‹ Les etudes classiques et la démocratieChapitre 14 sur 26 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Nécessité universelle des études philosophiques,

morales et sociales.

Une réforme dernière, couronnement des précédentes, c'est de rendre la classe de philosophie obligatoire pour tous les élèves, quels qu'ils soient, plus encore pour ceux qui se destinent aux carrières scientifiques et aux grandes Écoles. « Sans une philosophie, a dit Taine, le savant n'est qu'un manœuvre, comme l'artiste n'est qu'un amuseur. »

Est-il des jeunes gens auxquels il soit inutile de fournir des principes, de donner des notions précises, par exemple, sur la constitution de la famille, sur la vraie nature du mariage, sur la question de savoir s'il n'est qu'un simple contrat entre individus analogue aux autres, ou s'il a une valeur morale et une valeur sociale, fondement

de son caractère sacré? Est-il aussi des jeunes gens auxquels il soit superflu de fournir des notions sur la base légitime de la propriété, sur la nature et les attributions de l'État, sur le sens vrai et le sens faux de la souveraineté nationale, etc.? Ou s'imagine-t-on que, sur tous ces points, philosophes et moralistes n'aient rien à dire qui puisse obtenir l'assentiment des consciences? La vérité est que nous ne savons pas la morale, ce qui nous excuse en partie de la si mal pratiquer.

Mais, dans le cours de philosophie, il faut proscrire, comme ailleurs, l'abus de l'érudition, de l'histoire, des études trop spéciales;^

Six heures par semaine seront consacrées, pour tous les élèves, à l'étude de la psychologie, de la morale, à la philosophie de la nature et de l'esprit, enfin à la dissertation française. La division des lettres aura en plus une classe supplémentaire pour la logique, l'esthétique, l'histoire de la philosophie et les auteurs philosophiques.

Nous avons, à plusieurs reprises, proposé un programme de philosophie obligatoire pour tous

qui nous semble faire aux divers problèmes leur part relative. Qu'on nous permette de le reproduire ici; on verra combien les questions qu'il indique sont nécessaires dans tous les examens, quels qu'ils soient, et comment une composition de philosophie sur l'une de ces questions est indispensable encore plus aux élèves scientifiques qu'aux littéraires.

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