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Les études ecclésiastiques [microform]: d'après la méthode de Mabillon

Ce sont les idées qui, en les dirigeant^ font les sociétés. Les institutions qui les régissent^ le but vers lequel tendent leurs "^ efforts ^ les passions qui les agitent, subissent^ en règle générale, l'empire des idées qui circulent dans les intelligences de leurs membres. Les idées religieuses exercent incontestablement sur l'état moral des peuples t influence la plus étendue et la plus profonde.

Or, l'idée ne 7iaît pas spontanément au sein des miiltitudes. Si les institutions d'une société et les ci?'constances au milieu desquelles s'effectue son développement ne restent jamais étrangères au progrès de l'idée, elles ne sauraient lui donner naissance. Seule l'intelligence humaine est capable de la produire et de la semer dans d'autres intelligences, par laplumè onlaparole, en utilisant pour cette diffusion les dispositions des individus, leur état sacial et les événements dont ils sont les témoins, les acteurs ou les victimes.

Les nations, les provinces et les paroisses ont donc

les idées qu'un certain nombre d'individus leur donnent et au besoin leur imposent. L'homme exerce en cela une action considérable, soit pour le bien soit pour le mal ; il serait faux et dangereux de le nier. Vhisioire, du reste, rend un témoignage éclatant à ce rôle joué par certaines individualités puissantes .

Que voit-on au début des révolutiofis qui ont, à diverses époques, si profondément bouleversé le monde? Quelques hommes, parfois un seul a suffi, après avoir entrevu une idée, en harmonie avec l'état d'âme de leurs contemporains, l'ont mûrie ; ils se la sont assimilée, incorporée pour ainsi dire. Bientôt elle a pris en eux une forme vivante ; et elle est sortie de leurs mains ou de leurs lèvres avec une force irrésistible. C'est tout ce quil fallait pour remuer des foides et les lancer dans l'action. La prétendue Réforme et la Révolution française n'ont pas eu d'autre origine. Il en a été ainsi d'autres mouvements populaires dont la trace est inoins profonde..

Les courants religieux qui ont entraîné les peuples vers l'idéal évangélique ont eu, eux aussi, pour force motrice la, jouissance de quelques grands semeurs d'idées. Aussi l' épanouisseinent de la vie chrétienne et de la sainteté dans les individus et dans les groupements sociaux suppose-t-il toujours au sein de l'Eglise la présence de docteurs, c'est-à-dire d'hommes qui savent enrichir leur intelligence des trésors de la vérité et revêtir cette même vérité d'une forme splendide, entraînante et actuelle, capable par conséquent de séduire et de dominer les esprits. Ces

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hoymne s rendent au Dieu de vérité le témoignage qui lui procure la gloire la plus grande ; ils sont, en outre J' honneur du genre humain et ses bienfaiteurs insignes.

On les a vus nombreux et actifs au /P et au P siècle, à l'époque de Charlemagne, durant le Xllt siècle, pendant la renaissance chrétienne qui suivit le Concile de Trente. De nos jours, si les catholiques ont eu assez de. vigueur pour affirmer leur foi religieuse et ses droits en face de la Révolution triomphante, si tant et tant d'œuvres saintes ont pu, au milieu de difficidtés et au prix de sacrifices énormes, se multiplier en France et sur la face du monde chrétien, on le doit, aptrès Dieu, surtout aux hommes d'intelligence et de cœur qui ont mis avec courage et talent leur plume et leur parole au service de l'Eglise. Grâce à eux la masse des croyants a repris confiance dans les énergies surnaturelles de la foi et dans son avenir ; lo. fierté d'être chrétien les a fait railler le scepticisme moqueur qui tournait en dérision leurs croyances et leurs pratiques ; et leur apostolat moins timide a pu faire des conquêtes nombreuses et très utiles.

Le passé indique le chemin de l'avenir. Il faut à T Eglise, pour triompher, de grands semeurs d'idées.

Les hommes capables de jouer ce rôle seraient impuissants, s'ils ne trouvaient pas à leurs côtés ou au-dessous d'eux des collahorateursmoins richement doués, qui sachent recueillir les idées forgées par eux, se les approprier , les développer au besoin, les

remuer et enfin les répandre sur la foule ^ qiC il s'agit de conduire. Les grands hommes n^ atteignent pas directement la masse. Ces iiitermédiaires^ qu'ils réclament souvent à plusieurs degrés, ne remplissent point les vulgaires fonctions de canaux distributeurs ; leur valeur intellectuelle et morale est pour beaucoup drms les résultats obtenus.

