ROYER, MARIE
roter . Ah! pardon, Marie... c'est vous... pardon... mais si vous saviez...
marie. Oui, votre sœur.
roi er. Ma sueur... oh! je cours pris d'elle... je l'interrogerai... jeta ferai parler... Elle est innocente... elle doit rétro... elle n’a nas déshonoré le nom de son père... le nom du proscrit vendu et assassiné.
marie. Le nom de Royer d’Orilly, n'est-ce pas?
MTFR. D’où le savez-vous?
marie. Et vous êtes le fils de ce proscrit vendu et assassiné? roter. Oui, moi... moi, qui voudrais vous mieux consoler... qui voudrais aller avec vous près de votre mère... Mais je ne puis pas... Tenez, vous êtes pauvre... voilà de l'argent.,, prenez... marie. De l’argent... ue l’argent de vous! Jamais 1.. jamais!.. roter. Pourquoi ce refus, Marie? Oubliez que je vous ai outragée... oubliez que je vous ai méconnue. Si j’avais su quelle ; était la noblesse de vos sentiments... si j’avais pu soiqiçonner ! tout le malheur de votre existence... jamais, jamais, y. vous le jure, je ne vous aurais osé parler d’un amour coupable. . Tenez... prenez...
I marie. Jamais! jamais!..
! Rover. Mais votre mère se meurt.
marie. Nous mourrons ensemble.
roter. Mais pourquoi, lorsque je repousse une outrageante espérance... pourquoi, lorsque je maudis des paroles qui vous ont insultée... pourquoi me refuser?
marie. Pourquoi, Monsieur?... parce que Dieu a voulu que la malédiction qui pèse sur moi s’accomplisse tout cutière... parer; qu’il a dit que le traître serait maudit dans toute «a race... parce que je ne poux accepter du pain du fils du comte d’Orillv, vendu et assassiné par mon père, Monsieur!
roter. Votre père, malheureuse!
marie. Appelez-moi maudite, c’est le nom qui convient à la fille du baron de Mortagne.
roter. Vous, la fille de Mortagne!.., Oh! maudite en effet... vouée à la misère, aux larmes!...
marie. Et que vous auriez vouée au dêshonoeur, si Dieu ne m'avait pas éveillée de ce vertige qui me poussait & ma perte.
roter. Oh! elle a raison... Elle était là tout à l’heure, tremblante. résignée. Et demain, j'aurais dit tout haut et à tous : « La fille de ce Mortagne, la fille du misérable qui a vendu mon père, elle est i moi. Il manquait un déshonneur à ce nom, je le lui ai jeté... Ecoutez, et que ma voix descende jusque dans l’ombre où se cache le traître... C'est Marie de Mortagne, perdue, déshonorée... Je l’ai pris»; dans la boue de la misère, et je la jette a la fange du vice!... » Ah! celte joie, celte vengeance, je l'ai perdue... misérable fou que je suis!...
marie. Lajoie qui rit sur l'honneur mort d’une pauvre fille n’est pas d'un honnête homme.
rotf.r. C’est que maintenant je pense à mon père, moi. marie. C'est que vous oubliez votre soeur, Monsieur.
ROTFR. Ma sœur... ma sœur... et c’est vous, vous qui me jetez celte injure à la race... voua, la fille du baron de Mortagne vous insultez la fille du comte d’Orilly!
marie. Vous m'avez rappelé mon devoir, je vous rappelle le vôtre.
rotf.r. O ma sœur! aurons-nous à rougir devant eux? marie Ab! Dieu n'a pas mis toute la vertu d'un côté et toute l'infamie «b? l'autre... Dieu abaisse les orgueilleux... Dieu sontien t les misérables.
roter. Qu’il vous protège maintenant, puisqu'il m’a donné ma part du malheur... puisque vous en appelez à sa justice... SCÈNE VIII. '
MARIE, seul*. Merci, merci, Seigneur... je mourrai... Oh! ccttu fois personne ne me sauvera... Cet homme inc l’a dit ce matin : la tombe est toujours ouverte à qui ose s’y préa piler... Mourir!., mourir!., toujours ce mot fatal... au bout de choqué effort, de chaque espoir... nmnrir!.. Oh! je n’use plus,, fai eu froid. .. j’ai eu peur... Insensée ! mai» la misère est là...’ elle viendra prendre; sa proie... la faim lue. Est-ce donc vrai, mon Dieu! qu’il me faut mourir ainsi?... est-ce donc vrai que ni courage, ni vertu, ni résignation, rien n« i vous touche, lorsque vous avez prononcé l'arrêt fatal!... Faut-il que je meure et ma mère aussi, parce quVllea eu horreur du crime de son époux? Parce qu’elle ne s’est |ia» senti la furoe de partager Je poids de sa honte, vous la condamnez aussi!... Non, non, elle ne mourra pas!... Oh! la force m’abandonne I... Oh ne m’envovez pas la mort avant que je n'aie embrassé ma mère... O mon ‘Dieu! par grâce... laisse*- no us mourir ensemble... Mon Dieu! mon Dieu! soutenez-moi... (akiuwheunbié*.)