‹ Les étudiants drame en cinq actesChapitre 34 sur 54 · ROYER, OLIVIER · texte numérisé non relu

ROYER, OLIVIER

roter. Monsieur, j’ai entendu sortir de votre bouche doux mots qui n'ont pas coutume de se heurter l'un à l’autre. ouvikr. El quels sont ces mois?

roter. Vous avez prononcé le nom de Royer, et vous avez parlé de lâcheté.

olivier. C'est vrai.

roveii. Et ces deux mots s’unissaient dans votre pensée? olivier. Oui, Monsieur.

roter. Misérable!... mais tu ne sais donc pas que c’est... olivier, l'n duel...

roter. Nou, pas un duel... mais la mort...

olivier. Si c'est la mort... tant mieux...

roter. Oh! pas de ces comédies dédaigneuses, Monsieur... L'homme qui m’a appelé lâche, jo le tuerai, je vous le jure... je le tuerai'

olivier. Eh bien! je vous l’ai dit, tant mieux!... roter, apm lu «îicncr. Écoutez, Monsieur; je lie vous connais pas... c’est aujourd’hui la première fois qui; vous me remontrez... Si, ce malin, je vous ai blessé par une demande indiscrète, je vous en ai fait mes excuses...

olivier. El trous m'avez dit qui vousétiex...

Roi er. Oui, je vous ai dit quej‘étai& le filsdu comte d’Orilly... Mais et: «jue vous ne savez pas, c’est qu'une fatalité cruelle a trou souvent «lirige ma main. Oh! te n’est pas de la fanfaronnade, croyez-moi, c’est du regret, peut-être «lu remords... et, lorsque après la vengeance on a vu passer près «le soi... la saïur en larmes... la mère en deuil, le père désolé... de celui qu’on a pum... même justement... on doute. Monsieur, on se repenti... on voudrait arracher de la tombe le jeune homme tué dans sa fleur... on voudrait relever ce cadavre couché par terre. La colère la plus juste s'éteint vite dans le sang vei>c... Vous êtes jeune et plein d'avenir... pourquoi aurais-je soif du v«5tre... pour quelques paroles échappées à un sentiment exa- ! géré, mais peut-être juste, pour une injure dictée par la jalousie peut-être; peut-être aussi jwir le ressentiment d’on long malheur?... Ah! si le duel est encore un combat honorable... c’est lorsqu'il venge des sentiments honorables aussi .. Qu'on se batte pour sa sœur déslmnorèe, |»our son père vendu, c'est un droit, c’est plus, c’est un devoir... Tenez, Monsieur, nous sommes seuls, qiies-moi que vous regrettez cej paroles, et je les oublierai... *

! olivier. Mais moi, je ne puis pas oublier...

roveh. Ah ! quand vous lus avez prononcées, vous ne me connaissiez pat!

olivier. Oh! je vous connais... Je sais que vous êtes le duelliste le plus terrible de l’école... Je mis que votre balle ne manque jamais soit but... Je sais que votre cpéc entre dans licteur à la juste mesure que vous voulez... et je sais aussi, qu’à l’encontre «le tant d'autres spadassins, voua êtes brave.

Rover. Ik*H railleries. Monsieur... Ab! prenez garde... prenez garde!

olivier. Mais il y a ici un homme plus brave que vous, monsieur Royer d’Orilly : c’est celui qui, sur d’aller à la mort dans un duel avec vous, y va pins calme que vous ne l’étet vousmême.

roter. En ce cas, Monsieur, vous êtes fou.

olivier. Oh! non, non... Et s'il faut, pour votw convaincre du contraire, vous expliquer les paroles qui vous ont fait me provoquer, je vous dirai encore ; que profiter de l’abandon d’une pauvre femme pour lui parler d’aumur... que spéculer sur la pauvreté pour arriver au déshonneur de la fille et au désespoir de la mère... s'apjielât-on Royer d’Orilly, c'est une lâcheté !

ROTER, U uiMMiot a«cc furaur. Ah! tu te tairas! olivier. Et s’il arrivait que monsieur Royer d’Orilly, fier de sa force d’athlète, employât d’autres armes" que celles de* gens d’honneur... je dirais encore que c’est une lâcheté.

roter. Mais il v a quelque chose qui vous pousse à m'insulter, sans doute! Espérez-Vous sauver ainsi cette femme de mon amour?... Ne savez-vous donc pas que la pitié qu'elle eut pu m’inspirer sc taira au souvenir de voire injure?... Ne sarezvous donc pas qu’une menace peut me poussera tout?...

olivier. Même à un crime!... Et qui vous a dit. Monsieur, «lue je ne veuille nas, moi, qu’il y ail une tache sur ce no-n dont vous êtes si fier? .. que je ne veuille pas qu’il soit dit que le fils du comte d’Orilly a fait une infamie, comme il sera dit peut-être que l«> fils du baron de llnrlagne, que cherche votre naine... n’est pas un traître et un lâche!

rover. Mortagne!... Ah! quel démon vous a poussé A prononcer ce nom ?

olivier. Celui qui pousse les hommes à leur perte et .à leur salut.

roter. Mais qui êtes-vous donc, vous qui cherchez la mort avec tant d'empressement?

olivier. Monsieur Royer d’Orilly, le brave étudiant, l'intréide duelliste, puisque vous êtes sùr de votre adresse, mesure* ien les coups que vous me porterez... faites que celui qui doit me tuer ne soit pas si rapide que je ne puisse encore prononcer quelques paroles... Et alors... je vous dirai qui je suis... je vous dirai mon nom... je vous dirai pourquoi j’ai voulu mourir. rotf.r. Eli bien! soit... à demain.

olivier. A demain.

roter, à pari. Qu’cst-ce que j’ai?... Je ne sais. . maie le regard de ce malheureux in'a troublé... Oh! non, non, il a osé m’insulter... il a parlé de lâcheté... Nul h«mmu ne dira deux fois ce mol au fils de mon père... je le tuerai! (iu*.) A demain.

(il Nrt.)

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