Pour parler plus clairement., V Eglise s'efforce^ à cette heure, de rendre à laFrance la vie chrétienne^ qu'on lui a fait perdre.

Les forces d'un gouvernement athée lui opposent un obstacle presque insurmontable. Plus dangereuse est encore l'opposition de l'athéisme intellectuel. Laneutr alité scolaire^ V impiété officielle et les attaques dirigées sur tant de points à la fois avec une habileté et une persévérance infatigable contre l'action du catholicisme ne sont que la réalisation ., dans les institutions publiques et dans la vie nationale, des doctrines professées par quelques hommes ayant pour eux le prestige de la science et de la littérature, et passant aux yeux de leurs contemporains pour les arbitres de la vérité et les guides de la pensée. Ces pontifes infaillibles de l'athéisme ont à leurs ordres une armée d'apôtres qui acceptent sans examen leurs décisions dogmatiques et les infusent à une multitude de croyants aveugles.

Discréditer lareligion comme une chose surannée, et mettre aux pieds de l'athéisme scientifique et de ses docteurs la confiance quon lui enlève, tel â été et tel sera longtemps le but de leurs efforts. Ils em-

ploient^ pour l'atteindre^ une tactique très habile et souple dans les mouvements qu'elle impose. Tous ne disent pas la religion mauvaise en elle-même. Plusieurs, et ce seront les mieux écoutés désorinais, reconnaissent franchement son utilité dans le passé ; ils la troîweîit belle et digne d'intérêt; ils lui croient un certain avenir social. Le catholicisme leur semble.^ entre toutes les formes religieuses, mériter une vénération particulière ; la France, déclarent-ils, ne peut cesser d'être catholique ; les siècles lui en font une obligation. Quelques-uns ne craignent pas d'accepter certaines de ses pratiques rituelles et morales.

Mais font-ils un acte de foi ? Croient-ils à l'origine divine de la religion chrétienne? Acceptentils le fait de la révélation et de la vie surnaturelle ? Inclinent-ils leur intelligen ce et leur dm e tout entière devant f autorité de l'Eglise catholique, seule religion véritable ? Avouent-ils qu'elle a seule droit à la croyance des individus et à la soumission des peuples ? Ne la mettent-ils pas plutôt dans un Panthéon scientifique o/i^oz/s/^.? cultes se donnent rendez-vous et dans lequel les adorateurs de toutes les divinités se délivrent les uns aux autres un témoignage de sincérité religieuse et prodiguent confusément à toutes ces croyances des égards sacrilèges et absurdes ? Ne font-ils pas de l'acte de foi et de ses manifestations diverses un seiitiment qui jaillit avec une spontanéité naturelle du cœur de l'individu et du inilieu dans lequel se développe

une société^ sans que nul ait le droit de lui reconnaître une objectivité scientifique ?

Cet athéisme^ plus ou moins déguisé^ qui règne da7is certaines hautes régions intellectuelles, coule par la littérature^ la presse et les mille canaux de la vulgarisation svr tout le pays. Quelles peuveiit être les conséquences individuelles et sociales de cet état de l'esprit public ? Je n'ai pas à les dire ici ; elles sont trop évidentes.

Que faire en présence de cette situation? Lutter ; tout le monde le déclare. Par le fait, il y a une lutte ardente et généreuse. L'action catholique se porte sur tous les points attaqués . Prêtres séculiers, religieux, religieuses^ laïcs ^ rivalisent d'ardeur. Leur activité dans le domaine de la propagande et sur le terrain des œuvres charitables et sociales est digne d'éloges. Et cependant malgré la somme du travail et le courage des travailleurs, le succès ne répond guère à l'effort accompli.

Il en est qui se ptosent cette question: Devonsnous attendre la victoire d'une pareille activité ?

Loin de moi la pensée de nier Vimportance de cette action et de ces œuvres. Je les crois nécessaires. Et que Dieu multiplie les ouvriers qui s'y consacrent .

Mais là n'est point le chemin de la victoire. Il faut autre chose pour rendre au catholicisme le prestige qui impose la confiance du cœur et de l'esprit.

