Cf. Buchan. Die Brown- Sequards Méthode. Berlin
risme, et il ne faudrait pas croire que Brown-Sequard fut un novateur, parce qu'il préconisa le suc testiculaire comme un puissant dynamogénique. Dioscoride recommandait déjà les testicules de chien crus^ soit frais et écrasés, soit desséchés et réduits en poudre, pour exciter au coït ; Eristrate, les testicules du castor; Sérapion, ceux du sanglier. Moins bien inspiré, Pline conseillait le sperme comme aphrodisiaque. Mésué, au xii^ siècle, ordonnait les testicules de renard frais et écrasés. Enfin, Albert le Grand qui appartenait à l'École de Paris, estimait que les testicules du porc constituent, à ce point de vue, un remède souverain.
Le malheur, pour Brow^n-Sequard, fut qu'on se souvint trop de cette destination particulière de la thérapeutique orchidienne. Il avait voulu seulement faire connaître les effets remarquables de la sécrétion interne du testicule sur la totalité de l'organisme, sans élection spéciale sur la puissance sexuelle. Il s'expliqua maintes fois à ce sujet. Rien n'y fit: la vulgarisation de ses conclusions plus ou moins bien comprises, n'en souleva pas moins un enthousiasme excessif parmi les valétudinaires de tout ordre.
Il n'en fallut pas davantage pour qu'on prêtât aussitôt un caractère un peu scandaleux à ses expériences. Uinvidia medicoi'iims'en mêla également et la méthode sequardienne, après avoir excité la verve des uns et la réprobation des autres, fut pendant de longs mois le point de départ de controverses passionnées.
Nous croyons nous être étendu assez longuement
sur les propriétés du liquide testiculaire pour qu'il soit aisé de comprendre que ce puissant modificateur du consensus physiologique ait également une action directe sur la mentalité de l'individu. C'est cette action surtout qui a été discutée, tant par les historiens que par les médecins ou les philosophes. On a parlé de la pauvreté intellectuelle des castrats ; la diminution du volume du crâne ayant pour conséquence un arrêt de développement des hémisphères cérébraux a même été l'un des principaux arguments invoqués en faveur de cette hypothèse. Mais le poids du cerveau n'est pas toujours en rapport direct avec la force de l'intelligence*; il est même certain que le tracé des circonvolutions et beaucoup d'autres éléments encore inconnus jouent ici un rôle des plus appréciables.
Quoi qu'il en soit, la plupart des écrivains qui se sont occupés des eunuques ne leur ont accordé qu'un esprit borné et pusillanime. L'avarice serait le moindre défaut de ces êtres déchus; l'hypocrisie et la bassesse leur apanage ordinaire : « L'esprit du castrat est étroit, son cœur est sec. Il n'éprouve aucun des sentiments qui font la gloire et l'honneur de l'humanité ^ »
Virey ' ne montre pas plus d'indulgence à leur égard: « Craintifs par faiblesse et parla même fourbes et faux, ne pouvant rien par la vigueur, ils recourent à la flatterie ; incapables de grands travaux ils sont d'une avarice sordide ; ne pouvant atteindre à la gloire, ils se rabattent sur la vanité. »
i. Matrecjka. Rev. V. Neiir. P. J907..