Loc. cit
avec eux, « on a tellement subtilisé sur cette matière qu'à force de raisonner, on a perdu quelquefois la raisou;, et on a vu avec douleur que la morale des païens faisait hOnte à celle de quelques casuistes. » Il dit ailleurs : « On se met en danger de se gâter l'esprit et le cœur si on ne sait distinguer les bons (casuistes) des mauvais. »
Certains de ces casuistes auxquels fait allusion Fauteur des Études monastiques en arrivaient à perdre de vue les principes les plus élémentaires de la morale naturelle. Aussi valait-il mieux lire les ouvrages de quelques philosophes païens, le livre des Offices de Gicéron en particulier. Voici, par exemple, une règle donnée par lui : Se garder de toutes les choses dont on est en doute si elles sont justes ou injustes. Car la justice a par elle-même un certain éclat qui la fait découvrir sans peine partout où elle est, et dès qu'on est en doute si une chose est juste ou non, c'est signe qu'on y entrevoit quelque sorte d'injustice : yEquitas enim lucet per se / dubitatio autem cogitationem signifîcat injurise ^. »
Depuis le jour où Mabillon écrivait son traité, Dieu a suscité dans son Eglise un docteur dont les écrits ont donné aux confesseurs des principes non moins éloignés d'une morale relâchée que d'un rigorisme excessif. Saint Alphonse de Liguori et les moralistes de son école sont les maîtres dont la doctrine doit être suivie en toute sécurité de conscience. Ils ne dispensent pas de recourir néanmoins à la 2^ 2^6 de saint Thomas et -aux Instructions de saint Charles Borromée sur le sacrement de pénitence.