‹ Les eunuques à travers les âgesChapitre 97 sur 102 · S0 ■ LES EUNUQUES · texte numérisé non relu

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disait-il, que tout le rôle de. la glande ne se borne pas à séparer du sang des produits qui doivent être rejetés par excrétion et qu'elle sécrète en même temps des substances qui, ramenées par les veines dans la circulation générale ont une influence sur le système nerveux. » Afin de vérifier cette hypothèse, il eut l'idée de greffer des testicules de chien sur un animal vieux et affaibli, qui présenta incontinent un regain de jeunesse.

Disons en passant qu'en novembre 1891, M. Lode présenta à la Société de Médecine de Vienne une expérience plus concluante encore. Il castra des coqs et leur sutura les testicules sous un point quelconque de la peau. Non seulement ces testicules ne s'atrophièrent pas, mais les animaux en expérience continuèrent à présenter tous les attributs de la virilité *.

C'est alors que Brown-Sequard imagina de triturer des testicules de chien dans de la glycérine, et d'injecter le liquide ainsi obtenu à des individus âgés ou affaiblis. Il se choisit lui-même — il avait à cette époque 72 ans — pour premier sujet de ses recherches, et tout en faisant la part — minime — de l'auto- suggestion, il affirma que ses injections lui avaient donné un résultat inespéré. Du coup il avait recouvré une énergie nouvelle, une suractivité inattendue de toutes les fonctions organiques^, et l'aptitude au travail s'était singulièrement accrue.

On sait avec quelles railleries la presse politique et certains organes scientifiques accueillirent le ré-

1. Hunter signala de même des résultats positifs après transplantation testiculaire. Mais plus récemment les expériences tentées par Gobcll,iparFoa, donnèrent des résultats négatifs et les testicules transplantés chez les animaux châtrés s'atrophièrent.

suitat des expériences de Brown-Sequard. Cependant ses déclarations étaient parfaitement logiques, et il n'avait pas manqué de noter que l'injection duliquide séminal isolé était incapable de déterminer dans l'économie des effets comparables à ceux obtenus au moyen du produit de trituration des testicules.

On n'en traita pas moins en bloc tous les faits observés de phénomènes de suggestion*, et les travaux de Brown-Sequard furent l'objet des plus vives attaques. Le 13 avril 1893, à la Société de Médecine et de Chirurgie, M. Dignat s'écriait: « C'est le retour à la thérapeutique mystique. On se croirait encore, à l'époque du Bas-Empire, alors qu'on traitait la folie avec de la poudre de crâne d'âne. » Et M. Bonnefin concluait en demandant à la Société de daigner aborder des sujets un peu plus pratiques et sérieux.

Depuis, on y est revenu à cette « thérapeutique mystique ». On s'est convaincu du rôle joué dans l'organisme parles sécrétions internes des glandes; on a compris quel merveilleux moyen de traitement constitue l'absorption de ces mêmes glandes au cas où une cause quelconque vient à entraver leur bon fonctionnement. Rien, par exemple, n'amende l'état morbide dû à l'atrophie de la glande thyroïde et désigné du nom de myxœdème comme l'ingestion de corps thyroïdes d'animaux. C'est également au foie, au sang, au testicule que l'on a recours bien souvent pour traiter la cirrhose, l'anémie, l'impuissance, l'infantilisme.

Sur ce point comme sur tant d'autres, nous retournons bon gré mal gré aux pratiques de l'empi-

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