C'est une action intellectuelle qui peut obtenir ce résultat, en assurant aux catholiques et surtout aux prêtres un ascendant qui finira toujours par conci-

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lier à leur ministère l' estime, d'où vient le succès. Mais pour cela une supériorité manifeste de caractère et cV intelligence leur est indispensable.

L'esprit de Dieu, qui fait les prêtres, ne leur communique point avec la grâce du sacerdoce cette supériorité.

Chacun la doit acquérir., en développant par le travail personnel les aptitudes qu'il a reçues d'en haut. Ce ne saurait être C œuvre d'un jour. Cette suj)ériorité est susceptible de progrès indéfini. V homme ne la possède jamais complètement. Il la perd quand il cesse de la développer.

L'effort pour l'atteindre commence avec l'éducation elle-même. Use continue durant les humanités et pendant les années de séminaire. Bien ncCif seraitle jeune prêtre qui croirait tenir le but., en quittant cet asile de la piété et du travail. G est, au contraire, le moment pour lui de se livrer à des études personnelles, et d'acquérir un développement intellectuel où l'expérience doit avoir une part prépondérante .

Au sujet des séminaires petits et grands, je me borne à cette réflexion : Les élèves en sortent ce que les77iaîtres les ont faits ; et ceux-ci les forment plus ou moins à leur image et ressemblance. Leur temps a été bien employé j s'ils ont préparé des travailleurs bien outillés.

Mais comment travailler à la sortie du séminaire ? Telle est la question qui se pose à l'esprit d'un grand nombre.

Beaucoup semblent animés de dispositions excel-

lentes ; ils ont de rintelligence et de la volonté. Et cependant, combien j)6u persévèrent et arrivent!

A quoi tient cet insuccès?

Les tins, séduits jmr une certaine facilité., poussés par V empressement naturel, sollicités par les apôtres de l'action à outrance, et illusionnés par les bonnes œuvres immédiates et pressantes qu'ils entreprennent, se jettent trop tôt dans le courant d!une activité fébrile qui les entraine. C'est, du reste, la maladie de notre temps.

Comme leur acquit est faible et que V expérience leur manque., ils s' abandonnent vite à lapy^ésomption. On les voit épuiser sans compter leurs forces intellectuelles ; et bientôt leur action n'est plus que de l'agitation stérile. Ils avaient cependant donné de belles et légitimes espérances. Qu'ils auraient mieux fait de modérer leur zèle et d'enlever chaque jour quelqties bonnes heures aux entraînements de leur activité pour continuer dans le calme leurs études et travailler ainsi à leur développement sacerdotal I C'eût été la prépai^ation solide d'un avenir fécond. On a tout compromis en leur demandant des fruits avant la maturité. Si la conscience de ces imprudents est sans inquiétude, il n'en faut pas moins déplorer la conséquence funeste d'une pareille légèreté d'esprit : l'Eglise manque de prêtres de valeur, à une époque où leur présence lui rendrait tant de services.

D' autres -i il est vrai, se ménagent des loisirs. Les sciences naturelles, la littérature et les diversesbran-

ches du savoir hiwiain sollicitent leurs intelligences. Il n'y.apas à se plaindre, si des aptitudes bien tranchées et un travail persévérant leur ménagent des succès qui, en augmentant leur prestige aux yeux des hommes, deviennent un profit pour la cause religieuse. Ces connaissances sont indispensables aux membres du clergé voués à l'enseignement dans les collèges et les séminaires. Naturaliste distingué, orientaliste éminent, philologue de valeur, le prêtre peut, tout en servant la science, travailler efficacement pour la religion, surtout quand sa spécialité ne lui a pas fait négliger l'étude de la théologie.

Mais, il faut le reconnaître, les hommes capables d'obtenir ces résultats soiit rares parmi les membres du clergé. C'est chose bien naturelle. Le prêtre n'a pas reçu de Notre-Seigneiir la mission d'enseigner au monde les sciences humaines. Il est, par état, ministre de la religion, et c'est la science de la religion qu'il est tenu de communiquer aux croyants et à ceux qui désirent croire. Les individus et les sociétés ont, de nos jours plus qu'à aucune autre époque, besoin de cette connaissance qui leur indiquerait un remède efficace aux maux dont ils souffrent. Seul le prêtre peut la leur donner.

