valeur pratique. Le Times, de Londres, avait même dit à ce sujet: “ Que les Universités ne sont pas les arbitres indispensables de l'éducation anglaise et que si elles refusent de donner l'instruction que réclament les classes moyennes, les classes moyennes se passeront d'elles.”

A Oxford, en décembre 1800, l'on institua une enquête, et le Sénat fut invité à voter sur la proposition suivante:

Ce serait un bien pour l'éducation si le grec cessait d'être obligatoire aux Universités de Cambridge et d'Oxford.”

Cette résolution fut repoussée. L'Université désirant maintenir le haut niveau de son éducation intellectuelle et l'expérience ayant démontré que les langues classiques et, en particulier, le grec. sont absolument nécessaires à l'intelligence du passé et par là, du présent même.

L'année suivante, la question était reprise à Cambridge. Par un vote de 523 contre 18, il fut décidé que l'on s'en tiendrait à la formation classique et que le grec continuerait à être matière obligatoire du programme. L'Université ne jugea pas à propos de changer un programme qui depuis des siècles avait formé les intelligences les plus puissantes de la nation.

Lord Macaulay avait émis l'idée ambitieuse de faire gouverner l'Inde par l'élite de la nation. Mais, lui disait-on, où ce trouve-t-elle, cette élite? Elle se tronve à n'en pas douter, répondait-il, dans ces collèges, dans ces universités par où à passé et passe encore chaque année ce qu'il y a de plus distingué dans ce pays.

Et quand on lui objectait que les programmes de ces universités n'offraient aucune garantie, que les fonctionnaires ainsi recrutés n'auraient aucune valeur technique, il répondait : * Des garanties, je n'en sais pas de plus solides que celles d'une forte éducation classique, la plus haute, la plus libérale, la plus accomplie que puisse fournir notre pays. L'expérience l'a démontré: une éducation de ce genre est la meilleure des préparations pour toute profession qui exige l'exercice de hautes facultés intellectuelles.

Le Dr Alexandre Hill, recteur du Downing College, de Cambridge, écrivait dernièrement: * L'on nous affirme qu'un enseignement précoce des sciences est la plus sure garantie d'un succès certain, que l'on forme ainsi des biologistes compétents, que l'on arrive ainsi à obtenir cette juste corrélation entre le développement des facultés d'observation, la culture de la mémoire et le pouvoir de comparer les faits, d'en tirer des conclusions, et d'y asseoir des hypothèses.”

A ces allégations mon expérience oppose un démenti formel.

Les élèves des cours de sciences causent souvent à leurs professeurs les plus cruels désappointements.

Ce sont des élèves qui ont été bourrés de faits scientifiques par des maitres habiles; et qui en font montre de la manière ie plus impressive. Leur érudition est bien des fois extraordinairement précise et étendue. Ils connaissent bien les éléments de la chimie; ils ont entièrement maitrisé les formules

élémentaires de la physique; ils ont acquis des notions de botanique et de zoologie, mais ils n'ont pas d'entrainement intellectuel.

Que ces élèves aient le malheur de + relâcher dans leur travail ardu, ils seront bien vite dépassés par des élèves plus jeunes sortis des écoles classiques, qui, à leur entrée à l'Université pouvaient à peine distinguer une éprouvette d'un baromêtre. L'élève du cours de sciences, tel que formé par nos programmes modernes est un prodige d'érudition; il est dif-

ficile à surpasser sur les premières notions de son sujet, mais.

à mesure qu'il atteint cette région de connaissances, où il faut s'occuper non seulement des faits évidents, mais de la force relative des théories et des arguments, il est comme dans l'impossibilité de s'élever à ces considérations.

Le Duc de Devonshire, dans un discours qu'il prononçait en 1898 devant une chambre de commerce de Londres, ne pouvait s'empêcher de constater les merveilleux progrès de l'AIlemagne en matière industrielle; il n'hésitait pas à reconnaitre que ce progrès était en grande partie dû à la formation classique de ceux qui dirigeaient ces établissements : il demandait, non pas l'abolition du grec et du latin, mais la dissémination en Angleterre, d'un plus grand nombre de maisons où l'on donnerait une éducation basée sur l'étude des humanités.

Aux Etats-Unis, depuis quelques années surtout l'on s'oCcupe beaucoup de cette question d'éducation préliminaire à l'étude de la médecine. A l'une des dernières réunions annuelles de l'Académie Américaine de Médecine, le Dr J. E. Emerson. de Détroit, disait, dans un rapport qui fut adopté à fe 4, aité, que la culture préliminaire idéale était l'éducation Cla.. que. Il soupirait après le jour où tout étudiant dans un collège de médecine américain serait porteur d'un degré de bachelier. Il basait ses affirmations sur des statistiques recueillies dans les différentes écoles de médecine, ainsi que sur les rapports du Bureau de Santé de l'Illinois.

Le Dr David Starr Jordan, A.M., M.D., président de l'Université de l'Indiana, dans un travail sur l'éducation générale du médecin, donnait en 1803, les statistiques suivantes et les

re

commentait : 3

a mit

D scmmenina tee ce mérmeemtt mnt

Page 1