L'objet de cette science ne renferme pas seule77ient les dogmes que l'Eglise impose à la foi de ses enfants et les préceptes qu'elle 'leur intime ; il comprend l'Eglise elle-même, son organisme^ ses institutions, ses sacrements, sa vie tout entière dans le présent et dans le passé, les services qu'elle a

rendus jadis, ceux qu'elle rend ou qu^ elle rendrait^ si on lui laissait toute sa liberté d'action. Cette science mérite bien le nom de science ecclésiastique qui lui est donné.

Elle offre à l'activité intellectuelle un champ vaste et fécond. Sa culture, pour être fructueuse, demande chez celui qui l'entreprend ime droitiire de jugement et une sincérité d'âme parfaite. Il lui faut, en outre ^ une méthode scientifique rigoureuse dans ses procédés; cest le seul moyen d'obtenir des résultats précis et indiscutables. Mieux vaut chercher la formation et le développement de l'intelligence par la connaissance, l'acquisition et l'assimilation de la vérité, qu emmagasiner pêle-mêle dans sa mémoire des faits, des noms et des idées. Ce dévieloppement des facultés intellectuelles est le but le plus élevé que V homme d'étude puisse se proposer.

La science ecclésiastique lui procure ce bien de la manière la plus satisfaisante. Elle christianise Vaine dans ses pensées et dans ses sentiments. Cest à ce point de vue que le prêtre doit toujours se placer. Il est plus sûr que la poursuite d'une fin immédiate, telle que la préparation d'une série de prédications ou d'un livre. Entre autres avantages, il a celui d'ouvrir devant l'esprit V horizon le plus étendu.

L'homme qui marche dans cette direction finit par acquérir une science sérieuse et personnelle. Il aime ce qu'il apprend, et il en vit; c'est ce qui fait sa force. Et cette force le suit dans toutes les œuvres

qu'il entreprend. A la ville ou à la campagne^ à la tête d'une classe^ d'une paroisse, d\me œuvre ou d'une communauté, dans un livre ou du haut de la chaire, il conserve toujours V autorité que lui confère son acquit', de là une vie et une personnalité qui en imposent aux esprits cultivés, aux âmes les plus simples, et aux enfants eux-mêmes. Les adversaires de la religion ne peuvent refuser leur hommage à cette grandeur morale. Pour peu que ce prêtre possède l'initiative qui fait les hommes d^ action, son influence est considérable, elle s'étend sur un vaste rayon. Il est un semeur d'' idées; et sa semence tombe en terre fertile.

S'il s'applique à suivre l'Eglise dans toutes les phases de sa vie, et à considérer la fidélité et la souplesse qui lui permettent, tout en restant semblable à elle-même, de s'adapter merveilleusement aux exigences des siècles et des pays, il finit par se modeler sur ce type. Le respect pour la doctrine et les institutions t7'aditionnelles, que cette étude lui inspire, ne Vemjjêche jamais de donrier toute V actualité désirable aux œuvres dont il se sert pour atteindre ses contemporains.

Peu d'hommes sont, je l'avoue, capables de cultiver toutes les branches de la science ecclésiastique. Que chacun travaille en raison de ses aptitudes et de ses loisirs la partie qui lui convient le mieux . Celui qui sait utiliser toutes ses forces et les instants que lui laissent ses occupations ordinaires, afinde poursuivre avec méthode et persévérance un but in-

tellectiiel^ arrive promptement à des résultats dont it est lui-même surpi^is. Mais un guide lui est nécessaire. Au défaut d'un maître vivant qui puisse lui tracer une direction sûre et lui donner des conseils et des indications pratiques toutes les fois que le besoin s'en fait sentir^ qu'il choisisse un ouvrage recommandé par le nom de son auteur et par V estime dont il jouit dans les milieux éclairés.

Dans sa Lettre encyclique aux Archevêques, Évêques et au Clergé de France, du 8 septembre i899, Léon XIII recommande avec instance la fidélité « aux méthodes traditionnelles des siècles passés, qui ont formé les hommes éminents dont r Église de France est fière, à si juste titre ». Parmi ces gloires françaises, le Souverain Pontife nomme Mabillon. Cet illustre Bénédictin a eu r occasion d'exposer lui même sa méthode, dans son Traité des Etudes monastiques ^ Cet ouvrage fut accueilli en France et à l'étranger avec une légitime reconnaissance. Les Bénédictijis, cela va sans dire y témoignèrent à Vauteur l'estime qu'ils faisaient de son livre en mettant les premiers ses conseils en pratique.

Le savant cardinal bénédictin d' Âguirre, qui avait longtemps enseigné la théologie à Salamanque, comprit, à la lecture du chapitre que Mabillon consacre à la théologie scolastique , V illusion dans laquelle tombent les théologiens

i. In-8°, 478. Paris, Robustel, 1691.

qui croient servir la science en abordant une foule de questions inutiles. « // in est arrivé à moi-mêrne, écrivit-il à son docte confrère, je l'avoue à ma grande honte., de suivre ce courant, qui entraîne heaucouj) d'hommes religieux et qui pénètre jusque dans les monastères. J'ai beaucoup dicté, beaucoup écrit, beaucoup impi^imé ; bien que j'aie supprimé une foule de choses, il en reste néanmoins peu de vraiment utiles. Tout ce que je publierai désormais ne méritera plus ce reproche. Et si j'ai à rééditer quelques-uns de mes ouvrages, je les débarrasserai de toutes ces bagatelles dans la mesure du possible\ >•>

Les ecclésiastiques et les laïcs ne montrèrent pas moins de satisfaction. Le traité de Mabillon avait pour eux un véritable intérêt, puisque, dans sa p misée, les études des moines peuvent et doivent être les mêmes que celles des pi'êtres séculiers. Par le fait, le plan qu'il propose embrasse tout l'ensemble des Etudes ecclésiastiques.

La méthode pi'éconisée par Mabillon est le fruit de son expérience personnelle ; elle garde cette note de bon sens remarquable qui caractérise son auteur. On pouvait avec raison la prendre comme émanant de la Congrégation de Saint-Maur ellemême. Or les travaux de ses membres lui avaient acquis, en Finance et à l'étranger, un renom de science qui. a depuis rejailli sur l'Ordre Bénédictin

1 .Lettre à Mabillon, Œuvres posthumes de Mabillon, 1. 1, 399-

tout entier. Leurs savantes publications pouvaient aisétnent passer pour le fruit de cette méthode.

Les volumes parus de la collection des Acta Sanctorum Ordinis Sancti Benedicti, les Vetera Analecta, ses trois livres De Liturgia gallicana^ l'édition des OEuvres de saint Bernard et surtout son traité de Diplomatique faisaient de Mabillon l'un des savants les plus estimés de France. Une méthode d'études ecclésiastiques, proposée par lui et venant de la Congrégation de Saint-Maur, se recommandait donc assez par elle-même. Elle conserve, après deux siècles remplis par des travaux de toute sorte, son actualité. Il a suffi de supprimer lapartie de son travail oii l auteur défendait contre l'abbé de la Trappe la légitimité de l'étude chez les moines, pour avoir dans toute sa pureté cette méthode. J'ai dû me préoccuper de la mettre au courant et de la présenter sous une forme qui la mît à la portée du plus grand nornbre de travailleurs possible.

Quelques-uns me reprocheront , sans doute, de 7i'avoir pas donné le livre de Mabillon tel qu'il est sorti de sa plume. Je leur demande si, par ce moyen, j'aurais atteint mon but. Le procédé que fai adopté s'imposait du moment que je voulais offrir aux prêtres une méthode pratique du travail. D'autres pourront entreprendre une réédition du Traité des Etudes monastiques ^ enrichi de nombreuses culditions et de commentaires ; cette jmbli-

catioîi, dont je serai le premier à me réjouir, s'adressera à un public différent .

Mon seul désir est de faire une œuvre utile à tous ynes frères dans le sacerdoce qui ambitionnent h noble et consolant labeur de l'apostolat par les idées. Je suis heureux de les mettre à l'école de Mabillon ; il les guidera dans Vapplication aux études ecclésiastiques de cette méthode historique, si goûtée de nos contemporains y et à laquelle l'avenir réserve pour la défense du catholicisme , de ses croyances et de ses institutions un rôle de plus en plus prépondérant ^ .

Abbcuje de Ligugk, en la fête de saint Pierre, 29 juin 1900.

1. Ceux qui voudraient connaître les circonstances dans les- Quelles parut le travail de Mabillon liront avec prolit la Querelle de Mabillon et de Fabbé de Rancé^ par M. le chan. Henri Didio in- 12, xvn-464, Lille, Berges, 1893.

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